Les hydrates de gaz [1] sont des composés organiques naturellement présents dans la nature, en particulier dans les profondeurs océaniques et les régions arctiques. Il s'agit de molécules de gaz piégées dans des cristaux de glace. Le gaz, principalement du méthane, est ainsi stocké sous haute pression et basse température, ce qui permet une grande concentration d'énergie dans de petits volumes.
Le Professeur Haflidi Haflidason [2], du Département des Sciences de la Terre de l'Université de Bergen [3], a dirigé de 2007 à 2011 une équipe de chercheurs qui a travaillé à cartographier les ressources en hydrates de méthane sur le plateau continental norvégien. La conclusion de ses travaux est que les ressources sont potentiellement très importantes. La zone de Nyegga, par exemple, en Mer de Norvège, présente la plus grande concentration d'hydrates cartographiée jusqu'à présent. Les hydrates représenteraient sur ce site l'équivalent énergétique de presque 400 milliards de mètres cubes de gaz naturel. D'après Haflidi Haflidason, les quantités seraient bien plus importantes, le problème étant que la technologie utilisée (en Norvège comme ailleurs dans le monde) n'est pas assez aboutie pour identifier les ressources cachées dans les sédiments argileux, ce qui est principalement le cas en Norvège.
Les hydrates de méthane sont de plus en plus examinés comme une potentielle énergie d'avenir. "Nous suivons attentivement tout ce qui touche aux hydrates de gaz. Cependant, de grandes lacunes technologiques ne permettent pas aujourd'hui une utilisation commerciale de cette forme d'énergie.", avait annoncé Ola Anders Skauby [4], Responsable de la Communication de Statoil. En effet, deux problèmes se posent. Le premier est la particularité du stockage du gaz à l'état naturel, qui rend compliquée et non rentable son extraction. Le deuxième est le gaz en soit : l'effet du méthane sur le réchauffement climatique est considéré comme 25 fois plus important que celui du CO2, il est donc primordiale d'éviter toute fuite lors de la fonte des cristaux de glace l'emprisonnant, ce qui représente également un défi technologique.
Le Professeur Haflidason est cependant persuadé que les hydrates de gaz auront une place importante dans les sources d'énergie du futur. "Je pense qu'il est tout à fait réaliste d'envisager un lancement de la production commerciale dans 40 ou 50 ans.", conclut-il.