Les inondations au Pakistan n'ont pas eu que des répercussions sur les biens matériels. D'après les estimations de l'UNICEF, des millions de personnes sont toujours actuellement privées d'eau potable. Des chercheurs de l'université de Kassel (Thuringe) [1] ont développé un système portable et totalement autonome de préparation de l'eau, avec lequel les villages peuvent s'alimenter en cas d'urgence.
Actuellement, les aides humanitaires comptent surtout lors des catastrophes naturelles sur des gros équipements mobiles, qui peuvent préparer d'énorme quantité d'eau potable. Pour l'approvisionnement de gros camps de réfugiés, cette stratégie est adaptée. Cependant en cas d'inondations ou lorsque les zones à secourir sont éparses, elle atteint ses limites.
Le Prof. Dr. Franz-Bernd Frechen de l'université de Kassel explique que "nous avons réfléchi à la façon de fournir de l'eau potable dans des endroits où les routes sont coupées, où il n'y a ni électricité, ni carburants. La solution a été trouvée à l'aide des nanotechnologies. Les chercheurs ont créé un équipement de préparation d'eau de la taille d'un sac à dos, dont l'élément principal est constitué d'une membrane. Celle-ci est constituée de petites ouvertures nanométriques qui ne laissent passer que les molécules d'eau et filtrent les bactéries et les parasites. L'équipement protège des maladies comme le choléra ou la diarrhée, dont sont principalement victimes les enfants.
Franz-Bernd Frechen insiste sur le fait que "la technique est simple et efficace. Un appareil peut fournir de l'eau potable à plus d'une centaine de personne". En service, il est capable de filtrer 1 200 Litres d'eau par jours. Les ingénieurs pour l'environnement de Kassel ont construit plusieurs prototypes qui ont été testés avec succès au début de l'année lors des tremblements de terre au Chili. Le sac à dos ne pesant que 20 kilos, il peut être transporté par des petits véhicules ou par des bêtes de somme jusque dans les villages éloignés. L'héliportage est également envisageable.
Les experts de l'Université estiment que l'appareil peut être fabriqué à moins de 1.000 euros pièce. Le projet est soutenu financièrement par l'association allemande pour l'environnement (DBU) [2] et le Ministère fédéral de l'économie.