Certes, la réputation d'excellence d'une grande école plus que bi-centenaire comme Arts et Métiers ParisTech (ENSAM) n'est plus à faire. Son histoire, ses anciens élèves, les fameux Gadzarts, dont certains ont participé avec brio à quelques-uns des plus grands développements industriels en France et à l'étranger, et la qualité des enseignements qui sont dispensés dans ses différents centres répartis sur le territoire français sont là pour en témoigner. Il n'empêche que cette réputation, aussi solide soit-elle, n'est bien souvent pas visible pour une population d'étudiants étrangers, tant sollicitée à l'ère de la mondialisation. Qui plus est, est-il opportun pour un étudiant américain pouvant prétendre intégrer dans son propre pays des établissements aussi prestigieux que le MIT, Caltech, Princeton ou UC Berkeley, de souhaiter suivre un cursus dans une grande école française aussi réputée soit-elle, d'autant plus que sa langue maternelle est celle du monde de la science et de la technologie ? Pour autant, faut-il définitivement baisser les bras et se contenter de ce constat ? Arts et Métiers ParisTech en a décidé autrement en installant à San Francisco, en collaboration avec le bureau de l'Agence Régionale de Développement Paris Ile-de-France, sa représentante permanente aux Etats-Unis. Une première!
Rizlene Bouchemoua, Représentante permanente d'Arts et Métiers ParisTech Aux Etats-Unis Crédits : Arts et Métiers ParisTech
Cela fait maintenant un peu plus de six mois que Rizlene Bouchemoua s'est installée à San Francisco pour le compte d'Arts et Métiers ParisTech. Dynamique, cette jeune femme, après avoir opté pour la physique fondamentale au cours de ces trois premières années d'études, s'est orientée vers un Master en physique et application, avant de rejoindre le centre Arts et Métiers ParisTech de Bordeaux et d'enchaîner sur une année de césure en Californie, à Santa Barbara. Revenue à Arts et Métiers, cette fois-ci à Angers, pour achever ses études, elle est repartie ensuite à Santa Barbara pour effectuer son stage de fin d'études. Mais Rizlene s'est très vite rendue compte que si les équations ne lui faisaient pas peur, elle était douée davantage pour le contact, la mise en relation des étudiants et des chercheurs, voire leur accompagnement auprès des industriels, une mission dont on ne mesure pas toujours l'importance quand on est au fond d'un laboratoire, "la tête dans le guidon". Aussi quand l'opportunité s'est présentée, elle n'a pas hésité un seul instant pour se lancer dans cette nouvelle mission qui recouvre plusieurs activités.
Un beau challenge à relever
C'est en décembre dernier qu'elle a commencé officiellement à travailler en tant que représentante permanente d'Arts et Métiers ParisTech. "Nous souhaitons augmenter le nombre d'étudiants d'Arts et Métiers venant effectuer un stage aux Etats-Unis, en laboratoire ou en entreprise", indique-t-elle. A ce jour, dans le cadre du programme de stage SHASTA créé il y a deux ans par l'American Friends of Arts & Métiers ParisTech (AFAM), qui bénéficie du réseau d'entreprises de PRIME pour les mises en relations, ils sont environ une vingtaine d'étudiants à réaliser un stage au sein d'une entreprise et une quinzaine dans un laboratoire. "Notre objectif est de parvenir à en envoyer une centaine d'ici quatre ans", précise-t-elle. Parallèlement, Rizlene a pour mission de mettre en contact les laboratoires d'Arts et Métiers ParisTech avec des laboratoires américains, les collaborations entre ces structures étant souvent le fruit de contacts initiés entre chercheurs. Enfin, Arts et Métiers souhaite également voir augmenter le nombre de ses étudiants en formation dans les universités américaines, mais aussi attirer des étudiants américains au sein de l'école, en particulier dans le cadre du Master International qu'elle propose désormais.
Et pour atteindre les objectifs que l'école s'est fixée, Rizlene doit avant tout être une femme de contact, d'autant plus qu'elle se charge également d'accompagner, de conseiller et d'apporter une aide quand les étudiants français de l'école présents aux Etats-Unis en ont besoin. Prospecter auprès des laboratoires américains, des entreprises, voir quels sont leurs thématiques de recherche, afin de nouer des contacts et d'initier des collaborations, tel est le quotidien de cette jeune femme pleine d'enthousiasme. Pour mener à bien cette tâche, elle bénéficie, en particulier, de l'important réseau des Gadzarts, travaillant dans les universités et les entreprises américaines, et du soutien de différentes personnes de l'école parmi lesquelles la coordinatrice des échanges académiques internationaux, le coordinateur recherche et le coordinateur des partenariats avec les entreprises à l'international. C'est donc un beau challenge a relever pour la jeune représentante permanente d'Arts et Métiers ParisTech aux Etats-Unis. Alors souhaitons lui bonne chance.