L'Union de protection des oiseaux de Russie a choisi le vanneau [1] comme oiseau de l'année 2010. Depuis 15 ans, elle élit chaque année un nouvel oiseau. Celui-ci est le plus souvent un volatile très courant, tel le bouvreuil, la cigogne ou l'hirondelle. Mais ce peut être aussi un oiseau plus rare, porté sur le Livre rouge de la Russie, tel le courlis ou la crécerelle.
L'oiseau ainsi "nominé" se trouve pendant un an au coeur de l'attention des ornithologues et des écologistes. Il est au centre de la littérature spécialisée, de séminaires, d'expositions, de fêtes enfantines, de concours de dessins et autres manifestations scientifiques ou festives.
En l'honneur du 15ème anniversaire de l'Oiseau de l'année, le Musée biologique Timiriazev abrite une exposition intitulée "Un oiseau pour chaque année". Au coeur de cette exposition figure naturellement le vanneau, oiseau de 2010. Cet échassier limicole se rencontre assez fréquemment dans les zones de forêts et de steppes de l'Eurasie, de l'Atlantique au Pacifique, ainsi qu'en Afrique du Nord-Ouest. Il vit dans les prairies et champs labourés humides, sur le bord des rivières et des lacs. A une époque, en Russie, le vanneau était familièrement qualifié de "petit bout d'homme" ou de "petit bout de femme". Il était interdit de le tuer ou de détruire ses nids.
Le vanneau se distingue par le contraste de ses couleurs (noire et blanche) et son puissant cri perçant. Il revient du Sud en Russie dès la fonte des neiges. Le vanneau ne tresse pas de nid. La femelle pond généralement quatre oeufs dans un trou, à même la terre, recouvert d'herbes sèches. D'où la protection insuffisante de cet oiseau et de sa descendance, qui sont souvent victimes de prédateurs. Les nids peuvent également être détruits lors des travaux agricoles. Les deux parents couvent le nid à tour de rôle, tant que les oisillons n'ont pas vu le jour. Le vanneau se nourrit, essentiellement, de hannetons et de leurs larves, de vers, d'escargots.
Avant de s'envoler pour leur migration saisonnière, les vanneaux se retrouvent dans de grands rassemblements et, à la fin du mois d'août ou en septembre, ils partent vers la Transcaucasie, l'Asie centrale, les pays méditerranéens. L'un des principaux dangers qui guettent les vanneaux est d'être abattu dans les lieux où ils passent l'hiver.
Le vanneau était autrefois menacé en Russie par l'agriculture intensive, le labourage répété des champs et l'épuisement des prairies. A présent, ces oiseaux souffrent, au contraire, du déclin de la production agricole. Les lieux habituels de nidification des vanneaux - les prairies et les labours - sont abandonnés et livrés aux herbes folles, dont la hauteur gêne ces oiseaux.
Selon les ornithologues, pour que prospèrent aujourd'hui les vanneaux et autres espèces d'oiseaux des champs et des prairies, il est indispensable de rétablir les formes traditionnelles d'une agriculture et d'un élevage modérés.