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Technologies Internationales 134  >>  1/05/2007

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Climatologie

Les activités britanniques de recherche en milieu polaire

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/134_03.htm

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Par son histoire, le Royaume-Uni possède des liens étroits avec les régions polaires. Des recherches nombreuses et pluridisciplinaires en milieu polaire font du Royaume-Uni un acteur central à l'occasion de cette Année polaire internationale 2007-2008.

Cet article a été préparé par Frédérick Chardin à partir du rapport "La recherche britannique en milieu polaire" réalisé par Anne Prost du service pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France au Royaume-Uni, que nous remercions pour sa collaboration.
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Glossaire :

[1] Cabinet : composé des ministres et secrétaires d'Etat les plus seniors du Gouvernement britannique choisis par le Premier ministre.

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La présence scientifique britannique aux pôles date de près de deux siècles, initiée à l'origine par des volontées commerciales et territoriales. Ainsi, les noms de Cook, Shackleton, Ross ou encore Scott expriment cette tradition britannique d'exploration et de navigation dans les régions polaires. Aujourd'hui l'héritage de ce passé fait du Royaume-Uni un pays leader dans le domaine de la recherche scientifique en milieu polaire, principalement sur le territoire Antarctique. A l'occasion de la quatrième Année polaire internationale 2007-2008, qui trouve un écho important auprès de l'opinion, du fait d'une prise de conscience collective des effets du changement climatique, le recherche britannique en milieu polaire est mise en avant. Elle offre un large panorama de disciplines et dispose de moyens importants.

L'action scientifique britannique aux pôles est ancienne et extrêmement importante et stratégique, surtout dans le cas de l'Antarctique. Le conseil de recherche Natural Environment Research Council (NERC) assure la gestion et le financement des programmes de recherche, en soutenant en priorité le British Antarctic Survey (BAS) (voir "Le British Antarctic Survey (BAS)" en fin d'article).


Il est en cela amené à collaborer avec d'autres organismes scientifiques britanniques, en premier lieu le conseil de recherche Particle Physics and Astronomy Research Council (PPARC), dont la présence est plus marquée en Arctique mais aussi le Department for Environment, Food and Rural Affairs (DEFRA, le ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales). Mais le NERC doit également composer, en ce qui concerne l'Antarctique, avec le Foreign and Commonwealth Office (FCO) voire même le Cabinet [1]. Les recherches financées par le NERC couvrent des domaines variés comme l'étude de l'influence des régions polaires sur le climat global, l'étude de l'impact du réchauffement climatique sur la glace polaire et les aires continentales, ou encore l'étude de la vie en basse températures ou la gestion durable des ressources marines. Enfin les pôles constituent également un espace privilégié pour les scientifiques dans l'étude de l'atmosphère terrestre.

L'antarctique un territoire prioritaire

Le soutien du NERC dans le domaine de la science polaire diffère considérablement entre l'Arctique et l'Antarctique. Il n'existe pas pour la recherche arctique de puissant institut comme le British Antarctic Survey (BAS), excepté sur la base britannique de Ny-Alesund, au Spitzberg, gérée par le NERC. Les efforts scientifiques en faveur de l'Antarctique s'appuient principalement sur le BAS, qui gère en particulier les moyens logistiques engagés au Sud. Toutefois, toute la recherche antarctique britannique n'est pas menée qu'à travers le BAS, d'une part parce que le NERC distribue des financements à des départements de recherche universitaires extérieurs, à travers des bourses (grants) classiques ou à travers l'Antarctic Funding Initiative (AFI), mais aussi parce que le PPARC finance également des travaux de recherche en Antarctique.

