Une partie de l'histoire était enterrée jusqu'à récemment, à cinq kilomètres du district de La Brea, dans la province de Talara à Piura, dans le Nord du Pérou. Vingt variétés de graines qui remonteraient à 45 millions d'années ont en effet été mises à jour récemment par des spécialistes américains qui estiment qu'il y aurait parmi elles celle du raisin le plus vieux d'Amérique du Sud.
La découverte s'est faite la semaine du 12 au 19 mai entre la forêt sèche de Pariñas et la plage Punta Balcones, du même district. Le paléobotaniste Steven Manchester, dirigeant le groupe d'experts du Musée d'Histoire Naturelle de Floride, auteur de cette découverte, indique que quatre des 20 espèces trouvées ont été identifiées : l'anonacée (corossol), l'anacardiacée (noix de coco et mangue), l'ikananecea (plantes grimpantes) et le raisin. Cette dernière variété a généré les résultats les plus impressionnants. "Deux des trois espèces de raisins trouvées à Talara ne poussent actuellement qu'en Asie et en Afrique. En Amérique du Sud, ces espèces ont disparu. Il s'agirait donc des plus anciennes de la région" a indiqué l'expert.
Manchester a déclaré que la raison du voyage de son équipe était d'effectuer des recherches sur d'autres espèces de graines mises à jour dans cette zone il y a 100 ans. "A l'époque, lors des fouilles, il avait été conclu que les graines trouvées dataient de 45 millions d'années. Nous confirmerons l'ancienneté de celles découvertes récemment grâce aux analyses de pollen fossile et aux datations radiométriques".
Les experts américains ont rapporté que ces vestiges ont été mis à jour dans une zone ne bénéficiant ni de protection ni de sécurité spéciale. Pour Jean Noël Martinez, paléontologue de l'Université Nationale de Piura, il faudrait que la zone soit préservée afin d'y poursuivre les études scientifiques. Au vu de cette situation, l'Institut National de la Culture commencera un inventaire des restes mis à jour dans la zone afin de la délimiter et d'y placer des bornes. Ces graines datent a priori de l'ère Cénozoïque ou Tertiaire.
Pour Steven Manchester, ces graines mises à jour contribueront à l'étude du changement climatique.