Une collaboration entre l'Institut des Biosciences Avancées de l'université Keio et l'Institut de Recherche Dentaire de l'université de Californie, Los Angeles (UCLA) a permis la mise au point d'un test de dépistage de trois cancers extrêmement peu invasif, puisqu'il est fondé sur l'analyse de la salive.
Le dépistage est un élément primordial dans la lutte contre le cancer. En effet, plus un cancer est dépisté tôt, plus les traitements seront efficaces. A l'inverse, le cancer du pancréas (l'un des cinq plus meurtriers au Japon), dont le pronostic est particulièrement sombre, est souvent dépisté très tardivement. De nombreux chercheurs consacrent leurs travaux à proposer des tests plus précis, moins invasifs ou permettant de détecter des cancers peu avancés.
L'Institut de Recherche Dentaire a collecté la salive de 215 sujets. Parmi ceux-ci, on comptait 18 patients atteints d'un cancer du pancréas, 30 d'un cancer du sein, 69 d'un cancer de la cavité buccale, 11 de maladies parodontales (maladies qui touchent les tissus de soutien des dents) ainsi que 87 sujets en bonne santé pour le contrôle. L'Institut des Biosciences Avancées a ensuite mesuré la présence de plus de 500 métabolites (protéines, glucides, lipides et acides aminés) contenus dans les échantillons recueillis. Au final, ils ont repéré une cinquantaine de métabolites dont le profil varie beaucoup entre les patients atteints des différents cancers et les autres. Par exemple, 8 marqueurs étaient particulièrement spécifiques du cancer du pancréas.
A partir de ces résultats, les chercheurs ont mis au point des modèles de diagnostic permettant de déterminer si un patient est ou non atteint d'un des trois types de cancer étudiés. Pour le cancer du pancréas, ils ont obtenu une précision de 99% pour un test mesurant les taux dans la salive de 5 métabolites. Pour les cancers du sein et de la cavité buccale, les meilleurs modèles ont permis d'obtenir des précisions de respectivement 95% et 80%. Les chercheurs précisent toutefois que le nombre de sujets était peu élevé et préconisent une étude portant sur un échantillon plus grand pour confirmer leurs résultats.
Jusqu'à maintenant, le développement des tests de dépistage utilisant la salive était freiné par un manque de précision de ces derniers. Cette étude ouvre donc de nouvelles perspectives pour ces tests très peu contraignants pour le patient. Par ailleurs, la même méthode pourrait être appliquée à d'autres types de cancers, voire à d'autres maladies, à condition d'identifier les marqueurs idoines.