La mer baltique, la plus large des mers aux eaux saumâtres, abrite des espèces aussi bien marines que d'eau douce. La salinité, qui a beaucoup varié au fil du temps et est d'ailleurs très différente du Nord (2 g/L) au Sud (10 g/L), apparaît soit trop élevée, soit trop faible selon l'espèce mais chacune d'entre elles arrivent à coexister. Cet écosystème fragile est très sensible aux changements car seulement un petit nombre d'espèces se trouve dans chaque niche écologique.
Les effets potentiels du changement climatique ont été récemment étudiés par des chercheurs de l'université de Göteborg et leurs résultats viennent d'être publiés dans The International Journal of Climatology. Contrairement à ce qui avait été avancé auparavant, à savoir qu'un réchauffement climatique entraînerait une diminution de la salinité due à un afflux plus important des rivières, et après avoir étudié 500 ans de données climatiques, les chercheurs sont arrivés à une conclusion tout à fait différente. Dans le passé, des températures plus clémentes ont entraîné une augmentation de la salinité due justement à un appauvrissement de la quantité d'eau provenant des rivières.
Cependant, une disparité régionale pourrait avoir lieu. L'afflux d'eau douce pourrait être plus élevé dans le Nord et dans la région du Golfe de Finlande où les précipitations risquent de s'intensifier alors qu'elles diminueraient dans le Sud. Pourtant, l'équilibre ne serait pas atteint et la sécheresse du sud l'emporterait sur la profusion du nord entraînant une augmentation générale de la salinité d'après Daniel Hansson du département des sciences de la Terre de l'université de Göteborg.
Ce nouveau phénomène, quoique bénéfique pour les espèces marines, engendrerait un problème important pour les autres habitants de la mer Baltique. Il risquerait d'affecter l'écosystème dans sa globalité. Bien sûr, les incertitudes sont grandes et il faut prendre des précautions, car étudier 500 ans du climat passé ne peut pas permettre de prédire le futur avec exactitude.