Le Svalbard est un archipel d'îles norvégien situé au Nord de la Norvège, à la limite entre l'Océan Atlantique et l'Océan Arctique. Classé majoritairement comme réserve naturelle, la faune et la flore de l'Archipel sont très étudiées par les scientifiques, avec les autres zones de l'Arctique présentant une faune importante.
La zone Arctique est très sensible à la pollution de notre planète. En effet, des polluants volatiles ou solubles dans l'eau sont diffusés sur l'ensemble du globe par les vents et les courants marins. Cependant, lorsqu'ils arrivent sur les pôles, ces polluants condensent à cause des températures glaciales, et s'y accumulent pour des périodes pouvant être très longues. En effet leur biodégradation est très fortement ralentie par les températures très basses de ces régions. Et ils finissent alors en partie dans la faune et la flore locale.
D'après un nouveau rapport publié par NTNU (Université Norvégienne des Sciences et Technologies), malgré la présence avérée de nombreux polluants au Svalbard et dans d'autres zones arctiques, seuls les ours polaires et les Goélands bourgmestres sembleraient d'ores et déjà en subir sensiblement les effets délétères. Ce rapport a été publié dans un numéro spécial du journal scientifique " Science of the Total Environment ". Il est issu d'un programme de recherche nommé " Programme de surveillance et d'évaluation de l'Arctique ". En résumé, les différents chercheurs impliqués dans l'étude n'ont pas trouvé de preuves fortes que des contaminants comme les PCB (Polychlorobyphénile) et les DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) avaient un effet néfaste sur les animaux de l'ensemble de l'Arctique. En revanche, ils pensent que d'autres facteurs comme les effets du changement climatique, les maladies et les invasions de nouvelles espèces vont sensiblement affecter l'exposition globale des animaux aux polluants. Le changement climatique plus particulièrement, va de façon plus ou moins directe, modifier les réseaux trophiques et la nutrition des espèces.
Parmi les plus à risque d'être exposés aux polluants de notre planète, les chercheurs ont recensé : les ours polaire de l'Est du Groenland, du Svalbard et de la baie d'Hudson, les orques d'Alaska et du Nord de la Norvège, plusieurs espèces de Goélands de l'Arctique, et quelques populations d'Ombles et de Requins du Groenland. Si ces animaux sont les plus exposés, c'est parce qu'ils sont pour la plupart au sommet de la chaîne alimentaire. De ce fait, ils accumulent les polluants qui peuvent alors atteindre des concentrations importantes dans leur organisme. L'ours polaire est d'autant plus concerné par ce problème que ces polluants s'accumulent souvent dans les graisses animales. Or, la proie favorite des ours polaires est le phoque, dont ils se nourrissent par centaines pour un individu chaque année, et dont ils ne consomment la plupart du temps que les graisses...
Munro Jenssen, professeur à NTNU qui a participé à ce travail, craint qu'à terme, ces polluants ne finissent par porter atteinte à la santé et aux capacités d'adaptation de nombreuses espèces de l'Arctique, et diminuent ainsi sérieusement la biodiversité de cette région.