La chimiothérapie représente l'une des approches thérapeutiques majeures dans le traitement du cancer, avec la chirurgie et la radiothérapie. La plupart des médicaments anticancéreux habituels sont donnés à faible dose pour ainsi limiter les effets secondaires alors que les concentrations qui seraient nécessaires pour tuer les cellules tumorales sont proches de celles qui produisent une toxicité sévère pour les cellules normales. Il est alors essentiel de développer des mécanismes moléculaires directionnels liés aux médicaments habituellement cytotoxiques, et ainsi, augmenter leurs propriétés de spécificité et de pénétration des cellules. Cette technique utilise des composants qui peuvent servir comme véhicules de chimiothérapie pour privilégier des doses faibles, et une thérapie par médicament spécifique aux tumeurs.
L'équipe de recherche du Docteur Fortune Kohen de l'Institut Weizmann ont découvert que les dérivés d'isoflavones pouvaient être utilisés pour le ciblage des médicaments ayant une affinité pour les tumeurs qui expriment des récepteurs oestrogènes. Ils peuvent aussi être utilisés pour transporter du matériel de contraste vers les cellules cancéreuses et assurer en partie la surveillance de la maladie par imagerie à résonnance magnétique (IRM) ou d'autres techniques d'imagerie.
En effet, les isoflavones sont des molécules dérivées des plantes ayant une affinité spécifique pour les récepteurs oestrogènes. Cette technique concerne des dérivés isoflavones modifiés chimiquement pouvant reconnaître spécifiquement et se lier aux cellules cancéreuses qui expriment des récepteurs oestrogènes. Cette propriété peut être utilisée pour délivrer des médicaments cytotoxiques directement dans les cellules malignes, et ainsi augmenter leur potentiel cytotoxique et réduire une toxicité non voulue sur les tissus sains.