Dans ce qui représente une première mondiale, une équipe de chercheurs menés par le professeur Tetsuya ISHIKAWA du National Cancer Center a annoncé être parvenue à cultiver des cellules souches hépatiques pendant 200 jours. Ces résultats, non encore publiés, devraient faire l'objet d'une présentation le 6 juin.
Le foie est un organe qui assure plusieurs rôles essentiels dans l'organisme : ses cellules sont capables de synthétiser, de décomposer ou encore de stocker un grand nombre de substances. Par ailleurs, il a pour particularité d'être le seul organe interne humain à posséder une capacité de régénération étendue : un foie est capable de se régénérer en totalité après une amputation de plus de 2/3 de sa masse. En effet, les cellules du foie (ou hépatocytes) peuvent au besoin sortir de leur état quiescent (en dehors du cycle cellulaire) pour proliférer rapidement. Cependant, les hépatocytes se multiplient peu et périssent rapidement lorsqu'ils sont cultivés in vitro. Le foie adulte contient également des cellules souches, dites hépatiques, qui participent au processus régénératif lorsque la capacité de prolifération des hépatocytes est altérée. Jusqu'à présent, nul n'est parvenu à induire une colonie stable de cellules souches hépatiques à partir de cellules iPS [1] ou de cellules souches embryonnaires.
L'équipe du professeur ISHIKAWA a introduit trois gènes dans des cellules de peau et d'estomac. Au bout de trois semaines, ces dernières sont devenues des cellules souches capables de produire des protéines caractéristiques des cellules du foie. Les chercheurs sont ensuite parvenus à cultiver ces cellules pendant 200 jours. Ils auraient même réussi à reprendre la culture après avoir gelé puis dégelé les cellules.
La découverte peut avoir des applications directes en recherche pharmaceutique. En effet, avant de pouvoir envisager une utilisation thérapeutique d'une substance, il est essentiel de s'assurer qu'elle n'est pas toxique pour le foie, ce dernier étant l'organe principal du métabolisme et de l'élimination des médicaments. Les cellules souches hépatiques permettraient de tester in vitro les effets secondaires d'un composé, réduisant le temps et l'argent nécessaires au développement. Par ailleurs, les cellules souches hépatiques pourraient également servir de modèle pour rechercher des remèdes aux pathologies spécifiques du foie, comme les hépatites.
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[1] Rappelons que les cellules iPS ont été découvertes en 2007 par le professeur Yamanaka de l'université de Kyoto. Elles ont pour caractéristiques d'être produites à partir de cellules somatiques adultes et de présenter des propriétés analogues à celles des cellules souches embryonnaires.