Devant une audience composée d'une centaine de diplomates étrangers en Suède, ce séminaire financé essentiellement par l'association Norden, visait à présenter les principales institutions de coopération nordique et leur impact sur la vie des citoyens des cinq pays concernés (Islande, Danemark, Finlande, Suède, Norvège et les régions autonomes associées).
1. Les caractéristiques de la coopération nordique
La coopération nordique remonte aux années 1830-1864 où la promotion du " scandinavisme " fut la version nordique du nationalisme puisqu'il s'agissait d'établir des relations privilégiées entre les pays scandinaves. En 1875, la Suède, le Danemark et la Norvège ont créé une union monétaire scandinave qui a duré jusqu'en 1924. L'association nordique (Norden) a été fondée en 1921 et a servi de matrice à la coopération nordique d'après-guerre.
Deux institutions sont au coeur de la coopération nordique : le conseil nordique et le conseil nordique des ministres créés respectivement en 1952 et en 1971. Le conseil nordique porte sur la coopération régionale entre parlements puisque 87 parlementaires des différents pays ont en charge les affaires relevant de la coopération nordique. Il dispose d'un budget annuel de 4 millions de couronnes danoises.
Le conseil nordique des ministres a un budget de 121 millions d'euros alloué à certaines politiques publiques communes (protection de l'environnement, innovation et recherche, relations commerciales et événements culturels). La présidence de ce conseil est tournante, le Danemark étant à la tête de cette institution pour l'année 2010. Plusieurs priorités ont été définies : la mise en place d'une sécurité commune, le traitement des questions climatiques (notamment le sauvetage de la mer Baltique et la biodiversité en Arctique) et une coopération approfondie avec les pays du pourtour baltique.
Outre ces institutions, les formes de coopération bilatérale sont également importantes : en 2005, la Suède et la Norvège ont célébré le centenaire de leurs relations privilégiées ; en 2009, les gouvernements suédois et finnois ont signé une déclaration commune marquant le bicentenaire de leurs relations et le 15 juin dernier, la Suède et le Danemark ont fêté le dixième anniversaire de la construction du pont Oresund entre les deux pays. La coopération bilatérale vient compléter le travail des institutions de coopération nordique.
2. La constitution d'une zone d'intégration baltique
La coopération nordique s'est étendue sur le pourtour baltique depuis la chute du communisme : l'assemblée baltique, le conseil baltique des ministres ont été récemment créés. Un agenda spécifique a été institué pour les années 2009-2012 concernant la lutte contre le changement climatique dans la zone arctique rejoignant les préoccupations du Conseil Euro-Arctique de la région du Barents créé en 1993. Plusieurs structures permettent aux ministres des pays baltes et nordiques de se rencontrer : le NB6 (6 pays baltes et nordiques), le NB8 (avec la Pologne et l'Allemagne en plus) et le Conseil des Etats du pourtour baltique. Ces institutions ont pour objectif d'envisager des politiques publiques communes et d'encourager les relations commerciales entre les pays de cette zone.
3. Coopération nordique et intégration européenne
La coopération nordique s'est renforcée considérablement depuis la Seconde Guerre Mondiale avec des compétences élargies aussi bien dans le domaine commercial que social. Cette coopération a été peu affectée par les options géopolitiques de l'après-guerre lorsque la Norvège, l'Islande et le Danemark étaient membres de l'OTAN alors que la Suède avait conservé sa neutralité et que la Finlande avait signé un traité avec Moscou. Le fait que l'Islande et la Norvège ne fassent pas partie de l'Union Européenne ou que la Finlande soit le seul pays de la zone euro ne troublent pas cette coopération nordique dans la mesure où ces pays disposent d'une certaine homogénéité sociale et culturelle. Kristina Persson, présidente de Norden, gouverneure de la province du Jämtland et ancienne présidente de la Banque Centrale de Suède, a rappelé que les pays nordiques et scandinaves constituaient la dixième puissance économique au monde. Si la coopération nordique apparaît naturelle du fait des valeurs et des systèmes économiques et sociaux communs, elle souffre en revanche d'un manque de leadership qui apparaît nécessaire au regard des évolutions de l'Union Européenne d'aujourd'hui.