Une équipe de chercheurs menée par le professeur Masumi ABE du National Institute of Radiological Sciences (NIRS) a récemment publié le fruit de travaux récents sur l'absence de réaction immunitaire consécutive à une transplantation de cellules issues d'iPS.
Les cellules iPS ou cellules souches pluripotentes induites (induced Pluripotent Stem Cells), sont obtenues par la reprogrammation génétique de cellules somatiques adultes. Tout comme les cellules souches embryonnaires, elles sont capables de s'autorenouveler et de se différencier en tous types cellulaires d'un organisme. Constituant une des priorités de la recherche biomédicale au Japon, les cellules iPS ont permis des avancées importantes ces dernières années dans le domaine de la médecine régénérative.
Les travaux réalisés par le professeur ABE avaient pour objectif l'examen de l'immunogénicité de cellules issues d'iPS de souris C57BL/6 ou Black 6 couramment employées en recherche médicale et disposant d'un patrimoine génétique quasi-identique entre elles. Un total de dix expériences d'induction a été effectué à partir de cellules somatiques. Contrairement aux protocoles classiques nécessitant l'emploi d'un vecteur rétroviral, les scientifiques ont fait appel aux vecteurs plasmidiques dont l'avantage principal est l'absence d'intégration d'ADN exogène dans le matériel génétique de l'hôte.
Les cellules de peau et de moelle osseuse ont par la suite été transplantées dans les souris originelles et l'immunogénicité a été mesurée. Parallèlement, un protocole opératoire identique a été réalisé avec des cellules de peau et de moelle osseuse issues de cellules souches embryonnaires.
D'après le professeur ABE, les pourcentages de succès des greffes ont été quasi-identiques pour les deux groupes et les réactions immunitaires n'ont été que très limitées voire inexistantes, notamment l'infiltration lymphocytaire. Suspectés d'être à l'origine de la réponse agressive du système immunitaire suite à une greffe de cellules issues d'iPS, les gènes Zg16 et Hormad1 n'ont également présenté aucune surexpression. Les chercheurs concluent ainsi sur l'immunogénicité limitée des cellules issues d'iPS et de cellules souches embryonnaires.
L'ensemble de ces résultats vient contredire la célèbre étude américaine publiée dans la revue scientifique Nature du 13 mai 2011 démontrant le déclenchement de réactions immunitaires très fortes vis à vis des cellules filles d'iPS. Les détails des expériences menées par le professeur ABE ont été publiés dans la même revue Nature datée du 10 janvier 2013.
- Publication américaine du 13 mai 2011 (en anglais) : Immunogenicity of induced pluripotent stem cells ; Zhao T, Zhang ZN, Rong Z, Xu Y ; Nature. 2011 May 13;474(7350):212-5. doi: 10.1038/nature10135. - Publication japonaise du 10 janvier 2013 (en anglais) : Negligible immunogenicity of terminally differentiated cells derived from induced pluripotent or embryonic stem cells ; R. Araki, M. Uda, Y. Hoki, M. Sunayama, M. Nakamura, S. Ando, M. Sugiura, H. Ideno, A. Shimada, A. Nifuji & Masumi Abe ; Nature (2013) doi:10.1038/nature11807