L'université de Copenhague a démarré une collaboration d'un nouveau genre avec une association de biohackers, pionniers de la biologie "à faire soi-même" promise, selon Birger Lindberg Møller, professeur de biologie synthétique à l'université de Copenhague et initiateur de cette collaboration, à un brillant avenir. "Cet environnement est extrêmement propice à l'innovation, il apporte beaucoup d'inspiration tant aux chercheurs qu'aux jeunes entreprises. de notre côté, nous bénéficions d'une solide expérience. C'est donc une coopération bénéfiques à toutes les parties" explique-t-il.
L'association BiologiGaragen fondée par de jeunes étudiants [1] est la première de son genre au Danemark. Elle s'attache à promouvoir la biologie "open source" et la dissémination des connaissance notamment à travers des expositions interactives présentant des expériences qui requièrent très peu de matériel et des connaissances basiques pouvant ainsi être reproduites à la maison par n'importe qui et dont les résultats peuvent bénéficier à tous. Elle s'était notamment fait connaître début 2013 grâce à plusieurs séances de démonstration [2] au Medical Museion de Copenhague durant lesquelles le public était invité à réaliser plusieurs expériences, extraction de d'ADN, par exemple, à partir de matériel de laboratoire de récupération ou encore d'ustensiles de cuisine.
Un "Gene Gun" fabriqué à partir d'un gazéifieur pour soda Crédits : medicalmuseion
A titre d'exemple, les biohackers sont parvenus à développer une application pour smartphone permettant de compter les colonies de bactéries qui peut être téléchargées gratuitement alors qu'un équipement similaire coûte environ 20000 couronnes danoises (environ 3000 euros) dans le commerce classique.
Le professeur Birger Lindberg Møller se montre très optimiste quant à ce nouveau modèle de partage des connaissance. Il est important, selon lui, d'impliquer ces nouveaux acteurs indépendants de l'innovation, sources potentielles de croissance, tout en restant conscient cependant que le développement de ce type de recherche impliquera la création de nouveaux modèles d'entreprises.
L'industrie se montre également intéressée : "Nous considérons l'évolution de cette association avec beaucoup de curiosité et d'intérêt. L'innovation n'est pas réservée aux universités et aux entreprises mais a de plus en plus souvent lieu dans ce genre d'environnement. Les activités de Novozymes sont très dépendantes des nouvelles connaissances qui peuvent être produites et nous avons donc d'ores et déjà choisi de nous rallier à cette nouvelles tendance en soutenant ce type de communauté" a déclaré Thomas Schäfer, Vice-Président de l'Innovation Office & Microbial Biotechnology au sein de Novozymes Research and Development.
L'entreprise danoise a d'ailleurs versé récemment 100.000 couronnes danoises (environ 13.500 euros) en soutien à l'association. [3]