La demande croissante en énergie renouvelable a favorisé le développement de l'énergie éolienne et photovoltaïque, tout en suscitant un débat centré sur les répercutions dans le paysage de ces installations. En revanche, les turbines installées en mer, et qui utilisent les courants marins pour produire de l'électricité ne posent pas ce problème. Cette solution caractérisée par un fort rendement, demande d'identifier les sites idéaux, à bonne distance de la côte, et où la profondeur est telle que l'installation sera sûre, technologiquement et économiquement réalisable.
Dans ce contexte, le projet PRIAMO (Planification, Recherche et Innovation dans un Environnement Marin Orienté), financé par la Commission Européenne et coordonné par le département de Biologie Animale et d'Ecologie Marine, de l'université de Messine, propose une méthodologie capable d'identifier le potentiel des sites pour l'installation des turbines sous-marines. PRIAMO a identifié en Italie, dans le détroit de Messine (Entre la Sicile et la Calabre) une zone idéale pour de telles installations.
"Les courants marins présents dans les alentours de la Sicile seront étudiés en utilisant les modèles numériques réalisés par notre Institut à Oristano", explique Alberto Ribotti de l'Institut pour l'Environnement Marin Côtier (Iamc) du Conseil National des Recherches (Cnr). "L'intégralité du système numérique est constitué de différents modèles de prévisions, toujours à très haute résolution spatiale, intégrés l'un dans l'autre, et produit des données journalières des principaux paramètres océanographiques en 3D".
La première campagne en mer du projet, Ichnussa 2012, a été réalisée par l'Iamc-Cnr d'Oristano et de Messine, et par l'Institut des Sciences Marines (Ismar) du Cnr de La Spezia et de Venise. En utilisant le navire océanographique Urania, les fonds dans lesquels devrait être installée la turbine ont été caractérisés en enregistrant des données bathymétriques avec un sondeur à haute résolution.
Les résultats obtenus sont relatifs à la partie septentrionale du détroit de Messine, le versant sicilien, en face de la plage de Ganzirri, une zone dont la profondeur est comprise entre 25m et 90m. Pour vérifier le modèle, un capteur fixe sera installé en mer pour acquérir des données ultérieures sur le courant dans le détroit. "Il sera en plus réalisé une étude environnementale détaillée par l'Iamc-Cnr et l'université de Messine, pour évaluer l'inclinaison des fonds, la présence de biocénose (communauté d'organismes aquatiques) et la capacité de la zone intéressée, à une profondeur de 30-50m à supporter les installations", conclut le chercheur. "Enfin la présence éventuelle et la distribution dans la zone d'espèces protégées, comme la 'Posidonie de Méditerranée' et la 'Grande Nacre' seront controlées".