La flore intestinale représente environ dix fois plus de bactéries que le nombre de cellules constituant le corps humain, et ces "passagers" sont extrêmement importants pour notre santé : Ces bactéries de la flore commensale nous aident à digérer les aliments et nous fournissent de l'énergie et des vitamines. Elles sont également un vecteur de protection contre certaines infections, par exemple par les salmonelles. Elles participent par ailleurs aux réactions biochimiques nécessaires au développement et au fonctionnement du corps. Mais de la même manière, si l'équilibre bactérien est compromis, cela peut causer une inflammation et être relié à des maladies du tube digestif telles que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse, et même à des dégradations du foie.
Un groupe de recherche dirigé par une chercheuse du Sick Children's Hospital, rattaché à l'Université de Toronto, a mis en évidence l'influence des bactéries intestinales sur la probabilité de survenue du diabète. Chez les enfants et les jeunes, le diabète est dû aux dégâts causés par les cellules immunitaires sur les cellules du pancréas qui secrètent l'insuline.
Des lignées de souris portant un certain nombre de gènes liés au diabète chez l'humain et montrant une prédisposition pour le diabète ont été utilisées dans cette étude. Les résultats ont indiqué que les bactéries intestinales peuvent produire des composés biochimiques et des hormones capables de bloquer le développement du diabète, en particulier chez les mâles.
Le diabète devient de plus en plus fréquent chez les jeunes, à tel point que, par abus de langage, les médecins parlent d'épidémie. Cette augmentation de l'incidence du diabète a eu lieu durant les quarante dernières années, au fur et à mesure que l'habitat et l'environnement devenaient de plus en plus propres et hygiéniques. A l'heure actuelle, une fois que la maladie se déclare chez un enfant, on sait qu'un traitement sera nécessaire tout au long de sa vie.
Les chercheurs espèrent que la compréhension des mécanismes par lesquels les bactéries intestinales pourraient protéger les enfants susceptibles de souffrir de maladies autoimmunes leur permettra de commencer à développer un traitement préventif.
- Communiqué du 18 janvier 2013 de l'Université de Bern : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/AVOdp - Article : Markle, J. G. M., D. N. Frank, S. Mortin-Toth, C. E. Robertson, L. M. Feazel, U. Rolle-Kampczyk, M. von Bergen, K. D. McCoy, A. J. Macpherson, et J. S. Danska. 2013. "Sex Differences in the Gut Microbiome Drive Hormone-Dependent Regulation of Autoimmunity". Science (janvier 17). doi:10.1126/science.1233521. http://www.sciencemag.org/cgi/doi/10.1126/science.1233521.