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BE Royaume-Uni 110  >>  30/06/2011

>> Sommaire

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Energie
La lutte contre le changement climatique continue

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67148.htm

1. Les "budgets carbone"

Les engagements pris par le Royaume-Uni en matière de réduction d'émissions de gaz à effet de serre se traduisent par des objectifs à long terme dont les échéances se situent en 2050. Afin de permettre une gestion efficace des efforts tendant à atteindre ces objectifs, le Climate Change Act a institué l'obligation pour le gouvernement britannique de définir des "budgets carbone" (carbon budgets). Ceux-ci instaurent, pour une période de cinq années, la quantité maximale de gaz à effet de serre émise par le pays et établissent ainsi un cadre clair et durable pour la transition du Royaume-Uni vers une économie plus verte. Les trois premiers budgets carbone ont été ratifiés par le Parlement en mai 2009 pour les périodes 2008-12 (3 018 MtCO2e), 2013-17 (2 782 MtCO2e) et 2018-22 (2 544 MtCO2e).

Le quatrième budget carbone, pour les années 2023 à 2027 a été proposé le 17 mai 2011 par le ministre de l'énergie et du changement climatique, Chris Huhne. Le budget avancé limiterait les émissions de GES du Royaume-Uni à 1 950 MtCO2e sur la période concernée. Il est associé à un objectif de réduction des émissions de 50% d'ici à 2025, par rapport à 1990. Ces objectifs sont associés à une condition sur les engagements de l'Union Européenne, avec une possibilité de révision en 2014, si le Royaume-Uni se trouve en décalage avec la trajectoire prévue dans le cadre du marché européen d'échange de crédits carbone (EU Emissions Trading Scheme). Le Climate Change Act requiert la ratification de ce budget par le Parlement avant le 30 juin 2011.

L'annonce du gouvernement découle directement des recommandations du Committee on Climate Change (CCC, comité sur le changement climatique), publiées au mois de décembre 2010 [1]. Elle reprend l'une des deux propositions mises en avant par le comité, qui correspond au niveau d'ambition minimum en dessous duquel les objectifs de 2050 ne pourront plus être atteints. Le CCC préconisait également l'instauration d'un objectif intermédiaire, qui ferait office de lien entre le moyen terme (les budgets carbone) et le long terme (les objectifs à l'horizon 2050). En ce sens, les 50% de réduction en 2025 font directement écho aux 60% en 2030 avancés par le CCC.

Les réactions des acteurs économiques britanniques à cette annonce se sont révélées quelque peu mitigées. Ainsi, EEF, l'organisation des industriels de la fabrication, a exprimé son inquiétude quant à la compétitivité des entreprises britanniques sur la scène européenne, et voudrait avoir l'assurance que le gouvernement fera automatiquement machine arrière si l'Union Européenne n'adopte pas des objectifs plus ambitieux en 2014. Le CBI (Confederation of British Industry), syndicat patronal britannique, se dit favorable à l'objectif de division par deux des émissions d'ici à 2025, mais insiste sur l'importance des mesures de court-terme que le gouvernement doit prendre pour rendre ce but crédible.

2. Le rapport du Committee on Climate Change sur les énergies renouvelables

Peu avant, le 9 mai 2011, le CCC avait lancé sa dernière publication concernant les énergies renouvelables (The Renewable Energy Review).
- Rôle du gouvernement : le comité souligne que de nouvelles mesures sont nécessaires pour soutenir l'innovation technologique. Les technologies non encore matures (capture et stockage du carbone, éolien offshore, énergies marines) devraient se voir accorder un soutien supplémentaire, qui "devrait être apporté à travers des engagements fermes et non de vagues aspirations".
- Mix énergétique et production d'électricité : les trois options évoquées sont les énergies renouvelables, le nucléaire, les dispositifs de capture et de stockage du carbone. Pour les énergies renouvelables, une approche diversifiée est recommandée afin de lisser les incertitudes associées à chaque technologie.
- Dispositifs de capture et de stockage du carbone : la viabilité future reste à prouver, le mécanisme de financement des quatre projets de démonstration annoncés doit être finalisé, et les appels d'offres menés dans le courant de l'année 2011.
- Efficacité énergétique : le Green Deal (aide à l'amélioration de l'efficacité énergétique) et les Renewables Heat Incentives (soutien à l'installation de systèmes de chauffage fonctionnant à partir de sources renouvelables) devraient, à terme, être rassemblés pour plus de lisibilité et une réduction des coûts d'installation (dispositifs répondant aux deux exigences installés en même temps).
- Eolien offshore : depuis les scénarios annoncés pour 2020, les projections de coûts ont significativement augmenté. Pour le CCC, les ambitions pour ce secteur à l'horizon 2020 ne doivent pas être revues à la baisse dans l'immédiat, mais pourraient l'être si d'autres options sont disponibles.
- Nucléaire : l'énergie nucléaire a un rôle clé à jouer en tant que source d'énergie sûre, peu coûteuse, et peu émettrice de carbone.

