Un groupe constitué de quatre scientifiques napolitains a publié cette semaine dans la revue Plos One une étude précisant les risques importants qu'encourent les habitants de la zone voisine au Vésuve. Selon eux les risques principaux ne seraient pas les coulées de laves, mais plutôt l'augmentation brusque de température qu'entrainerait une explosion. Selon les historiens et les archéologues, les habitants de la région en 79 après Jésus-Christ étaient pour la plupart décédés subitement, à cause de la vague de chaleur (jusqu'à 600°C) qui avait suivi instantanément l'explosion. En témoignent la position des fameux corps retrouvés sous les cendres, à Pompeï, dans des positions de vie quotidienne.
Les vulcanologues de l'Observatoire du Vésuve Ingv, Giuseppe Mastrolorenzo et Lucia Pappaladro, et les biologistes de l'Université de Naples Federico II PierPaolo Petrone et Fabio Guarino, se sont penchés sur les conséquences d'une telle explosion de nos jours. Ils affirment qu'une telle vague de chaleur présenterait un danger mortel dans un rayon de 15 kilomètres autour du cratère (représentant près de 3 millions d'habitants). Ainsi, la zone à risque comprendrait la grande majorité de la superficie de la ville de Naples, et s'étendrait vers le Sud jusqu'à Castellamare di Stabia (ville bâtie sur le site romain de Stabiae, lui aussi détruit par l'éruption de 79).
Pour obtenir ces résultat, les scientifiques se sont basés sur des logiciels de simulations. Selon leur rapport, le plan d'évacuation aujourd'hui en vigueur ne serait pas du tout adapté aux risques réels. Si l'on pressent un réveil du volcan, la zone à évacuer serait beaucoup plus importante que celle aujourd'hui considérée, car l'on prenait jusqu'alors uniquement en compte les risques liés aux écoulements de laves et à la fumée. Des millions de personnes seraient alors concernées. Il s'agit même d'un paradoxe car les autorités se préparent depuis des années à une eruption subplinienne, alors qu'en 79 il s'agissait d'une éruption plinienne, du nom de Pline le Jeune qui l'avait alors décrite.