La construction du plus grand radiotélescope Canadien vient de commencer à Penticton en Colombie-Britannique. C'est également le premier télescope dédié à la recherche construit dans le pays depuis 30 ans. Ce nouveau télescope, plus grand que 6 terrains de hockey, va écouter les ondes sonores cosmiques et aidera les scientifiques à comprendre pourquoi l'univers s'étend aussi rapidement (et dans le même temps mieux comprendre cette mystérieuse "énergie sombre" qui est supposée provoquer cette expansion.
Partie intégrante du projet CHIME (Canadian Hydrogen Intensity-Mapping Experiment), ce télescope sera basé au DRAO (Dominium Radio Astrophysical Observatory) à Penticton, car c'est une zone géographique protégée de toute interférence radio par une loi fédérale. "Nous prévoyons de cartographier le quart de l'univers observable", dit Marc Halpern, astrophysicien à l'Université de Colombie-Britannique (UBC) de Vancouver, et chercheur principal du projet. "C'est une tentative ambitieuse made in Canada".
Hors parties mobiles, le télescope bénéficie d'une surface carrée de 100 mètres de côté couverte par 2560 récepteurs faible-bruit utilisant des composants adaptés de l'industrie de la téléphonie mobile qui balayent tous les jours la moitié du ciel. "Le télescope CHIME sera l'instrument dédié à ce type de recherche le plus sensible du monde, et le DRAO est l'un des meilleurs sites au monde également dans ce genre d'études", précise Gary Hinshaw, un autre astrophysicien de UBC impliqué dans le projet. "C'est réellement une réalisation dont nous pouvons être fiers", ajoute-t-il.
Les signaux collectés par l'instrument seront échantillonnés numériquement à environ 1 milliard de fois par seconde, puis traités pour obtenir une image du ciel. "Nous vivons dans un univers en expansion, et la découverte de son accélération à la fin du 20ème siècle nous force à réexaminer les hypothèses de base sur la gravité à des échelles cosmologiques, et sur ce qui constitue notre univers", dit Kris Sigurdson, astrophysicien et chercheur dans le projet CHIME. Halpern ajoute : "les données collectées par CHIME vont nous aider à comprendre l'histoire de notre univers, et comment cette énergie noire a provoqué cette expansion".