Spin-off du Laboratoire de Physiopathologie et Pharmacologie Cardiovasculaire Expérimentales (LPPCE) que dirige le professeur Luc Rochette au sein de l'Université de Bourgogne, Cohiro a été créé fin 2009 par cinq personnes aux compétences complémentaires, dont Patrick Dutartre et Jean-Louis Connat. Docteur en biochimie, le premier, aujourd'hui président de Cohiro, a mené une carrière dans l'industrie pharmaceutique, en particulier au sein des Laboratoires Fournier, à Dijon. Professeur à l'Université de Bourgogne, le second, qui occupe le poste de directeur scientifique de l'entreprise, a poursuivi des recherches sur l'athérosclérose et les maladies cardiovasculaires tout d'abord à Genève puis dans le LPPCE en s'orientant davantage sur les radicaux libres et leur rôle. Le professeur Luc Rochette est également impliqué dans cette aventure à laquelle participe aussi un pharmacien spécialisé notamment dans la valorisation des brevets et les autorisations de mise sur le marché, le cinquième fondateur étant actuellement directeur régional dans une entreprise qui commercialise des produits de laboratoire.
Fort de ces compétences, Cohiro propose aujourd'hui aux entreprises différents tests in-vitro, utilisant des cultures de cellules humaines et animales, grâce auxquels il est possible de suivre l'activité anti-inflammatoire et anti-vieillissement de produits, soit chimiques, soit extraits de végétaux, qui pourraient entrer dans la fabrication de produits ou de compléments alimentaires. "Il s'agit d'étudier les effets de ces produits vis-à-vis du vieillissement et, en particulier, d'attaques de type radicalaire", explique Jean-Louis Connat. Rappelons que les radicaux libres sont des substances qui abîment les cellules, les font vieillir plus rapidement et finissent par créer une inflammation. D'où la nécessité de lutter contre cette "oxydation" des cellules.
Parallèlement, Cohiro développe des techniques qui permettent de suivre l'évolution des fonctions cardiaques chez le petit animal, la souris en particulier, mesurées par échographie. "Jusqu'à présent, la seule solution était de tuer l'animal afin de procéder à une étude de la structure du coeur à l'aide de la microscopie. Mais aujourd'hui, grâce à cet appareil qu'est le Vevo 770, nous sommes les seuls en France à pouvoir suivre par exemple l'apparition et le développement d'une plaque d'athérosclérose. Nous pouvons aussi déterminer les effets bénéfiques ou toxiques de produits sur le fonctionnement cardiaque de l'animal en utilisant les mêmes paramètres que ceux utilisés chez l'homme", indique Patrick Dutartre. D'où la possibilité de disposer d'une sorte de vision accélérée de ce qui se passe chez l'homme au cours de plusieurs années.
Positionnée à la fois sur le volet nutrition et le volet santé, Cohiro souhaite donc se rapprocher du pôle VITAGORA. "C'est l'un de nos objectifs des prochains mois afin de pouvoir, à plus ou moins long terme, développer certaines méthodes qui permettront de visualiser et de mesurer par exemple les effets de produits anti-oxydants chez l'animal", déclare Jean-Louis Connat. Pour l'heure, les créateurs de Cohiro travaillent à la mise en place prochaine d'une activité transversale inter-laboratoires de recherche ciblant l'inflammation, et plus précisément une structure protéique nommé "Inflammasome" qui fait l'objet d'intenses activités de recherche dans de nombreux laboratoires. "Globalement, il s'agit de voir en quoi l'alimentation modifie le statut inflammatoire de l'organisme et a des répercussions notamment sur des maladies dégénératives, le cancer et les maladies cardiovasculaires", concluent Patrick Dutartre et Jean-Louis Connat.