Les céréales utilisées pour l'alimentation sont relativement souvent infestées de moisissures toxiques. Des ingénieurs de l'ACIB (centre de compétences du programme COMET [1]) ont mis au point une méthode de production - à la fois efficace et économique - d'enzymes capables de décomposer certaines toxines particulièrement dangereuses.
Les mycotoxines, répandues dans les céréales
Le traitement préventif des céréales est une contribution importante à une alimentation animale saine Crédits : Biomin
Des toxines (substances toxiques) se retrouvent communément sur des céréales comme le maïs, le seigle, le blé ou l'orge et sont dangereuses non seulement pour les animaux d'élevage tels que les poulets ou les bovins, mais aussi pour l'Homme : certaines de ces toxines peuvent en effet être transmises par l'intermédiaire du lait, des oeufs ou de la viande. Les chercheurs ont fabriqué un traitement préventif de la nourriture destinée aux animaux d'élevage, sous la forme d'enzymes (les enzymes sont des protéines capables d'accélérer certaines réactions chimiques du métabolisme). Ces dernières sont conçues de manière à empêcher l'apparition de mycotoxines (des toxines produites par des champignons).
En voie d'industrialisation
La production de ces enzymes repose sur l'utilisation de levures. Des méthodes d'ingénierie génétique et moléculaire ont permis de modifier ces levures de façon à ce qu'elles produisent les enzymes dégradant les toxines, dont la fabrication était jusque là difficile et onéreuse. Cette optimisation du processus de fabrication résulte d'une coopération avec une entreprise de Basse-Autriche spécialisée dans la production d'additifs alimentaires, Biomin.
Ce nouveau processus permet l'élimination d'un type spécifique de toxine, particulièrement toxique et cancérigène. Les chercheurs estiment qu'ils seront bientôt en mesure de produire un prototype d'additif alimentaire.
[1] L'Austrian Centre of Industrial Biotechnology est un centre de compétence K2 du programme COMET combinant l'expertise de plusieurs universités autrichiennes et d'institutions de recherche et partenaires industriels internationaux. L'ACIB compte environ 150 employés travaillant sur 25 projets de recherche. Pour plus de détails, voir l'article du BE Autriche 128 (décembre 2009) "ACIB: Austrian Center of Industrial Biotechnology" : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61690.htm