Les chercheurs de l'Université catholique de Louvain qui travaillent dans le cadre du programme européen FishPopTrace viennent de développer une méthode d'une précision sans précédant permettant de rattacher un poisson isolé à son groupe d'origine. La méthode utilise les variations de l'ADN afin de déterminer où un poisson a été pêché. Une base de données centrale et publique contenant les données ADN de 4 des espèces commerciales les plus communes en Europe (sole, merlu, cabillaud et hareng) a également été créée. Cette nouvelle méthode d'identification pourrait devenir un outil reconnu dans la lutte contre la pêche illégale et la fausse écocertification.
La pêche illégale, non déclarée et non régulée est la cause d'une surexploitation massive des populations de poissons. En réponse à la pêche illégale des règles internationales ont été imposées concernant entre autres la surveillance des zones de pêche et le respect des quotas. Afin de promouvoir la pêche raisonnée, de nombreuses sociétés de pêche ont été " écocertifiées " par des organisations indépendantes de consommateurs telles que la Marine Stewardship Council (MSC). Les écocertifications sont des labels de pêche raisonnée, la pêche " ecocertifiée " s'applique aux espèces, aux régions (élevages) spécifiques qui sont régulées de près, surveillées et contrôlées afin de contrecarrer la surpêche.
La technique génétique développée par les chercheurs de l'Université catholique de Louvain permet d'identifier si un poisson donné provient d'une zone d'élevage raisonnée, d'une région certifiée ou d'un stock donné et non d'une zone de surpêche. Compte tenu du fait que rien ne ressemble plus à un poisson qu'un autre poisson, l'analyse génétique est la seule fiable pour déterminer ces critères. Les méthodes certifiant un contrôle indépendant des prises et les écolabels sont très rares et d'une nécessité pressante. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue scientifique Nature Communications.