spacer

spacer
Coordonnées >>
spacer

spacer
Toute l'actualité :
spacer
Etats-Unis >>
spacer
Monde >>
spacer
Tous les rapports :
spacer
Etats-Unis >>
spacer
Monde >>
spacer

spacer

spacer
Tous les flux rss >>
spacer

spacer

spacer

BE Etats-Unis 275  >>  27/01/2012

>> Sommaire

spacer

Energie & Environnement
Le changement climatique, enjeu majeur pour la sécurité mondiale

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68928.htm

La 12ème conférence annuelle du National Council for Science and the Environment (NCSE) - un réseau de 500 organisations, universités, ONG, "think tanks" et industries, avec pour mission de faciliter l'interaction entre scientifiques et décideurs politiques - s'est tenue du 18 au 20 janvier 2012 à Washington. Intitulée "Environnement et Sécurité", cette conférence a permis de rassembler près de 1000 participants afin d'explorer différents aspects du sujet et de tenter d'en fournir une synthèse.

Si les scientifiques figuraient en bon nombre parmi les intervenants, la conférence faisait également la part belle aux militaires et aux représentants du ministère de la défense américain (DoD). Ces dernières années, les forces armées américaines se sont progressivement intéressées à l'impact négatif que le changement climatique pourrait avoir sur leurs missions, et les conséquences possibles en termes de sécurité pour les Etats-Unis. Ainsi, le changement climatique a été reconnu comme priorité dans la "Stratégie pour la Sécurité Nationale" (document-cadre définissant les priorités stratégiques des Etats-Unis) en 2010 [1], et les forces armées - notamment l'US Navy [2] et les Marines [3] - ont adopté des objectifs ambitieux pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, identifiée comme une vulnérabilité majeure.

Des membres éminents de l'administration Obama, comme Nancy Sutley, présidente du Conseil sur la Qualité Environnementale de la Maison Blanche (CEQ), Lisa Jackson, administratrice de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) ou encore Steve Koonin, jusqu'à récemment sous-secrétaire à l'Energie (Department of Energy), étaient également venus présenter la position du gouvernement et son action dans ce domaine. Les débats ont principalement portés sur l'impact du changement climatique en termes de sécurité et les solutions à envisager.


Nancy Sutley, présidente du CEQ
Crédits : MS&T

Un problème multithématique

Les participants s'accordent à dire que des thématiques aussi diverses que l'énergie, la nourriture, l'eau, la santé, ou le développement sont étroitement liées ; par conséquent, le changement climatique aura des conséquences profondes et multiples. Il convient également de prêter attention aux conséquences imprévues qui peuvent découler des décisions publiques. A titre d'exemple, Geoff Dabelko, directeur du programme "changement environnemental et sécurité" au Woodrow Wilson International Center for Scholars, cite l'objectif de l'Union Européenne (UE) d'utiliser 10% de biocarburants pour le secteur des transports d'ici 2020. Cette décision, prise dans le but de réduire la dépendance énergétique de l'UE au pétrole, a également eu comme effet indésirable d'augmenter la déforestation en Asie du Sud-Est afin d'augmenter la production de biocarburant à base d'huile de palme [4].

La croissance importante de la population mondiale est également une préoccupation partagée par de nombreux intervenants. Ils préviennent que s'il est techniquement possible de supporter une population de 9 ou 10 milliards d'habitants à l'horizon 2050, la qualité de vie en sera fortement affectée et les inégalités s'accroisseront. Ainsi, réduire la croissance de la population devrait être un objectif prioritaire, et passe obligatoirement par l'éducation des filles, notamment dans les pays en voie de développement.

Lutter contre le changement climatique, d'abord un problème de communication ?

Selon de nombreux intervenants, le message de l'urgence de la situation n'est pas encore bien assimilé par le public. "Les gens ne perçoivent [réellement] les changements environnementaux que lorsqu'ils concernent leur environnement immédiat" déclare Nancy Sutley ; un constat confirmé par les enquêtes d'opinion auprès du public américain [5]. Pour le vice-amiral Neil Morisetti, Ambassadeur itinérant "Changement Climatique et Sécurité" de la Royal Navy britannique, aborder le changement climatique comme une question de sécurité nationale permettrait de mieux toucher le public et de lui faire comprendre la gravité de la situation.

