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BE Etats-Unis 259  >>  16/09/2011

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Energie & Environnement
Le Département d'Etat donne son aval au projet d'oléoduc Keystone XL

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67688.htm

Le Département d'Etat (DoS) a rendu public le 26 août les résultats de l'étude d'impact environnemental du projet d'oléoduc Keystone XL [1], actuellement à l'étude. Concluant qu'il n'était pas susceptible d'entraîner des dommages environnementaux significatifs, le DoS a donné son aval à ce projet controversé visant à faciliter l'import du pétrole de sables bitumeux canadien aux Etats-Unis.

Le projet Keystone XL

Le projet d'oléoduc Keystone de la compagnie TransCanada doit permettre d'acheminer le pétrole brut produit par le raffinage des sables bitumeux [2] de l'Alberta, au Canada vers les Etats-Unis. Les deux premières tranches du projet ont été mises en service en juin 2010 et février 2011. L'extension actuellement à l'étude, nommée Keystone XL, devrait étendre le réseau de près de 2700 kilomètres jusqu'aux raffineries du Texas dans le Golfe du Mexique, pour un coût total de 7 milliards de dollars (5 milliards d'euros) [3]. Une fois complété, cet oléoduc permettrait d'acheminer jusqu'à 830.000 barils de pétrole brut de sable bitumeux canadien par jour, soit pratiquement le double des importations actuelles.


Tracé du pipeline Keystone et de son extension
Crédits : TransCanada

Opportunité ou menace environnementale ?

Depuis son annonce, le projet Keystone XL fait l'objet d'une vive controverse. Les sables bitumeux, dont l'exploitation a longtemps été jugée non rentable, représentent d'immenses réserves potentielles de pétrole non conventionnel pour le Canada. Grâce à eux, le Canada disposent de la deuxième réserve prouvée de pétrole au monde, soit environ 175 milliards de barils exploitables. Les partisans du projet soulignent que le pétrole canadien permettrait de réduire la dépendance des Etats-Unis aux importations en provenance de pays hostiles et non-démocratiques. Outre les bénéfices en termes de création d'emploi, il est avancé que si Keystone XL n'était pas construit, ce pétrole serait tout de même produit mais exporté à l'étranger - principalement vers les pays asiatiques.

Cependant, la production de pétrole de sables bitumeux a de graves conséquences environnementales. Son extraction nécessite de raser des sections entières de la forêt boréale canadienne, qui héberge une biodiversité foisonnante et représente un important puits de carbone. De plus, les activités minières lourdes entreprises pour collecter les sables bitumeux et en séparer le pétrole entraînent une pollution considérable, notamment au niveau des cours d'eau.

La production du pétrole de sables bitumeux est un procédé plus complexe que pour le pétrole brut conventionnel, et nécessite plusieurs étapes supplémentaires avant de la rendre exploitable. Ainsi, la production de pétrole de sables bitumeux émet plus de gaz à effet de serre (GES) que le pétrole conventionnel, bien que l'impact réel reste difficile à chiffrer. En moyenne, l'extraction, la séparation et la transformation d'un baril de pétrole de sable bitumeux émet entre 3,2 et 5 fois plus de GES que celle d'un baril de pétrole brut conventionnel nord-américain. Même en considérant l'ensemble du cycle de vie (de la production à la combustion), le pétrole de sable bitumeux reste une des sources d'énergie la plus émettrice de GES : d'après l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA), les émissions de GES sur l'ensemble du cycle de vie serait environ 82% plus importantes que celles du brut classique utilisé aux Etats-Unis [4].

Les associations environnementales appellent Obama à refuser le projet

Le projet Keystone XL est fortement rejeté par les associations environnementales. Des centaines de militants, soutenus par une coalition des principaux groupes environnementaux ont manifesté devant la Maison Blanche pendant 2 semaines à la fin août, appelant le président Obama à bloquer le projet. Organisant un "sit-in" quotidien devant les grilles de la résidence du chef de l'état, 1253 d'entre eux ont été arrêtés, dont plusieurs célébrités, comme le climatologue de la NASA James Hansen ou l'actrice Daryl Hannah.


Manifestants opposés au projet de pipeline Keystone XL, devant la Maison Blanche à Washington
Crédits : MS&T

Ce mouvement de contestation intervient dans un contexte de mécontentement des défenseurs de l'environnement vis-à-vis du président Obama, dont ils avaient contribué à l'élection en 2008, qu'ils accusent de céder aux groupes industriels et aux républicains. La récente décision du président d'abandonner la révision des limites réglementaires pour l'ozone troposphérique n'a rien fait pour améliorer la situation [5].


Bill McKibben, fondateur et président de l'ONG 350.org
Crédits : MS&T

" [Keystone XL] est une épreuve importante pour Obama et l'environnement, aujourd'hui et jusqu'aux élections" déclare Bill McKibben, une figure de proue du mouvement. "Ce projet d'oléoduc apparaît comme le test décisif de la volonté du président de se battre pour l'environnement. Il peut faire quelque chose de lui-même [pour s'opposer au projet], sans interférence de la part du Congrès".

Le rapport du DoS tente de répondre aux inquiétudes

La version finale de l'étude d'impact environnemental entend répondre aux inquiétudes que soulève le projet Keystone XL.

