Le projet recevra un milliard d'euros sur dix ans.
La Commission européenne vient de rendre publics les noms des lauréats du concours organisé dans le cadre des technologies futures et émergentes. Une équipe de l'UCL fait partie d'un de ces projets. Une excellente nouvelle pour la recherche.
Les projets "Graphene Flagship" et "Human Brain" recevront chacun un milliard d'euros sur dix ans pour des recherches au plus haut niveau international. Une équipe de l'UCL est partenaire du projet "Graphène": le Pr Jean-Christophe Charlier (Institute of Condensed Matter and Nanosciences) mène en effet, depuis vingt ans, des recherches dans le domaine des nanostructures de carbone. Son expertise consiste à modéliser ab initio les propriétés électroniques et de transport quantique au sein du graphène. Ce matériau, à deux dimensions - il s'agit en effet d'un film ultra-mince d'une épaisseur mono-atomique - est une nouvelle forme de carbone, à côté du diamant, du graphite, des nanotubes et des molécules "fullerènes" déjà connus. La découverte du graphène a valu le Prix Nobel de physique 2010 aux deux chercheurs européens qui l'ont synthétisé pour la première fois en 2004, Andre Geim et Konstantin Novoselov (Université de Manchester). En avril 2012, le Pr Charlier organisait à Bruxelles le plus important congrès international consacré au graphène en Europe. Durant cette conférence, une session "Graphene Flagship" avait été organisée afin de permettre aux experts scientifiques de présenter aux autorités européennes les potentialités extraordinaires du graphène. Ce sont aujourd'hui des moyens exceptionnels qui sont attribués à la recherche autour de ce matériau révolutionnaire.
Le graphène semble appelé à devenir à long terme aussi important que l'acier ou le plastique. A base de carbone, "matériau miracle" du XXIième siècle, le plus mince qui soit (une seule couche atomique), il offre une combinaison extraordinaire de propriétés physico-chimiques: il est bien meilleur conducteur que le cuivre tout en étant transparent, très léger mais plusieurs centaines de fois plus solide que l'acier tout en restant flexible. Il transporte la chaleur mieux que n'importe quel matériau connu, et possède des propriétés optiques uniques. En 2011, l'UCL avait déjà pressenti l'importance du graphène en attribuant à cette thématique un financement important dans le cadre d'une Action de Recherche Concertée.
C'est en outre un bel exemple de recherche translationnelle que l'Europe récompense: les découvertes menées dans les laboratoires universitaires sont en effet rapidement transférées vers des applications et des produits commerciaux. Le graphène et ses dérivés sont appelés à marquer profondément les TIC à court et à moyen terme. On prévoit que des composants à base de graphène pourront être intégrés à des éléments électroniques à base de silicium, avant de remplacer progressivement ce dernier, sans parler de l'émergence d'applications totalement nouvelles. La recherche sur le graphène aura aussi des incidences importantes dans les domaines du stockage de l'énergie (super-capacités), des transports (matériaux composites) et de la santé (bio-senseurs).