Une équipe de chercheurs menés par le professeur Kinichi NAKASHIMA de l'Institut des Sciences et Technologies de Nara est parvenu à améliorer nettement les capacités motrices de souris paralysées à l'aide d'un traitement associant des cellules souches neurales et une substance chimique.
Les cellules souches neurales sont des cellules multipotentes capables de se différencier en les divers types de cellules qui composent le système nerveux central. En général, elles deviennent des cellules gliales et elles ne se différencient en neurones que dans moins de 1% des cas. Néanmoins, l'équipe du professeur NAKASHIMA avait montré en 2004 qu'une substance utilisée contre l'épilepsie et baptisée acide valproïque favorisait la différenciation des cellules souches neurales en neurone in vitro.
Les chercheurs ont utilisé comme modèle animal des souris atteintes d'un traumatisme de la moelle épinière les rendant incapables de bouger leurs pattes postérieures. Ils leur ont transplanté des cellules souches neurales à l'épicentre du traumatisme puis sept jours plus tard, ils leur ont injecté de l'acide valproïque. Six semaines après, les souris qui ont reçu le traitement étaient à nouveau capables de bouger les pattes arrières et de se déplacer, de façon maladroite toutefois. Les capacités motrices retrouvées de ces souris se sont avérées nettement meilleures que celles des souris qui avaient reçu des cellules souches neurales mais pas d'injection d'acide valproïque (ces dernières montrant néanmoins une amélioration nette), et encore plus que celles des souris qui n'avaient reçu aucun traitement ou seulement une injection d'acide valproïque (qui ont toutefois présenté une amélioration légère).
En examinant de plus près les souris qui avaient reçu le traitement complet, les chercheurs ont constaté que 20% des cellules souches neurales implantées s'étaient différenciées en neurones, confirmant ainsi in vivo les résultats de 2004. Ces mêmes neurones ont ensuite reconstitué les circuits abîmés par le traumatisme de la moelle épinière.
A terme, ces découvertes pourraient permettre de traiter les différentes atteintes du système nerveux central (traumatismes de la moelle épinière, mais aussi attaques cérébrales). Il faudra d'abord bien sûr s'assurer de l'innocuité de cette technique pour l'homme ; les tests cliniques pourraient néanmoins être facilités par le fait que l'acide valproïque est le principe actif de médicaments déjà sur le marché et dont les effets secondaires sont bien connus. Par ailleurs, la récupération des capacités motrices observée chez les souris n'étant pas complète, les chercheurs suggèrent que cette méthode pourrait être améliorée.