Le cancer du poumon représente l'une des causes les plus courantes de décès à Singapour et dans la région Asie-Pacifique. De plus, il semble qu'il présente de grandes différences biologiques comparé à celui généralement observé chez les populations de l'Ouest.
Une étude menée par le Dr Bing Lim, directeur associé du laboratoire " Cancer Stem Cell Biology " au Genome Institute of Singapore (GIS) [1] et le Dr Elaine Lim, médecin oncologue affilié à l'hôpital Tan Tock Seng (TTSH) et au National Cancer Center of Singapore (NCCS), a permis d'identifier un groupe de gènes responsables du cancer du poumon de type bronchique non à petites cellules [2]. La mise en évidence du marqueur CD166 à la surface de cellules souches tumorales (ou cellules initiatrices de tumeurs) (TIC) a révélé l'implication de ces dernières dans la croissance de cellules cancéreuses. Suite à ces résultats, l'étude du génome de ces TICs a permis la découverte de plusieurs gènes jouant un rôle majeur dans la croissance des cellules tumorales.
En parallèle, les chercheurs ont montré l'augmentation anormale du taux d'enzyme glycine décarboxylase (GLDC) dans les TICs qui induit un changement dans le comportement des cellules, favorisant ainsi la tumorigenèse. Il est à noter que cette enzyme est naturellement présente en faible quantité dans des conditions physiologiques normales et permet le catabolisme de la glycine.
Publiés en ligne dans la prestigieuse revue Cell le 5 janvier 2012, ces travaux sont un grand pas dans le ciblage et le développement du traitement du cancer du poumon. Le Dr. Lewis Cantley de la Harvard Medical School a déclaré : "la publication du Dr. Bing Lim est une réelle avancée pour la compréhension du métabolisme très spécifique des cellules initiatrices de tumeurs. "
Le ciblage des cellules cancéreuses ainsi que le diagnostic précoce du cancer du poumon vont certainement pouvoir être optimisés. De plus, la mise en évidence de l'impact du taux de GLDC dans le phénomène de carcinogenèse, ouvre une nouvelle piste pour les traitements basés sur le ciblage de cette enzyme. Nous pouvons également imaginer des retombées futures en élargissant ce même phénomène à d'autres types de cancer.
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[1] Le GIS est rattaché à l'Agency of Science, Technology and Research (A*STAR)
[2] Les tumeurs malignes du poumon se répartissent en deux classes principales en fonction de l'aspet microscopique des tissus : les cancers bronchiques à petite cellules (CBPC) et les cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) représentant environ 75 à 80% de l'ensemble des cancers bronchiques. Ces deux types cellulaires se comportent très différemment dans la progression du cancer et dans leur sensibilité aux traitements, d'où l'importance de les distinguer lors du diagnostic.