Parmi les trois solutions pour la génération d'électricité qu'il met en avant, le rapport s'attache à décrire les incertitudes liées à deux d'entre elles, et émet des réserves sur les objectifs ambitieux du secteur éolien offshore. Le nucléaire apparaît finalement comme une variable d'ajustement pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES. Cependant, il faut garder à l'esprit que deux exigences doivent être remplies : diminuer les émissions de carbone, mais aussi augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation du pays, ce que le nucléaire ne permet pas.

L'association de professionnels des secteurs éolien et des énergies marines, RenewableUK a pour sa part réagi au rapport du CCC en déplorant le manque de soutien à l'éolien offshore. RenewableUK s'élève également contre les estimations des coûts futurs de l'énergie nucléaire, que l'association juge trop optimistes. Enfin, elle attend des actions concrètes envers l'éolien offshore de la part du gouvernement, qui devrait publier prochainement une stratégie plus précise pour 2020. Celles-ci sont nécessaires pour que les investisseurs franchissent le pas (la firme danoise Vestas a l'intention, par exemple, d'installer une usine de fabrication d'éoliennes dans le Kent, à condition que la stabilité du marché soit garantie, et que les incertitudes soient levées sur les stratégies politiques et le cadre réglementaire à long terme).

3. Le nucléaire

Le rapport concernant les évènements ayant eu lieu à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, préparé par le Dr Mike Weightman de l'Office for Nuclear Regulation (bureau pour la réglementation du nucléaire) a été remis à Chris Huhne, dans sa version intermédiaire, le 18 mai 2011. En présentant le rapport au Parlement, le ministre de l'énergie et du changement climatique a expliqué que ses discussions avec le Dr Weightman n'avaient pas révélé de raison de ne pas poursuivre la politique menée actuellement en accordant au nucléaire une place importante dans le mix énergétique futur. Il a également réaffirmé sa volonté de soumettre dès que possible, après étude approfondie du rapport sur Fukushima, les Energy National Policy Statements au vote du Parlement.

4. La capture et le stockage du carbone

De manière évidente, la stratégie britannique pour la première moitié du XXIème siècle repose fortement sur l'exploitation des dispositifs de capture et de stockage du carbone (CSC). Il est donc légitime de se demander si le rôle qui leur est dévolu est compatible avec leur potentiel, et si ces technologies auront d'ores et déjà un impact en 2025, date à laquelle le gouvernement souhaite fixer une nouvelle échéance.

A ce sujet, le Pr Jon Gibbins, de l'Université d'Edimbourg, se montre résolument optimiste. Ces technologies devraient pouvoir émerger sans obstacle majeur et jouer leur rôle dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, pourvu que la réforme des marchés de l'électricité se montre équitable vis-à-vis de l'accès au marché des différentes technologies. D'ici à 2020, une capacité de production de 5 GW pourrait être installée dans la seule Ecosse.

Les quatre projets de démonstration prévus devraient permettre d'engranger de l'expérience sur la réglementation et la façon de demander et d'obtenir des autorisations auprès des autorités. Pour les trois derniers, dont le mode de financement n'est pas encore arrêté, il serait intéressant de parvenir à montrer au monde entier que de telles centrales sont technologiquement réalisables, mais aussi qu'il est possible de les financer via un mécanisme de marché.

