Une équipe de chercheur conduite par Catarina Esteves [1] de l'université technique d'Eindhoven (TU/e), en coopération avec John Xin [2] de l'université polytechnique de Hong Kong (PolyU) ont mis au point un nouveau type de coton capable d'absorber l'eau présente dans l'air puis de la relâcher au dessus d'une certaine température. Cette propriété intéressante pourrait avoir de nombreuses applications, notamment face aux problèmes d'irrigation dans les milieux désertiques. Les résultats de cette étude seront publiés le mois prochain dans le journal scientifique Advanced Materials [3].
Les chercheurs ont disposé une couche de polymère PNIPAAm [4] sur le coton. Ainsi traité, il présente, à l'échelle microscopique, une structure spongieuse hydrophile qui lui permet d'absorber jusqu'à 340% de son propre poids en eau à partir de l'humidité de l'air (sans le PNIPAAm, il n'en retient que 18%). Lorsque la température dépasse les 34°C, la structure spongieuse se transforme et le coton devient hydrophobe. L'eau préalablement absorbée est alors relâchée par la plante. Avec cette propriété particulière, ce coton "amélioré" pourrait être particulièrement adaptée à une culture en milieu désertique, sachant que dans la plupart des déserts un brouillard se forme pendant la nuit lorsque la température rafraichit. Disposer le coton sur le sol au niveau des champs pourrait ainsi constituer une méthode innovante d'irrigation à partir d'un matériau peu onéreux (même après traitement au PNIPAAm). D'autres applications sont également envisagées par le Dr. Esteves, comme des tentes de camping avec un système de récupération d'eau ou des vêtements de sports permettant d'évacuer automatiquement la sueur.
Les professeurs Xin et Esteves cherchent désormais à améliorer la qualité de ce nouveau matériau, notamment ses propriétés d'absorption d'eau ou en réduisant le seuil de température à partir duquel l'eau est relâchée.