En septembre 2008, l'Institut National du Cancer (INCa) a mis en oeuvre le PAIR Prostate, un Programme d'Actions Intégrées de Recherche sur le cancer de la Prostate, auquel se sont associées l'Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC) et la Ligue Nationale Contre le Cancer (LNCC). Rappelons que le PAIR Prostate prend en considération l'ensemble des dimensions et des problématiques de recherche incluant l'épidémiologie, la prévention, le dépistage, la prise en charge des patients et les aspects socio-psycho-économiques, ainsi que les questions de recherche cognitive, clinique et translationnelle liées à ce type de cancer. Précisons que ce programme s'inscrit dans la mise en oeuvre des mesures 1 et 17 du Plan cancer 2009-2013, ces mesures visant respectivement, à renforcer les moyens de la recherche pluridisciplinaire et à assurer une veille scientifique et améliorer les connaissances en matière de détection précoce des cancers.
Placé sous la direction du professeur Olivier Cussenot, un groupe multidisciplinaire, constitué en 2009, a réalisé des travaux qui ont fait l'objet d'un séminaire dont les conclusions ont servi à la définition des différents axes de recherche de l'appel à projets cancer de la prostate lancé en septembre de la même année. Sur les 40 projets qui ont été évalués par un jury international présidé par le professeur Norman Maitland (Grande-Bretagne), 8 ont finalement été sélectionnés. Deux d'entre eux visent à faire évoluer le diagnostic précoce des formes agressives : le premier par la détection des cellules tumorales circulantes suivi d'un traitement personnalisé et le second par une approche d'imagerie en évaluant la position, le volume et l'agressivité des foyers de cancer de la prostate. Un autre projet a pour objectif de faire évoluer les options thérapeutiques telles que la radiothérapie des cancers de la prostate par la caractérisation et la modélisation de l'hypoxie tumorale.
Pour deux autres de ces projets, il s'agit de comprendre les phénomènes de la transformation et de la progression tumorale, le premier étudiant les mécanismes du vieillissement par l'étude de la dérégulation des microARN, le second portant sur l'évolution vers l'indépendance androgénique de ces cancers. Un autre projet vise à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans la résistance à la chimiothérapie du cancer de la prostate susceptibles d'aboutir à la de nouveaux traitements des formes agressives, alors qu'un projet de stratégie de chimio-prévention va cibler une population à risque génétique de développer un cancer de la prostate, porteuse du gène BRCA. Enfin, le dernier de ces 8 projets porte sur l'évaluation à long terme de la qualité de vie et la réinsertion sociale et familiale de patients avec un cancer localisé de la prostate. En tout, ce sont 6 millions d'euros, au financement desquels les trois partenaires contribuent de manière équivalente, qui vont être consacrés à ces huit projets.