Le Pr Jon Gibbins insiste également sur la valeur de l'électricité selon le moment où elle est produite : dans la mesure où il est relativement facile de lancer ou d'arrêter une centrale au gaz ou au charbon, l'électricité produite peut avoir une très haute valeur, par exemple lorsque les besoins sont importants.

Enfin, le Royaume-Uni, avec ses possibilités de stockage du carbone dans les réservoirs de gaz et de pétrole épuisés en mer du Nord, présente de nombreux atouts pour l'utilisation des technologies CSC, d'autant que le stockage offshore devrait poser peu de problèmes au niveau de l'acceptabilité par le public. En revanche, il n'est pas certain que les consommateurs acceptent de payer plus cher de l'électricité produite de manière "classique" (alors que le prix plus élevé des énergies renouvelables est relativement bien accepté).

5. Les énergies renouvelables

Le Department of Energy of Climate Change (DECC, ministère de l'énergie et du changement climatique) a publié le 10 juin 2011 un rapport réalisé par la société ARUP traitant des coûts de génération et du potentiel de développement des énergies renouvelables. Le but premier de cette étude est de fournir une base à la révision des Renewables Obligations (mesure à travers laquelle le gouvernement subventionne plus ou moins les différentes sources d'énergie renouvelables) et des Feed-In-Tariffs (mécanisme de rachat de l'électricité).

Le rapport étudie successivement un large éventail d'énergies renouvelables, dans lequel on retrouve bien sûr :
- l'éolien onshore : la vitesse du déploiement de ces technologies est plus lente qu'escompté. Cependant le potentiel de développement reste important (jusqu'à une capacité de 17,3 GW en 2030). Les coûts de génération sont stables par rapport aux études précédentes.
- l'éolien offshore : la vitesse de déploiement devrait rester relativement faible dans les cinq à dix années à venir, car les plus gros projets ne devraient pas démarrer avant 2015. Le potentiel de développement en 2030 est très important (jusqu'à 41 GW). Les incertitudes qui entourent les coûts de génération sont toujours nombreuses, et le rapport recommande de considérer avec prudence les projections pour le futur.
- les énergies marines : la décennie 2020 devrait voir un réel démarrage de ces technologies, avec une capacité installée potentielle de 4 GW en 2030. Les coûts de génération de l'électricité par ce biais restent élevés et constituent toujours un obstacle au développement.

A la vue de ces récents développements, il est clair que, dans les intentions tout au moins, le gouvernement britannique poursuit son effort pour être le plus "vert" que le pays ait jamais eu. Les objectifs ambitieux avancés peuvent toutefois apparaître quelque peu en décalage avec les réalisations concrètes. En tous les cas, il ne semble pas que ce soit le volet purement scientifique et technologique qui doive, à l'avenir, mettre en péril ces ambitions et empêcher l'émergence des énergies renouvelables. Le projet lancé le 17 mai 2011 par l'Energy Technologies Institute, destiné à développer des éoliennes d'une capacité de 10 MW, est, à cet égard, symbolique.

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Pour en savoir plus, contacts :

[1] Voir BE Royaume-Uni 107 http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/65581.htm

Code brève
ADIT :
67148

Source :

- Committee on Climate Change, The Renewable Energy Review, 05/11, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MhviW
- Department of Energy and Climate Change, UK proposes Fourth Carbon Budget, 17/05/11, http://www.decc.gov.uk/en/content/cms/news/pn11_41/pn11_41.aspx
- Department of Energy and Climate Change, Dr Mike Weightman interim report "Japanese earthquake and tsunami : implications for the UK nuclear industry", 18/05/11, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/nNpaz
- Department of Energy and Climate Change, Renewables study published, 10/06/11, http://www.decc.gov.uk/en/content/cms/news/pn11_47/pn11_47.aspx
- Department of Energy and Climate Change, Review of the generation costs and deployment potential of renewable electricity technologies in the UK, 06/11, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/CtHiM

Rédacteur :

Joël Constant

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Origine :

BE Royaume-Uni numéro 110 (30/06/2011) - Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67148.htm
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