Malgré les garanties apportées quant à la sécurité de Keystone XL, le risque de fuite de l'oléoduc inquiète les défenseurs de l'environnement, en particulièrement dans les milieux sensibles qui se trouvent sur le tracé de l'oléoduc. Le rapport considère que le brut transporté par l'oléoduc est "similaire en termes de composition et de qualité à ceux transportés par les autres oléoducs fonctionnant aux Etats-Unis", réfutant les accusations pointant un risque accru de corrosion et de rupture de l'oléoduc [6]. Le DoS évalue la fréquence des fuites de 1,78 à 2,51 fois par an, et décrit l'impact environnemental des fuites potentielles comme susceptible de rester limité "à moins d'atteindre une rivière, une pente forte ou une voie de migration comme un fossé de drainage".

L'étude du DoS montre que l'utilisation de pétrole de sable bitumeux à la place d'autres sources de brut conduirait à une augmentation des émissions de GES entre 3 et 21 millions de tonnes par an, soit l'équivalent de 588.000 à 4.081.000 millions de voitures. Ce résultat est bien moindre que ceux avancés par des scientifiques comme James Hansen, climatologue de la NASA, célèbre pour ses prises de positions publiques. Hansen estime que le développement accru des sables bitumeux - encouragé par la construction de l'oléoduc Keystone XL - reviendrait à siffler la "fin de partie" pour le climat, les 400 Gt de carbone contenus dans les sables de l'Alberta équivalent à une augmentation de la concentration en CO2 atmosphérique de 200 ppm. Ce raisonnement est critiqué par d'autres scientifiques, estimant que l'oléoduc Keystone XL n'est pas capable d'exporter suffisamment de pétrole pour que ce scénario puisse se réaliser [7].

Le DoS estime qu'avec le temps, alors que l'énergie nécessaire à l'extraction du pétrole devrait augmenter - afin de pouvoir accéder à des ressources toujours plus profondes, les émissions provenant de l'extraction de pétrole de sables bitumeux pourraient rester relativement stable. De plus, l'incertitude entourant le calcul des émissions de GES sera réduite : "... il apparaît que la différence de potentiel d'émissions de GES [entre le pétrole de sable bitumeux et le pétrole brut conventionnel] pourrait décroitre au fil du temps" peut-on lire dans le rapport.

L'étude d'impact environnemental n'est "qu'un des éléments que nous prendrons en considération", au même titre que la politique étrangère ou les considérations économiques, a déclaré à des journalistes Kerri-Ann Jones, assistante de la secrétaire d'état aux affaires scientifiques internationales.

La validation de l'étude d'impact n'est pas la dernière étape avant la validation du projet. Une période de consultation publique de 90 jours est en cours, avec révision par les autres agences fédérales. Le DoS doit également statuer si le projet Keystone XL représente "un intérêt national", avant de prendre une décision finale d'ici la fin de l'année 2011.

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Pour en savoir plus, contacts :

- [1] L'étude d'impact environnemental du projet Keystone XL sur le site du Département d'Etat : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/GfM31
- [2] "About Tar Sands" - Oil Shale & Tar Sands Programmatic EIS - http://ostseis.anl.gov/guide/tarsands/index.cfm
- [3] Page "Keystone Pipeline Project" sur le site de TransCanada - http://www.transcanada.com/keystone.html
- [4] Lettre de l'EPA au Département d'Etat - GILES Cynthia - 16/07/2010 - 18 pp. - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/Qm3UF
- [5] "Stung by the President on Air Quality, environmentalists weigh their options" - The New York Times - KAUFMAN Leslie - 03/09/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/J6alG
- [6] "OIL SANDS: With emotions high and evidence low, pipeline corrosion questions hound Keystone XL" - EéE News - SCHOR Elena - Fort McMurray, Alberta - 23/08/2011 - http://www.eenews.net/Greenwire/pipeline_politics/2011/08/23/2 (par abonnement)
- [7] "On the potential for oilsands to add 200ppm of CO2 to the atmosphere" - Rescuing the frog - LEACH Andrew - 04/06/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/i5T6v
- "Barack Obama se met à dos les écologistes" - Le Monde - TILOUNE Joan - 05/09/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/6N833

Code brève
ADIT :
67688

Sources :

- "OIL SANDS: Canada-U.S. pipeline poses few environmental risks - State Dept." - E&E Greenwire - SCHOR Elena - 26/08/2011 - http://www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/26/1 (par abonnement)
- "Environmental Impacts of Oil Sands Development in Alberta" - Post Carbon Institute - DYER Simon - 22/09/2009 - http://www.energybulletin.net/node/50186
- "OIL SANDS: Favorable finding by State Dept. won't end pipeline battle, enviros pledge" - E&E Greenwire - SCHOR Elena - 25/08/2011 - http://www.eenews.net/Greenwire/rss/2011/08/25/1 (par abonnement)
- "State Department review to find pipeline impact 'limited', sources say" - The Washington Post - ELIPERIN Juliet - 24/08/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/MyPGD
- "Tar sands: Still dirty after all these years" - Think Progress - ROMM Joe - 22/09/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/RKhvJ
- "Hansen Says Obama Will Be 'Greenwashing' About Climate Change if He Approves Keystone XL Pipeline" - The New York Times - 26/08/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/boIfR

Rédacteurs :

Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambafrance-us.org

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Origine :

BE Etats-Unis numéro 259 (16/09/2011) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/67688.htm
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