Le 4 mars 2010 à 11h15, la fusée expérimentale REXUS-8 (Raketen-EXperimente für Universitäts-Studenten, ie. Fusées expérimentales pour étudiants d'universités) du Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) et de la Swedish Space Corporation (SSC) a décollé de la base spatiale de Kiruna, en Suède. Des étudiants des universités de Berlin, Munich et Stockholm y ont effectué des essais sur la communication par satellite et ont testé un nouvel appareil de mesure. REXUS-7 avait décollé deux jours plus tôt, le 2 mars.
La fusée REXUS-8 a atteint une altitude de 88 km, après 5 min de vol. Elle a permis de réaliser 3 expériences :
- La première, TUPEX-3, développée par des étudiants de l'Université technique de Berlin, visait à essayer un nouveau système de communication, susceptible de permettre la communication entre plusieurs petits satellites de type CubeSat [1] et une station au sol. Les satellites étaient simulés par des émetteurs radio au sol et, pendant le vol, le module à bord de la fusée a échangé avec succès des données avec ces pseudo-satellites. De plus, des capteurs solaires employés sur ces satellites de type CubeSat, optimisés aux niveaux de leur consommation d'énergie, de leur masse et de leur volume, ont été testés.
- La seconde, VECTOR, réalisée par des étudiants de l'Université technique de Munich, visait à essayer un nouvel ordinateur embarqué, émettant des données télémétriques en direct. D'autre part, une antenne au sol dotée d'un mécanisme d'orientation de grande précision a été installée. Elle permet de suivre le vol des fusées et pourrait être employée dans un système de communication inter-satellites de haute qualité.
- La dernière, LAPLander, est un prototype développé par des étudiants de l'Université de Stockholm (KTH). Il s'agit d'un appareil de mesure volant capable de s'éjecter de la fusée et de retourner de manière autonome sur Terre. Il s'agissait ici d'essayer ses systèmes de localisation (notamment un système GPS permettant de le retrouver après son atterrissage) et ses dispositifs de protection lors de l'atterrissage (un parachute pour ralentir la chute à partir de 5 km d'altitude et des "coussins" pour amortir la chute). De tels objets volants sont nécessaires pour effectuer des mesures dans l'atmosphère "moyenne", où les ballons d'observation ne peuvent plus accéder.
La fusée REXUS-7 a quant à elle atteint 82,5 km d'altitude. A son bord ont été menées 3 expériences :
- MONDARO : ce projet visait à étalonner les deux capteurs de pression, destinés à mesurer la pression atmosphérique à partir de 50 km d'altitude. Ceux-ci, placés dans une zone de la fusée peu favorable au niveau aérodynamique, fournissent des données perturbées qu'il est nécessaire de calibrer. Un capteur de pression a ainsi été placé à la tête de la fusée, zone moins perturbée au niveau aérodynamique, afin de les calibrer. Pour les prochains vols, le capteur en tête ne sera plus nécessaire et la place pourra donc être libérée pour un autre instrument.
- Vibra-Damp : ce système développé à l'Ecole supérieure d'Aix-la-Chapelle amortit les vibrations et compense les rotations à l'intérieur de la fusée, pour permettre des expériences encore plus précises.
- BUGS : des étudiants et doctorants de Rome et de Bologne ont développé un bras télescopique doté de capteurs, afin de stabiliser, dans le futur, le satellite italien UNISAT-5. Au cours de ce vol a été testé en particulier son comportement vibratoire.
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[1] CubeSat : Satellites expérimentaux cubiques d'un décimètre de côté et pesant moins d'1 kg, destinés à permettre aux universités de lancer dans l'espace des expériences scientifiques à coût réduit.