Si l'on était capable de distribuer très régulièrement sur une surface plutôt grande des protéines ou tout autre type de molécules fonctionnelles, l'on pourrait alors concevoir des dispositifs ultra-sensibles ou ultra-denses prometteurs. Le problème est que jusqu'ici, soit la distribution nanométrique est de qualité mais s'étend sur des surfaces limitées, soit la surface recouverte de ce réseau de molécule est importante mais la qualité de la distribution laisse à désirer avec notamment, des agrégats au lieu de molécules isolées.
Deux équipes espagnoles, l'une de l'institut de microélectronique de Madrid du CSIC (IMM-Madrid) sous la responsabilité de Ricardo Garcia et l'autre de l'institut de science moléculaire de l'université de Valence (ICMol), emmenée par Eugenio Coronado, viennent de montrer un savoir-faire intéressant qui permet d'organiser un réseau 2D ou 1D de protéines avec tout à la fois une bonne résolution spatiale (10 nanomètres) et une étendue significative (plusieurs dizaines de microns-carrés).
Leurs résultats ont été présentés le mois dernier dans la revue Advanced Materials qui leur à même consacré la deuxième de couverture [1]. Pour arriver à leurs fins, ils préparent une surface de silicium par nanolithographie avant de la recouvrir d'une solution contenant la protéine. Ils ont choisi en l'occurrence la ferritine (12 nm de diamètre) pour sa stabilité, sa robustesse et pour sa sensibilité au pH qui peut la rendre soit positive, soit négative.
- [1] Large-scale Nanopatterning of Single Proteins used as Carriers of Magnetic Nanoparticles, Ramsés V. Martinez et al., Adv. Mater. 2010, 22, 588-591, DOI: 10.1002/adma.200902568. - Contacts: ricardo.garcia@imm.cnm.csic.es ou eugenio.coronado@uv.es