Le gouvernement japonais a publié le 8 juillet 2010 son plan d'action technologique pour l'année fiscale 2011. Ce document s'inscrit dans le cadre de la réforme de la procédure de l'établissement du budget de l'Etat. Désormais, un tel rapport sera rédigé tous les ans pour énoncer les priorités dans les financements publics de la recherche et ainsi aider les différents ministères lors de la préparation de leur budget.
Pour chacun des domaines jugés prioritaires par le gouvernement, le rapport fixe des objectifs à l'horizon 2020, énonce le rôle des différents acteurs publics et privés, et énumère un ensemble de mesures à prendre pour l'année fiscale à venir. Le présent article présente celles qui sont décrites pour les cinq sous-domaines qui concernent les innovations vertes : - la production d'électricité d'origine photovoltaïque, - la biomasse issue des forêts, - les batteries et les piles à combustible, - les techniques vertes de l'information et de la communication, - les outils d'observation de la Terre qui permettront d'adapter la société aux changements de son environnement.
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Le marché mondial des systèmes photovoltaïques connaît une croissance rapide et donne lieu à une compétition sévère entre les différentes entreprises du secteur. Le Japon a d'ailleurs perdu récemment sa première place en termes de production au profit de la Chine. Il continue néanmoins son programme ambitieux de R&D de manière à soutenir la compétitivité de ses entreprises.
Le plan d'action reprend les objectifs énoncés en 2009 par la NEDO [1] à savoir un prix du kilowattheure de 14 yens en 2020 et de 7 yens en 2030, mais également une réduction de 25% des coûts de fabrication des modules pour atteindre les 75 yens le watt en 2017. Le METI, assisté par le MEXT, pilotera la recherche visant à réduire les coûts et à améliorer les rendements des modules. Les ministères travailleront en étroite collaboration avec les industries, les universités et les organismes de recherche avec qui il devront partager une vision d'avenir commune. Le rapport insiste également sur la nécessité d'une collaboration internationale.
Le plan d'action fait la distinction entre les technologies arrivées à maturité, telles que les cellules en silicium cristallin, et celles de prochaine génération. Pour les premières, leur développement sera largement confié au secteur privé, que le gouvernement aidera en introduisant des mesures de soutien à l'expansion du marché. Le texte évoque d'ailleurs l'introduction de tarifs incitatifs préférentiels qui cibleront l'ensemble de l'électricité produite par les panneaux solaires et non plus uniquement le surplus de production qui ne pourrait être consommé sur place.
Pour les nouvelles technologies dont le développement implique une prise de risque plus importante, un fort soutien de l'Etat reste nécessaire. Le secteur privé sera impliqué le plus tôt possible dans des projets de recherche gouvernementaux. Plus la technologie s'approchera de la phase de commercialisation, plus les financements publics seront réduits. Par ailleurs, le développement des modules photovoltaïques devra se faire en collaboration avec les projets de démonstration des réseaux intelligents.
Concrètement, pour l'année fiscale 2011, le METI assistera la recherche et le développement de nouveaux procédés de fabrication des cellules qui améliorent les rendements, et de processus de fabrication des matériaux, des cellules, et des modules à coûts réduits. Il dirigera la recherche sur de nouvelles technologies qui permettront de dépasser les 40% de rendement. Le MEXT travaillera sur la recherche fondamentale sur les technologies de pointe liée aux problèmes identifiés lors des mesures prises par le METI.
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[1] Abréviations utilisées dans l'article : NEDO : Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles METI : Ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie MEXT : Ministère de l'Education, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie