Le futur satellite FORMOSAT-5 [1], dont la mise en service est prévue en 2013, devrait embarquer un instrument de télédétection [2] entièrement développé localement [3] [4]. Cette avancée permettra de s'affranchir des difficultés rencontrées par Taïwan dans l'acquisition de composants soumis à des contrôles d'exportation dont les traditionnels capteurs photographiques CCD (dispositif à transfert de charge) [5], remplacés par une technologie CMOS (semi-conducteur métal-oxyde complémentaire) [6] locale.
Selon le Dr CHANG Guey-Shin [7], Directeur général adjoint de l'Organisation spatiale nationale (NSPO) - l'agence spatiale taïwanaise -, ce choix n'entraînera pas de dégradation des performances. Au contraire, FORMOSAT-5 devrait disposer d'une résolution panchromatique et multispectrale de respectivement 2 et 4 mètres, contre 2 et 8 mètres pour son prédécesseur FORMOSAT-2.
Différentes structures publiques et privées prennent part au projet, dont : - l'Organisation spatiale nationale (NSPO) pour l'intégration du système, - le Centre de recherche en technologies instrumentales (ITRC) pour la conception du système optique et fabrication des miroirs, - le Centre national de conception de puces (CIC) pour la vérification de la puce CMOS, - l'Institut Chung-Shan des sciences et technologies (CSIST) pour la conception de l'électronique de l'instrument, - la Société de développement industriel aérospatiale (AIDC) pour la fabrication de la structure de l'instrument, - CMOS Sensor Inc. [8] pour la conception du capteur CMOS et du plan focal, - CAMELS Vision Technologies pour la conception de l'enregistreur à semi-conducteurs.
Le programme spatial taïwanais [9] a débuté en 1991 et l'île a depuis une certaine maîtrise de ces technologies. Deux satellites (FORMOSAT-1 et 2) ainsi qu'une constellation de six microsatellites (FORMOSAT-3) ont été mis en service depuis 1999.