Les huiles essentielles de thym, la thermothérapie et certaines souches de levures peuvent être utilisées pour conserver les fruits après la récolte. L'idée a été développée par Agroinnova, le centre de compétences pour l'Innovation agro-environnementale et agro-alimentaire de l'Université de Turin.
Pour conserver les fruits saisonniers pendant plusieurs mois (pommes, poires, agrumes ou kiwi par exemples) on utilise habituellement des moyens chimiques (fongicides ou autres qui préservent des pourritures). Utiliser ces moyens naturels serait donc une révolution dans le secteur, à une époque ou le consommateur de plus en plus éco-responsable devient attentif aux modes de conservations des denrées qu'il achète. Partant de ce principe, le centre Agroinnova a mis en place et breveté depuis de nombreuses années une méthode de conservation par une levure qui inhibe les effets des agents pourrissants (Botrytis, Penicilium), et qui protègerait le fruit des pathogènes colonisateurs.
Mais aujourd'hui, l'attention d'Agroinnova se porte plus sur les produits biologiquements actifs, à l'exemple des substances anti-microbiennes naturellement présentes dans d'autres plantes. Ainsi les composés volatils produits par le thym, et présents dans les huiles essentielles de thym, se sont-ils révélés efficaces selon divers essais pour lutter contre la pourriture brune dans le traitement des pêches, des abricots et des nectarines.
Une autre solution, efficace sur les pommes et sur les pêches, serait la thermothérapie : l'immersion du fruit après récolte dans une eau ayant une température supérieure à 40° ; processus qui permettrait d'éliminer les possibilités d'infections par pourriture, en éliminant les spores par lavage mais aussi en enclanchant les réactions immunitaires naturelles des fruits. D'après le professeur Spadaro, d'Agroinnova, "il s'agit d'un pas en avant pour aider les fruticulteurs à protéger correctement leurs produits et pour aider le consommateur à trouver des fruits sains sur sa table".