Une équipe de chercheurs menés par les professeurs Tomonori NOCHI et Yoshikazu YUKI de l'Institut des Sciences Médicales de l'université de Tokyo a mis au point un système d'administration de vaccin destiné à améliorer l'immunité muqueuse.
On appelle muqueuses les couches de tissus en permanence humidifiées qui tapissent les cavités du corps (par exemple l'intérieur de la bouche, du nez...). En contact avec l'extérieur, elles représentent donc un point d'entrée pour de nombreux pathogènes. Certains, comme le virus de la grippe, peuvent d'ailleurs coloniser les cellules de ces tissus. Pour lutter contre ces agents infectieux, les muqueuses sont capables d'une réaction immunitaire, notamment à travers la production d'anticorps.
La mise au point d'une technique pour renforcer l'immunité muqueuse fait l'objet de plusieurs travaux, mais reste complexe. Ainsi, si les vaccins innoculés par injection entraînent une augmentation du taux d'anticorps dans le sang (réponse immunitaire systémique), leur effet sur la réaction immunitaire muqueuse reste faible. Par ailleurs, pour que les muqueuses produisent des anticorps contre un antigène, ce dernier doit rester un certain laps de temps en contact avec les cellules qui la composent. Or, par une réaction de défense mécanique, ledit antigène est souvent évacué rapidement par le mucus, un liquide produit par les muqueuses.
Les chercheurs ont élaboré un hydrogel [1] contenant une molécule chargée positivement, appelée cholestéryl pullulane cationique. Comme un certain nombre de molécules chargées négativement se situent sur la membrane des muqueuses, le gel est capable d'y adhérer. Les chercheurs ont ensuite introduit dans le gel des fragments non pathogènes de deux bactéries à l'origine de pathologies graves (Clostridium botulis et Clostridium tetanii, responsables respectivement du botulisme et du tétanos), puis en ont tapissé la cavité nasale de souris. Le gel a tenu plus de dix heures dans le nez des souris, qui ont ensuite développé des réactions immunitaires muqueuses et systémiques spécifiques très vigoureuses. Notons pour finir que le nanogel ne semble pas avoir déclenché d'effets secondaires notables chez les souris.
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[1] Un hydrogel est un gel constitué d'eau contenant un réseau de polymères insolubles dans cette dernière.
- "Nanogel antigenic protein-delivery system for adjuvant-free intranasal vaccines" - NOCHI Tomonori et al. - Nature Materials 9 - en ligne le 20/06/2010 - http://dx.doi.org/10.1038/nmat2784 - Yomiuri Shimbun - 21/06/2010