Dans le cycle du carbone, les lacs, représentant 3% de la surface de la Terre, jouent un rôle important que l'on tend souvent à oublier. L'enfouissement du carbone organique dans le fond lacustre est d'ailleurs supérieur à la sédimentation océanique.
Lorsque le carbone organique rentre en contact avec l'eau du lac, une partie est décomposée et rejetée dans l'atmosphère et une autre se dépose dans les sédiments lacustres. On assiste alors à la minéralisation ainsi qu'au stockage du carbone dans des "puits de carbone". Des chercheurs suédois de l'Université d'Uppsala ont récemment montré que cette minéralisation était corrélée à la température et l'étude a été publiée dans le journal Nature.
Sous la direction de Lars Transvik du département de limnologie, Cristian Gudasz, doctorant, est en charge de la collecte et de l'évaluation des données prélevées dans les lacs suédois. Dans l'article, il affirme que la température des eaux profondes influe sur la production de dioxide de carbone des sédiments lacustres indépendamment de la composition chimique des sédiments, la localisation géographique et la source de carbone organique.
Cette découverte importante implique que l'enfouissement du carbone serait amoindri avec le changement climatique. En fonction du scénario climatique, les auteurs prédisent une chute de 4-27 pourcent du stockage annuel de carbone organique dans les fonds lacustres de la région boréale d'ici 100 ans. Cela entraînerait une augmentation correspondante du rejet de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
Cette étude a été menée en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Linköping et financée par Formas, le Conseil suédois de recherche pour l'environnement, l'agriculture et l'aménagement du territoire.