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BE Roumanie 23  >>  21/06/2013

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En direct des labos
Le projet DACIA ou l'étude des monnaies antiques en Roumanie

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/73380.htm

La Roumanie est située au carrefour des voies commerciales Nord-Sud et Est-Ouest, reliant les civilisations européennes et méditerranéennes. Dans l'Antiquité, une énorme quantité de pièces de monnaie a été exportée et amassée, soit à des fins commerciales, soit en relation avec la défense des frontières. Ce phénomène a commencé avec les monnaies d'Alexandre le Grand (336-323 avant J.-C.), et ses successeurs, et a continué avec les monnayages autonomes grecs comme Thasos (2ème siècle avant J.-C.), puis avec les deniers d'argent de la République Romaine (2ème -1er siècle avant J.-C.). A ces pièces, les ateliers monétaires des villes de la Mer Noire ont ajouté leur propre production, paléo-monnaies (têtes de flèche, dauphins, etc.), monnaies d'argent et de cuivre, les ateliers royaux y ont aussi ajouté des pièces d'or et d'argent, comme les souverains locaux qui produisaient leurs propres monnaies d'or et d'argent (KOΣΩN). Enfin, les tribus locales ont réalisé des imitations de toutes ces pièces, principalement des tétradrachmes d'argent de Thasos et de Philippe II de Macédoine.

Depuis les dernières années, plusieurs programmes de coopération franco-roumains se sont concentrés sur l'étude de plusieurs séries monétaires, analysant la production, la circulation et l'importance des pièces. Ce fut le cas d'un PICS (Programme International de Coopération Scientifique), d'un GDRE (Groupement de Recherche Européen) et d'un ECO-NET, tous dirigé par Georges Depeyrot, archéologue à l'Unité Mixte de Recherche 8546 Archéologies d'Orient et d'Occident et textes anciens (UMR 8546 - AOROC, CNRS-ENS). Ils ont donné la possibilité d'analyser en détail plusieurs monnayages, comme les monnaies romaines en Roumanie, les frappes des villes de la Mer Noire, les trouvailles dans les camps militaires, l'habitat et les monnaies trouvées dans Dobroudja, etc. Au cours de ces années, plus de 15 volumes ont été publiés en français ou en roumain [1] et plusieurs conférences ont été données en Roumanie ou en France.

Un seul groupe important reste à analyser: la production locale des pièces d'or et d'argent, que ce soit des frappes royales de Lysimaque, de Koson, ou les imitations de Thasos, Philippe II ou Alexandre III de Macédoine. Cette étude nécessite une approche spécifique: ces pièces n'étaient pas standardisées comme les monnaies romaines l'étaient, et il est donc nécessaire de recueillir une grande base de photographies. Cette dernière étape est l'objet d'un projet d'envergure nommé DACIA.


Monnaie de Philippe II (à gauche) et imitation celte (à droite)
Crédits : Georges Depeyrot, La monnaie gauloise, Paris, 2013.

Le projet DACIA en cours d'élaboration pourrait être mené par des chercheurs français de l'Unité Mixte de Recherche (UMR) 8546 Archéologies d'Orient et d'Occident et textes anciens et des chercheurs roumains de l'Institut d'Archéologie et d'Histoire de l'Art de Cluj-Napoca rattaché à l'Académie Roumaine. Georges Depeyrot, et Cristian Gazdac, de l'Institut d'Archéologie et d'Histoire de l'Art de Cluj-Napoca, rattaché à l'Académie Roumaine en seraient les coordinateurs. Il est en cours d'évaluation auprès de l'Agence nationale de la recherche et son homologue roumain, l'Autorité nationale de recherche scientifique.

Leur but final est de créer un panorama numismatique compréhensible décrivant la transition entre le monde hellénistique et le monde romain du IIIème au Ier siècle avant-JC. Après l'étude des monnaies grecques et romaines, les équipes de recherche veulent analyser la production locale. Le projet devrait être divisé en deux grandes parties. La première consisterait à élaborer d'une carte numérique localisant les découvertes des monnaies grecques ou locales de la région (datant du IIIème au Ier siècle avant- JC.). Cette carte numérique disposerait en annexe d'un album photographique de chaque pièce découverte qui illustrerait la catégorie et le type de celle-ci. La seconde partie décrirait le contexte et la problématique historique de ces productions de monnaies, par la publication d'articles et l'organisation et la participation à des conférences thématiques.

Le problème le plus important est la capacité de développer une méthodologie efficace adaptée à une question spécifique : la reconnaissance de pièces locales. En effet, les pièces grecques et romaines étaient le résultat d'un procédé industrialisé qui permettait la production de milliers de pièces très semblables que ce soit au niveau du type, du poids, de l'alliage ou des inscriptions gravées sur la pièce. Pour les identifier, des publications initiées depuis le 19ème siècle peuvent être consultées. A l'inverse, les pièces locales (souvent appelées "imitations barbares") étaient produites de manière temporaires et en petit nombre. La plupart étaient des copies des pièces en circulation, mais elles ont ensuite réinterprétées les types existants ce qui leur a donné des spécificités locales. Toutes ces différentes pièces sont sans légende et la seule manière de les dater et de les attribuer à un peuple est de collecter des pièces découvertes, de les localiser, et d'en faire des photos.

Le principal objectif scientifique du projet serait le développement des connaissances sur la monétarisation des sociétés de l'Antiquité. Il est important de comprendre comment et pourquoi la société décide soudainement de produire une monnaie. Il est nécessaire d'identifier les groupes qui ont produit ces pièces de monnaie, de comprendre la chronologie et la relation avec les autres monnaies en circulation. Ces pièces étaient-elles la conséquence d'une recherche de moyens d'identification? Du rôle de rois locaux? Pour répondre à ces questions une approche sociale de la numismatique est nécessaire. Les conclusions seraient importantes pour toutes les sociétés qui étaient en contact avec les civilisations méditerranéennes. Celles-ci, des Celtes aux Huns, sont passées par une phase d'acculturation, adoptant certains aspects des civilisations méditerranéennes. Les tribus de la Gaule, des Balkans, tous les pays envahis par Rome, mais aussi tous les Barbares qui envahirent l'Empire Romain ont connu une période d'acclimatation, lorsque, à la frontière de l'Empire, ils ont commencé à imiter le mode de vie romain, copiant leurs institutions, leurs pièces de monnaie, etc.

Une enquête approfondie de ce processus à travers l'étude détaillée des relations entre la monnaie et les relations économiques peut éclairer des évolutions similaires au cours de l'Histoire. D'un point de vue différent, dans une période où la monnaie européenne actuelle fait l'objet de critiques, il est toujours important d'insister sur le fait qu'il y a une tendance naturelle à élaborer des unions monétaires et d'adopter des monnaies supranationales.

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Pour en savoir plus, contacts :

- [1] Collection Moneta - http://www.moneta.be
- AOROC - http://www.archeo.ens.fr/

Code brève
ADIT :
73380

Rédacteurs :

- M. Georges Depeyrot, Directeur de recherche CNRS - UMR 8546 AOROC - email : georges.depeyrot@orange.fr
- M Bertrand de Boisdeffre, Chargé de mission pour la coopération scientifique - Institut Français de Roumanie - email : bertrand.boisdeffre@diplomatie.gouv.fr

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Origine :

BE Roumanie numéro 23 (21/06/2013) - Ambassade de France en Roumanie / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/73380.htm
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