Une installation permettant de "piéger" les produits en fusion, créé dans le puits se trouvant sous le réacteur nucléaire en cas d'accident, a été mise au point par des chercheurs russes. Une construction de ce type est en cours d'implantation sous le réacteur N°1 AES-2006 de la centrale Leningradskaïa -2 (LAES-2).
Leonid Reznikov, directeur de la compagnie d'ingénierie SPbAEP, de Saint-Pétersbourg, qui est le concepteur et le maître-d'oeuvre du projet de centrale nucléaire LAES-2 (la nouvelle centrale nucléaire proche de Saint-Pétersbourg), a précisé à la rédaction de la revue Nauka i jizn que ces équipements novateurs ont été conçus par un collectif de chercheurs et d'ingénieurs de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Cette installation avait été implantée, pour la première fois au monde, sur un réacteur de la centrale de Taiwan, en Chine, selon un projet russe de cette même compagnie SPbAEP. Les meilleurs experts mondiaux ont confirmé que la centrale de Taiwan est à ce jour l'une des centrales les plus sûres et les plus sécurisées au monde.
Leonid Reznikov a expliqué que ce "piège à fusion" se présente sous la forme d'une construction conique métallique d'un poids total de plus de 800 tonnes, qui se trouve au fond du puits du réacteur nucléaire. Dans le "piège" du réacteur N°1 de la centrale LAES-2, il s'agit d'un double corps, le premier ayant une paroi épaisse de 60 mm et le second de 30 mm. L'espace entre les deux parois est occupé par une matière spéciale, appelée "la sacrifiée" ou bien encore GOJA (abréviation des mots russes signifiant Granulés d'oxyde de fer + d'oxyde d'aluminium). En cas d'accident grave, si les systèmes de protection du réacteur viennent à s'avérer inopérants, il se produit une fusion locale de la paroi interne du corps: les granulés entrent alors en interaction avec l'élément en fusion, créant ainsi une barrière de protection additionnelle, évitant la fusion du corps extérieur. Cela exclut donc que des produits de la fission du combustible nucléaire pénètrent dans la partie de la centrale où circule l'homme. Par ailleurs, il est prévu dans la construction du "piège", pour les réacteurs de la centrale LAES-2, un refroidissement par un système totalement passif (libre). Des "pièges" du même type équiperont les réacteurs AES-2006 édifiés actuellement en Russie.
Le projet de construction de la centrale LAES-2 s'inscrit dans le programme à long terme de la société Rosatom pour la période 2009-2015. La puissance électrique de chacun des réacteurs, de type VVER, est fixée à 1 198 MW, leur durée de vie prévue étant de 50 ans. La mise en service du premier réacteur de la centrale LAES-2 devrait intervenir en 2013, et celle du réacteur N°2 en 2016.