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BE Suède 33  >>  25/09/2012

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Cahier spécial
Spécial Semaine de l'eau - Eau et agriculture : une relation à reconstruire (partie 2/6)

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71041.htm

L'édition 2012 de la Semaine mondiale de l'eau était centrée sur la sécurité alimentaire et les discussions ont mis en lumière les liens étroits et souvent conflictuels qui existent entre eau et agriculture.

Nourrir les foules

L'agriculture est l'activité la plus consommatrice en eau : elle absorbe 70% des ressources prélevées dans le monde. Les changements dans les économies et les modes de vie font qu'aujourd'hui, nourrir les milliards d'êtres humains qui peuplent la planète est devenu extrêmement coûteux en eau et en terre. La demande croissante pour des produits tels que la viande et les laitages, qui s'ajoute à un gâchis considérable au cours de la chaîne de production, augmente la pression sur des ressources déjà fragiles. Le développement récent des cultures destinées aux bioénergies et le changement climatique rendent le bilan est encore plus alarmant.

Au vu de la productivité et de la consommation actuelles, la quantité d'eau nécessaire pour nourrir correctement la population souffrant encore de sous-alimentation, ainsi que les 3 milliards d'habitants supplémentaires prévus d'ici 2050, augmentera de 50%. Cela conduira à assécher de nombreuses sources d'eaux de surface alors que déjà plus d'un milliard de personnes vivent dans des zones où la demande en eau dépasse les ressources.

Nous sommes capables de produire assez pour nourrir correctement la population mondiale. Mais pour que les écosystèmes soient capables de supporter la pression engendrée, il est nécessaire de changer en profondeur nos systèmes de production et de distribution.

Comme l'a souligné Johan Rockström du Stockholm Resilience Center, lors du séminaire " Food for billions " qui a rassemblé des lauréats du Prix de l'eau, nous avons besoin d'une triple révolution verte. Il faut augmenter la production alimentaire, le faire via des méthodes respectueuses de l'environnement, et en utilisant avant tout les ressources en " eau verte " (issues des précipitations).

Si les technologies et les connaissances existent déjà, qui permettront de produire plus pour chaque goutte d'eau utilisée, ce sont les choix politiques qui détermineront en grande partie le futur de l'agriculture mondiale. Or les décisions actuelles ne vont pas toujours dans la bonne direction.

A vendre : terres arables et ressources en eau

En 2008, suite à une sécheresse de grande ampleur, la flambée des prix des produits alimentaires a engendré une prise de conscience mondiale de l'existence d'une compétition autour des ressources en nourriture. La sécurité alimentaire s'est retrouvée au coeur des problématiques nationales et, en réponse, plusieurs Etats se sont tournés vers les investissements dans les terres arables d'autres pays. Ainsi des milliers d'hectares de terrains sont achetés ou loués par des acteurs internationaux, essentiellement en Afrique (la cible majeure avec un tiers au moins des acquisitions) et en Amérique Latine. La Coalition internationale pour l'accès à la terre estime qu'il y a aujourd'hui environ 1000 accords en cours, concernant une surface totale de 50 millions d'hectares.

Lors du panel de haut niveau sur le sujet, les différents acteurs impliqués étaient représentés. Pour la Sierra Leone, pays vendeur, ces accords sont des investissements extérieurs directs qui permettent le développement de l'agriculture nécessaire pour les pays en voie de développement, ainsi que la construction d'infrastructures de transport et la création d'emplois. A l'autre bout de la chaîne, pour un pays acquéreur tel que le Qatar, il s'agit de trouver une solution pour assurer la sécurité alimentaire du pays qui repose à l'heure actuelle essentiellement sur les importations, l'agriculture dans cette zone aride ne couvrant que 10% des besoins de la population.

Si ces arguments ont été entendus, l'inquiétude de la communauté internationale au sujet de ces acquisitions est grandissante. Le terme " accaparement des terres " est de plus en plus utilisé pour parler de ces accords qui se caractérisent par l'absence de consultation publique et de contrat écrit et dont les effets sur les fermiers locaux sont potentiellement dévastateurs.

Les gouvernements sont les propriétaires légaux des terres dans la majorité des pays vendeurs mais ce cadre légal gomme bien des aspects d'une réalité complexe. Le droit coutumier qui régit localement l'utilisation des terres n'est pas pris en compte, pas plus que n'est estimée la valeur sociale et culturelle des ressources fournies par ces territoires. Il en résulte que des terres sont considérées comme inutilisées alors qu'elles sont en réalité exploitées par les populations locales. Lorsque ces terres sont cédées aux investisseurs étrangers, cela entraînent dépossession et exploitation.

Un autre problème majeur que la Semaine de l'eau a permis de mettre en lumière est le lien étroit entre ces acquisitions de terre et la gestion des ressources en eau. La course aux terres arables est aussi une course pour l'accès à l'eau. L'exploitation de ces terres pour une agriculture intensive va impliquer de prélever dans les sources d'eau locales. Or un grand nombre des accords d'acquisition ne mentionnent pas ce paramètre, ce qui laisse craindre des conséquences dramatiques dans les décennies à venir. La compétition pour l'eau va augmenter avec le temps et ces accords à long terme poseront problème lorsque des pays confrontés à la raréfaction des ressources devront continuer d'irriguer les terres possédées par les investisseurs étrangers. De plus, la prise en compte de ces intérêts étrangers au sein des bassins hydrographiques transfrontaliers, déjà difficile à gérer, risquent de s'avérer délicate.

"Farmers, Accountants and Optimists"

Au cours du séminaire "Food for billions", le professeur Tony Allan, lauréat 2008 du prix de l'eau, a donné un tout nouveau sens au sigle FAO : il représente selon lui les trois acteurs qui sauveront notre planète : "Farmers, Accountants and Optimists".

Les fermiers parce qu'ils constituent le premier maillon de la chaîne de production alimentaire et sont aussi les premiers impliqués dans la gestion des ressources en eau. Les comptables parce qu'ils sont en charge de créer un système capable de prendre en compte la valeur réelle de ressources telles que les terres arables et les eaux. Quant aux optimistes, ils sont indispensables face à l'ampleur de la tâche !

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A lire également :

Spécial Semaine de l'eau :

Semaine mondiale de l'eau de Stockholm - édition 2012 (partie 1/6)
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71040.htm

Le goût amer du gâchis (partie 3/6)
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71042.htm

Assainissement et hygiène pour tous : un objectif encore lointain ? (partie 4/6)
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71043.htm

De l'eau douce pour Gaza (5/6)
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71044.htm

Stockholm Junior Water Prize : la future génération de professionnels de l'eau (6/6)
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71045.htm

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Pour en savoir plus, contacts :

Site web de la Semaine mondiale de l'eau : http://www.worldwaterweek.org/

Code brève
ADIT :
71041

Rédacteurs :

Lucie Debroux - lucie.debroux@diplomatie.gouv.fr / sciences@ambafrance-se.org

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Origine :

BE Suède numéro 33 (25/09/2012) - Ambassade de France en Suède / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/71041.htm
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