La presse taïwanaise s'est récemment fait l'écho [1] d'un classement international réalisé par l'organisation non gouvernementale allemande GermanWatch et le Réseau Action Climat (CAN) européen comparant les performances des différentes politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Taïwan s'y classe relativement mal (47ème) [2], à savoir légèrement au-dessus de la Chine (52ème) et des Etats-Unis (53ème) mais bien après des pays comme le Royaume-Uni (6ème), l'Allemagne (7ème) ou la France (8ème).
Taïwan n'est pas membre de l'ONU et donc non-signataire à ce titre du Protocole de Kyoto. De ce fait, l'île n'est pas tenue de réduire ses gaz à effet de serre. Entre 1990 et 2007, à la faveur d'un dynamisme économique important, ses émissions de gaz carbonique ont augmenté de 140%. De plus, 80% de ces émissions proviennent de grandes entreprises la plupart publiques (Taipower, China Steel, CPC, etc.) mais aussi privées (Formosa Plastic, etc.).
Toutefois, l'île s'est récemment engagée à contribuer aux efforts mondiaux de lutte contre le réchauffement climatique. Réchauffement climatique qui, selon l'Academia Sinica, aura de graves conséquences sur les précipitations à Taïwan [4]. L'objectif que s'est fixé le gouvernement est de ramener ses émissions de gaz carbonique au niveau de 2005 d'ici 2020 [3], puis de 2000 en 2025 et enfin à la moitié des émissions de 2000 en 2050. Dans ce cadre, deux lois sur la gestion de l'énergie et sur le développement des énergies renouvelables ont déjà été adoptées au Yuan législatif, le parlement taïwanais. Deux autres, portant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et sur la mise en place d'une taxe sur l'énergie, sont en cours d'examen.
Taïwan cherche également à optimiser ses efforts de reboisement et différentes études ont montré que trois essences locales de feuillus avaient une importante capacité à absorber le dioxyde de carbone [5]. Il s'agit, par ordre d'efficacité : - de l'acacia confusa ou acacia petit feuille [6], - du fraxinus formosana ou frêne de Formose [7], - et du zelkova serrata ou zelkova du Japon [8].
Des semis de ces trois essences sont déjà cultivés dans le cadre de programmes de reboisement. Pour le Dr HUANG Yu-Hsing, directeur de l'Institut de recherche forestière de Taiwan (TFRI) [9] sous tutelle du Conseil de l'agriculture - le ministère de l'agriculture, planter ces essences serait même un moyen bien plus efficace de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre que de tenter de limiter l'utilisation des énergies fossiles. Selon lui, il serait également nécessaire de réguler les opérations de séquestration du dioxyde de carbone et de mettre en place un mécanisme de certification permettant à des sociétés privées de prendre part à l'initiative.
Enfin, il se tiendra les 5 et 6 juin 2010 à Taiwan la 5ème conférence internationale sur les énergies renouvelables et technologies de l'environnement (GETM 2010) [10]. Les appels à candidatures sont ouverts jusqu'au 15 avril.
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