Renfermant certains produits actifs spécifiques, les microcapsules pénètrent progressivement tous les secteurs, et plus particulièrement l'agrochimie, la détergence, l'agroalimentaire et la pharmacie. Ainsi, certains produits congelés comme des pizzas contiennent des microcapsules qui, lorsqu'elles éclatent au moment de la cuisson, laissent échapper leur arôme. C'est dans ce contexte que l'Université d'été Practical Training School on Microencapsulation s'est déroulée cette année à AgroSup Dijon, du 29 juin au 2 juillet. Organisée par le Bioencapsulation Research Group, en partenariat avec Welience, le pôle de compétitivité VITAGORA, l'Université de Bourgogne, Oniris [1] de Nantes, celle-ci a accueilli une soixantaine de participants dont 12 industriels. Un succès !
"On ne s'attendait pas à un tel succès", reconnaît le professeur Denis Poncelet, président du bioencapsulation Research Group et l'un des grands spécialistes de la microencapsulation, et en particulier de son application à des domaines bio, qui enseigne à Oniris de Nantes. En effet, pas moins de 192 personnes se sont inscrites. Or seule une soixantaine a pu finalement participer à cette Université d'été qui était la deuxième du genre, la première ayant été organisée à Anzere, en Suisse, du 2 au 6 juin 2009. Aussi Denis Poncelet réfléchit-il déjà à la possibilité d'organiser d'autres universités de ce type. "A un horizon d'un an, il pourrait y en avoir 4 : une en Europe, une autre dans les Pays de l'Est, une troisième en Asie, enfin une dernière en Amérique du Sud", espère-t-il. C'est la preuve que la microencapsulation est un domaine en plein boom. Ainsi, aujourd'hui, deux fois plus de brevets y sont enregistrés que de publications scientifiques.
Un programme qui a su répondre aux attentes des participants
A Dijon, sur la soixantaine de participants, 36 étaient des étudiants, 5 des post-doctorants, 6 des chercheurs du monde académique et 12 des industriels. "La demande des industriels ne cesse de croître, à tel point que nous nous demandons s'il ne faudra pas un jour organiser une de ces écoles spécifiquement pour eux", souligne le Professeur Poncelet. Durant quatre jours, présentations théoriques en amphithéâtre et démonstrations pilote réalisées dans un hall technologique se sont succédées. Ainsi le professeur Denis Poncelet a expliqué ce qu'est la microencapsulation et quelles sont ses applications potentielles. D'autres chercheurs d'AgroSup Dijon ont traité de son application au domaine alimentaire en s'intéressant à deux technologies spécifiques. Un autre intervenant a fait une présentation de la microencapsulation appliquée au domaine pharmaceutique. "C'est un peu l'originalité de cette Université d'été de Dijon d'associer le théorique à la démonstration. Pour les participants, cela leur permet de mieux comprendre les exposés théoriques et d'engager alors le débat", observe-t-il.
Du fait de son format, relativement unique dans ce domaine de la microencapsulation et de la qualité des exposés théoriques et des démonstrations proposés, cette Université d'été de Dijon a donc pleinement répondu à la demande à la fois des étudiants et des industriels intéressés par cette thématique où les besoins, tant en matière de recherche académique que d'applications dans de multiples secteurs industriels sont énormes. Utilisée d'ores et déjà en grosse quantité dans des secteurs comme l'agrochimie ou la détergence, cette technologie l'est également en agroalimentaire et connaît un développement, certes avec des volumes moins importants, dans les domaines de la pharmacie et du biomédical. "Par exemple, dans le futur, le diabète pourrait être traité par l'utilisation d'îlots pancréatiques encapsulés", s'enthousiasme Denis Poncelet.
La demande est si forte qu'en 2006 il a créé, avec Arnaud Picot et Samira El Mafadi, Capsulae, une petite entreprise, aujourd'hui adhérente de VITAGORA. "Jusqu'à présent, nous avons travaillé essentiellement sur des problématiques ayant trait à la nutrition humaine (probiotiques) et animale (extraits de plantes). Aujourd'hui, nous développons également des technologies qui pourraient permettre à terme de proposer des solutions innovantes sur les aspects saveur et arôme", conclut-il.
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[1] Ecole National Nantes Atlantique Vétérinaire, agroalimentaire et de l'alimentation