Un étude consacrée aux start-up du secteur biomédical, réalisée par des chercheurs de l'université de Maynouth, vient remettre en cause une idée largement admise : beaucoup d'experts, y compris des responsables d'agences de financement irlandaises (Enterprise Ireland par exemple), considèrent que le monde universitaire est l'endroit le plus propice à l'émergence de start-ups dans ce secteur des biotechnologies.
L'étude intitulée "New Entrants and Inherited Competence : the Evolution of the Irish Sector" met ainsi en évidence que les "spin-offs" issues d'entreprises matures de ce secteur des biotechs ont des performances supérieures en terme d'accès aux financements des sociétés de capital-risque pour leur développement. Les auteurs indiquent ainsi que sur la période 2000-2010, seulement 5 spin-offs du secteur privé ont reçu deux-tiers des investissements de ce type (pour un montant total de 210 millions d'euros), alors que 21 start-ups du secteur académique n'ont pu lever auprès des investisseurs que 100 millions d'euros (dont 60 millions pour seulement 3 d'entre elles). L'explication de cette différence tiendrait aux compétences différentes des porteurs des projets : dans les spin-offs issues du secteur privé, la dimension industrielle et/ou économique est plus aboutie (notamment au niveau du business plan) et plus proche des attentes du marché, que dans les start-up issues du secteur public où les aspects de R&D sont plus développés (avec un accent mis sur la propriété intellectuelle).
Cette étude sur les entreprises innovantes basées en Irlande arrive à des conclusions assez semblables à d'autres études menées aux USA qui indiquent que seulement 9% des jeunes entreprises technologiques de ce type viennent en fait du secteur académique (15% en Irlande). Les auteurs rappellent toutefois que le monde académique reste un lieu privilégié (et à faible coût) pour la découverte de nouvelles molécules, un facteur-clé dans les secteurs des biotechs et de la pharmacie bien entendu, qui ne doit pas remettre en cause le soutien public à des entreprises innovantes qui en sont issues, mais devrait conduire à prendre égalementen compte des 'jeunes pousses' issues du monde industriel.
Soulignons que "Entreprise Ireland", la principale agence irlandaise publique qui fait du capital-risque, vient de rendre public les lauréats de son quatrième concours (en 10 mois) visant à financer des entreprises innovantes qui sont dans les tous premiers stades de leur développement, puisque les subventions apportées sont de l'ordre de 50.000 euros. Les 15 entreprises ainsi soutenues opèrent dans les secteurs très variés : internet, jeux, 'cloud computing', logiciel, télécoms, sciences de la vie et produits industriels.
Issue de Trinity College Dublin (TCD), la start-up Biocroi, créée en 2009, a développé une nouvelle méthode de criblage de cellules utilisant des nano-plaques : elle vient de lever 800.000 euros pour se développer. Ce financement a été obtenu au terme d'un tour de table conduit par la société de capital-risque "Kernel Capital", basée à Cork, qui a investi à hauteur de 500.000 euros; ce tour de table a associé "Enterprise Ireland" et d'autres investisseurs privés.
TCD affiche un record irlandais, au plan académique, de 18 start-ups créées dans les 3 dernières années dans des secteurs aussi variés que la sécurité informatique pour le 'Cloud Computing', la détection précoce des ulcères, les tests de diagnostics spécifiques pour détecter certains cancers utilisant des marqueurs bio-peptidiques.