A l'instar des efforts du DoD en la matière, le changement climatique et ses conséquences doivent être systémiquement pris en compte au sein du processus de décision, non seulement par les pouvoirs publics, mais également par le secteur privé et la société civile, souligne Nancy Sutley. En outre, il est également nécessaire de permettre une meilleure coopération aussi bien au sein du gouvernement qu'avec les pays étrangers, puisque "personne ne peut régler ces problèmes tout seul", déclare Sherri Goodman, vice-présidente du Center for Naval Analysis (CNA).

Selon Mme. Goodman, le changement climatique est un "facteur aggravant" et amplifie les dangers déjà existants, prenant comme exemple le lien constaté entre les inondations exceptionnelles au Pakistan en 2010 et une recrudescence du terrorisme dans la région. Soulignant l'importance des "points de basculement" dans l'évolution du climat [6], susceptible d'entraîner une dégradation très rapide du climat passé un certain seuil, elle prévient que les Etats-Unis devraient se préparer au changement climatique de la même façon qu'ils ont fait face au risque de bombardement nucléaire pendant la guerre froide, en décrétant une mobilisation nationale pour contrer un événement distant mais catastrophique.


Sherri Goodman, vice-présidente du CNA
Crédits : MS&T

Un facteur de division et de tensions diplomatiques

L'ambassadeur Peter Wittig, représentant permanent de l'Allemagne aux Nations-Unies, explique qu'il existe un certain consensus aux Nations-Unies sur le fait que le changement climatique présente un risque pour la sécurité mondiale. En revanche, les tentatives d'amener le Conseil de Sécurité à prendre en compte cette notion se sont pour l'instant révélées vaines, en raison d'une conception traditionnelle de la sécurité et de la crainte de voir se développer des accusations de responsabilité entre pays développés et en voie de développement ("blame game"), une tendance constatée lors des négociations internationales sur le climat. En effet, "la question du changement climatique est souvent vue comme un instrument de l'Occident", déplore l'ambassadeur Wittig, alors que les pays les plus pauvres et les plus fragiles sont souvent les plus à risque face au changement climatique. "Il existe une ligne de fracture diplomatique sur cette question".

Dans cette optique, l'exemple du Bangladesh a été abondement étudié et commenté par les intervenants, dont le Major Général Muniruzzaman, ancien officier de l'armée de terre du Bangladesh. Ce dernier a rappelé que les conséquences du changement climatique seront particulièrement dramatiques dans ce pays situé principalement au niveau de la mer. Ainsi, la montée du niveau de la mer pourrait réduire de 28% le territoire du pays d'ici la fin du siècle. Le Major Général Muniruzzaman souligne également l'aggravation des problèmes d'approvisionnement en eau potable dont souffrira la région, et évoque les incidents régionaux qui risquent d'émerger face aux déplacements des nombreux "réfugiés climatiques". Tous ces facteurs peuvent conduire à un accroissement des tensions et une déstabilisation des pays de la région du Sud-Ouest asiatique, une perspective préoccupante puisque certains sont dotés de l'arme nucléaire.

"L'Inde est déjà en train d'entourer le Bangladesh d'une barrière, et prévoit de l'électrifier. Qu'arrivera-t-il lorsque des milliers de réfugiés tenteront de passer ?" interpelle-t-il.

L'adaptation au changement climatique, indispensable mais délicate

Une session était dédiée à la résilience au changement climatique, soit la capacité d'une société à s'adapter et à survivre aux modifications de son environnement. Les intervenants ont souligné l'importance de mettre en place au plus vite des politiques d'adaptation afin d'anticiper certaines conséquences inévitables du changement climatique. Pour développer la résilience de la société, il convient d'envisager l'impact du changement climatique à l'échelle d'écosystèmes entiers et placer l'innovation au centre des politiques publiques, déclare Heather Grady, vice-présidente de la fondation Rockefeller. Il est également possible de concevoir des politiques publiques présentant des synergies. Ainsi, Andrew Steer, envoyé spécial pour le changement climatique de la Banque Mondiale, évoque l'exemple de l'adoption de cultures plus adaptées au climat en Afrique, une mesure combinant aide au développement et séquestration du carbone dans les sols. Enfin, David Orr, professeur à l'université du Vermont, précise que les obstacles aux politiques d'adaptation sont moins d'ordre financier que culturel. "Nous ne sommes pas un pays pauvre, mais nous utilisons [nos ressources] de façon inadéquate."

