Le gouvernement autrichien a adopté le 11 octobre 2011 sa première loi sur le domaine spatial. Cette réglementation était nécessaire en raison du lancement prévu au printemps 2012 des deux premiers satellites autrichiens, TUGSAT 1 et UniBRITE.
Changements juridiques
Vingt ans après le vol spatial de Franz Viehböck, premier astronaute autrichien, l'Autriche devient une puissance spatiale. Cette loi sur l'espace fournit le cadre juridique pour les activités autrichiennes dans l'espace : homologations et surveillance des activités spatiales, immatriculation des objets spatiaux, questions de responsabilités. Ces activités devront donc en particulier être homologuées, afin d'éviter que des objets autrichiens non approuvés causent des dégâts pour lesquels la République autrichienne serait alors responsable.
Les deux mini-satellites TUGSAT-1 et UniBRITE [1] doivent mesurer les variations de luminosité des étoiles avec une grande précision dans le cadre du projet BRITE Constellation, mené en collaboration avec le Canada et la Pologne. Ce seront les premiers satellites à être lancés et contrôlés de façon autonome par l'Autriche. Les chercheurs espèrent trouver avec ces satellites des indices sur la structure des étoiles et l'histoire de l'Univers. TUGSAT-1 a été développé à l'Université de Technologie de Graz en collaboration avec l'Université de Toronto au Canada. UniBRITE, de conception similaire, a été développé par le laboratoire des vols spatiaux de l'Université de Toronto pour le compte de l'Université de Vienne. Ces satellites ont une forme cubique avec une arête de 20 centimètres, pour une masse de 7 kilogrammes. Ils seront lancés en Inde près de Chennai (Madras) - l'Autriche accédera malgré cela au statut juridique d'Etat de lancement auprès de l'ONU - par une fusée indienne, la PLSV (Polar Satellite Launch Vehicle), sur une orbite à une altitude de 800 kilomètres.
L'Autriche n'a pas une grande expérience dans le domaine spatial, qui n'a pas été considéré comme une priorité nationale. On pourra néanmoins signaler la présence à Vienne du bureau des Nations Unies pour les Affaires Spatiales, ainsi que de l'ESPI (European Space Policy Institute), un laboratoire d'idées sur le spatial soutenu notamment par l'Agence Spatiale Européenne et par l'Autriche.