Une nouvelle étude menée à l'Université de Western Ontario met en garde contre le risque de dommage écologique causé par la fertilisation des eaux océaniques avec des traces de l'élément fer. Cette méthode de fertilisation est proposée pour éliminer le dioxyde de carbone de l'atmosphère et le séquestrer dans les profondeurs océaniques.
L'ajout de fer dans des grandes régions océaniques, ayant des carences en fer mais riche en autre nutriments, produit une prolifération massive de phytoplanctons. Cet excès de phytoplanctons augmente ainsi l'absorption du dioxyde de carbone. Ensuite les cellules meurent, coulent, ou sont consommées par des zooplanctons et tombent ensuite sous forme de déjections fécales. La carbone en excès est de cette manière séquestré dans les eaux profondes sur du long terme.
Or, une étude américano-canadienne récente dirigée par un chercheur de l'Université de Western Ontario a démontré que l'enrichissement en fer augmente fortement les chances de développer des diatomées toxiques. Ces espèces phytoplanctoniques, appartenant à l'espèce de diatomées "pennées Pseudo-nitzschia", sont connues pour être responsables de la mort et la maladie de milliers de mammifères marins et d'oiseaux le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord.
Grâce à des expériences dans le golfe de l'Alaska, les chercheurs ont constaté que dans les échantillons d'eau enrichie en fer, le niveau de toxines présentes dans chaque cellule de diatomée toxique a doublé. D'autre part, des conditions créées par cet ajout donnent à l'espèce toxique un avantage sur les espèces non toxiques. Tous ces facteurs augmentent ainsi les risques d'une catastrophe écologique due à l'enrichissement en fer de l'eau.
Cette étude collaborative publiée sous le nom "Iron enrichment stimulates toxic diatom production in High Nitrate Low Chlorophyll areas" a été imprimé dans le journal "Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS)".