Cependant, certains mettent en garde contre le fait de donner trop d'importance à l'adaptation. "L'adaptation permet atténuer les conséquences néfastes du changement climatique, mais elle n'est pas une solution [durable]" prévient le Major Général Muniruzzaman, en désaccord avec d'autres panelistes. "C'est une solution à court terme pour un problème à long terme".

La question de la géo-ingénierie comme solution pour combattre le changement climatique a brièvement été évoqué par l'assemblée. Pour les scientifiques, la discipline manque cruellement de recherche, non seulement sur les conséquences, mais aussi sur la faisabilité technique des solutions théorisées, comme la pulvérisation d'aérosols en haute atmosphère ou la fertilisation des océans en fer [7] [8]. Et la question même d'envisager la géo-ingénierie fait débat. "Le simple fait d'en parler fait penser à certaines personnes qu'il s'agit d'une solution envisageable, d'une bouée de sauvetage [...] alors qu'en fait nous n'en savons rien" met en garde Margaret Lienen, directrice de l'institut océanographique de Harbor Branch à l'université de Floride Atlantique.

D'autres sessions de la conférence NCSE ont permis d'aborder les questions de sécurité énergétique, alimentaire et sanitaire, elles feront l'objet d'un second article à paraître dans le prochain numéro du Bulletin Electronique Etats-Unis.

spacer
>> Suivant
spacer
<< Précédent
spacer

spacer
Partager cette page :

spacer
Version imprimable >>
spacer
Transmettre cette info par email >>
spacer
Recommander ce site à un collègue / ami >>
spacer

spacer
S'abonner au
BE Etats-Unis
 >>
spacer

spacer
FAQ / foire aux questions >>
spacer
Conditions d'utilisation >>

spacer

spacer

Pour en savoir plus, contacts :

- [1] "Obama redefines national security strategy, looks beyond military might" - The Washington Post - DeYOUNG Karen - 27/05/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/JSaeP
- [2] "U.S. Navy Places World's Largest Biofuel Order" - Earth911.com - MAZZONI Mary - 07/12/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/y3Fyt
- [3] "Afghanistan's Green Marines Cut Fuel Use by 90 Percent" - Wired.com - ACKERMAN Spencer - 13/01/2011 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/QYjir
- [4] "European Biofuels Are as Carbon Intensive as Petrol, New Study Suggests" - ScienceDaily - 03/11/2011 - http://www.sciencedaily.com/releases/2011/11/111103212157.htm
- [5] "L'opinion publique américaine prend (un peu) conscience du changement climatique" - Bulletins Electroniques Etats-Unis n°272 - MARTY Gabriel - 06/01/2012 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68712.htm
- [6] "Climat : vers le point de rupture ?" - Greenpeace - Paris - Avril 2009 - 12 pp. - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/OGIEX
- [7] "Géoingénierie: quatre traitements de choc pour sauver la planète" - Slate.fr - SOLLETTY Marion - 31/03/2010, mis à jour le 04/10/2010 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/pacnZ
- [8] "Climat : la géo-ingénierie n'est plus un concept stratosphérique" - Bulletins Electroniques Etats-Unis n°225 - MAGAUD Marc - 05/11/2010 - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/65013.htm

Code brève
ADIT :
68928

Sources :

Conférence NCSE "Environment and Security" du 18 au 20 janvier 2012, Washington. Site internet de la conférence : http://www.environmentandsecurity.org/

Rédacteurs :

Gabriel Marty, deputy-envt.mst@ambascience-us.org

spacer

spacer

Origine :

BE Etats-Unis numéro 275 (27/01/2012) - Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/68928.htm
spacer


[  Plan du site  |  Données personnelles & politique de confidentialité  |  Limites de responsabilité  |  FAQ  |  Contacts  ]

[  Page d'accueil  |  Découvrir  |  Consulter  |  Recevoir  |  Rechercher  |  Utiliser  |  S'exprimer  ]

bulletins-electroniques.com tous droits réservés   -   votre contact : François Moille

 

4444444001 999920120128 3333333011 1010101007 1010101018 1111111047 55555550012012 6666666012 7777777003