"C'est une émotion forte est indescriptible". Il ne pouvait en être autrement pour Fabiola Gianotti, coordinatrice de l'expérience ATLAS, qui a annoncé au monde entier avoir trouvé une nouvelle particule, très certainement le boson de Higgs. Calme et sereine comme seulement un scientifique sait être, Fabiola Gianotti a annoncé à la communauté scientifique internationale avoir trouvé ce que tous cherchaient depuis 48 ans, c'est-à-dire depuis sa naissance.
Bien sûr, la scientifique italienne n'a pas été aussi explicite. Peut-être par humilité, sûrement par prudence, elle n'a jamais dis clairement avoir trouvé le Boson de Higgs. En présentant une série presque infinie de chiffres, elle a expliqué avoir trouvé une particule nouvelle, le boson le plus lourd jamais identifié. "Il y a de très forts signes de l'existence d'une nouvelle particule, ayant une masse autour de 126 GeV" précise-t'elle. En quelques mots, la scientifique a probablement trouvé le boson que tout le monde cherche, même si pour le moment nous ne savons toujours pas si cette particule existe, et si elle se comporte comme prévu par la théorie. "Nous avons encore beaucoup de choses à comprendre, mais nous avons ouvert un nouveau chapitre de la physique". La scientifique cache bien l'émotion d'avoir écrit un morceau de l'histoire de la science. Elle ajoute pragmatiquement "Nous sommes devant des résultats préliminaires, et avant de crier Eureka, il faudra encore un peu de temps".
Cela dit, la physicienne n'hésite pas à confesser les efforts pour arriver jusqu'ici. Cette découverte n'est pas le fruit du hasard. "Pour arriver à ce résultat nous avons travaillé pendant plus de 20 ans, et pour en comprendre les conséquences, il nous en faudra beaucoup plus". Dit-elle. "Certes, certainement pas moi, ni mon équipe, n'avions pensé arriver jusque là, et maintenant que nous y sommes, nous sommes impatients d'aller de l'avant, pour comprendre où nos résultats nous porteront". La satisfaction d'être une des rares femmes italiennes qui puissent se vanter à 48 ans d'avoir un cv aussi prestigieux est indubitable. "Je n'aurais jamais imaginé être à la tête du groupe de 3000 scientifiques, venant de 38 pays, qui a aujourd'hui atteint un objectif aussi important", souligne Fabiola Gianotti.
Turinoise de naissance, fille d'un géologue et d'une passionnée de lecture, Fabiola Gianotti a décidé de suivre une carrière scientifique après avoir préféré pendant longtemps les matières littéraires. Elle a obtenu un master de physique et un doctorat en physique expérimentale des particules à l'université de Milan. "A ce stade, il était clair que mon rêve était de devenir physicienne", se rappelle-t'elle. Son aventure au CERN à Genève a commencé en 1994 comme chercheur au Département de Physique. Elle s'est autant occupé de recherche que de développement et de construction de détecteurs de particules, développement de logiciels, et analyse de données. Elle a ensuite été promue responsable du projet ATLAS, l'expérience qui a aujourd'hui atteint le meilleur résultat possible. La même année, elle a été nommée commandeure de la République Italienne pour "ses connaissances scientifique, ses qualités de gestion brillantes, et son importante contribution au prestige dont jouit la communauté scientifique italienne dans le domaine de la physique des particules. "Je suis vraiment enthousiaste des opportunités que la vie m'a offertes. Maintenant mon travail va devenir encore plus enthousiasmant, grâce à la découverte d'une physique qui reste à explorer complètement". Si à tout ça on ajoute le fait d'être une femme dans un secteur de la science encore largement masculin, la satisfaction double. "J'espère que mon expérience puisse encourager toutes les jeunes femmes à entreprendre cette voie. Une voie riche d'obstacles, mais inégalable sur le plan émotionnel et pour les satisfactions qu'elle apporte".
Malgré un travail en dehors de l'Italie, depuis maintenant de nombreuses années, Fabiola Gianotti tient à souligner combien la contribution de l'Italie a été importante pour son expérience, et pas seulement. "Il y a beaucoup de l'Italie dans tout ce que nous avons fait : pour commencer il y a des cerveaux, c'est-à-dire beaucoup de collègues italiens qui travaillent comme moi, en général, au CERN, puis il y a des ressources financières investies dans le projet grâce à l'aide de l'Institut National de Physique Nucléaire".
La scientifique a également porté le drapeau européen et celui italien à Melbourne en Australie, où a eu lieu la conférence internationale de physique des hautes énergies.
Communiqué de presse du CERN : Les expériences du CERN observent une particule dont les caractéristiques sont compatibles avec celles du boson de Higgs tant attendu : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/95rlG