Dans son programme de recherche pour 2005-2010 (voir "Les 8 programmes de recherche du BAS 2005-2010" en fin d'article), intitulé "Global Science in the Antarctic Context" (GSAC), le BAS aspire à devenir, d'ici 2012, un centre mondial de premier plan pour les sciences globales dans le contexte antarctique. Son ambition est d'être un Institut pour les sciences du système terrestre qui utilise son accès privilégié à l'Antarctique pour aborder les questions scientifiques liées au système terrestre. Le GASC s'articule autour de huit programmes de recherche interconnectés (GEACEP, CACHE, GRADES, BIOFLAME, DISCOVERY 2010, ACES, SEC, COMPLEXITY) traitant de quatre grands thèmes, qui s'intègrent dans une perspective scientifique globale couvrant une période de temps s'étendant de 30 millions d'années avant notre ère aux 300 années à venir. Ces thèmes abordés sont : les signaux régionaux et globaux de changement notés en Antarctique ; la biodiversité et l'évolution dans les communautés antarctiques ; la science de l'océan austral ; l'intégration dans le système terrestre. En parallèle de ces programmes de recherche, le BAS poursuit un programme inititulé Long-Term Monitoring an Survey (LTMS) qui se fonde sur les relevés temporels de variables environnementales (températures, couche d'ozone, ...) pour mesurer les changements et la variabilité dans le système terrestre. Enfin, les scientifiques peuvent compter sur les ressources de l'Antarctic Environmental Data Centre (AEDC), centre de traitement de l'information du NERC pour l'Antarctique, qui assure la gestion sur le long terme de toutes les données du BAS et sur le Mapping and Geographic Information Centre (MAGIC), qui prépare et gère les cartes utilisées dans le cadre des activités du BAS en Antarctique, à partir de photographies aériennes, d'images satellite et des informations topographiques et bathymétriques relevées sur le terrain.

Une politique de partenariats

Les travaux de recherche du BAS dans le cadre du GASC s'inscrivent dans le cadre de collaborations multiples sur le plan national et international. Ainsi il collabore avec plus de 40 universités et centres de recherche britanniques et plus de 70 liens de collaboration ont été mis en place avec des partenaires étrangers. Parmi les collaborations engagées l'on peut citer, le partenariat stratégique mis en place avec le Polar Research Institut of China pour une présence commune sur le plateau antarctique Dôme A, l'accueil de scientifiques étrangers à Rothera, les collaborations avec les Etats-Unis (United States Geological Survey) pour l'étude des changements des glaciers et des barrières de glace autour des côtes de la péninsule, avec l'Italie pour l'étude aérienne du bassin sous-glaciaire de Wilkes, ou encore avec le laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'environnement de Grenoble (LGGE) pour le carottage sur l'île de Berkner. Le BAS participe également à des projets internationaux, comme ce fut le cas pour le programme européen European Project for Ice Coring in Antarctica (EPICA) : ceux-ci incluent le World Climate Research Programme (WCRP), l'International Geosphere- Biosphere Programme (IGBP) ou la Convention sur la diversité biologique. Le BAS n'est toutefois pas le seul institut actif dans le domaine de la recherche en Antarctique, plusieurs instituts de recherche du NERC, participent activement, souvent en collaboration avec le BAS, à la recherche en Antarctique, comme le Sea Mammal research Unit, le National Oceanography Centre Southampton (NOCS), le Centre for Polar Observation & Modelling (CPOM), le British Geological Survey (BGS), le Proudman Oceanographic Laboratory (POL) ou encore le Scott Polar Research Institute (SPRI). Parmi les axes de recherche prioritaires en Antarctique, le Royaume-Uni travaille sur les sciences de l'atmosphère en particulier via le National Centre for Atmospheric Science (NCAS), centre collaboratif virtuel du NERC auquel sont associés 42 institutions britanniques dont le BAS. Ces recherches sont menées avec le soutien du PPARC qui finance des expériences sur le continent austral.

Des activités en Arctique

Le Royaume-Uni est également présent en Arctique, même si les activités de recherche sont moins importantes qu'en Antarctique. Elles sont caractérisées par la présence d'une seule base du NERC qui se trouve dans la station de Ny-Alesund, sur l'île du Siptzberg et est gérée par le BAS, et par le fait que le PPARC y consacre plus de ressources que le NERC, il y finance notamment les travaux sur la physique des relations Terre-Soleil (Solar Terrestrial Physics - STP). Toutefois, les chercheurs britanniques mènent des recherches de grande qualité en Arctique dans les domaines couverts par le NERC. Le BAS y exerce aussi des activités, dans les limites de ses possibilités (5% de ses dépenses), avec l'ambition de devenir un institut de recherche bi-polaire. Toutefois son statut ne lui permet à ce jour de mobiliser ses moyens en Arctique, le FCO restant très soucieux de la présence stratégique britannique en Antarctique.

Une action internationale

Le Royaume-Uni fait parti des acteurs majeurs dans les organisations internationales polaires, en particulier à travers l'implication de ses chercheurs. Ainsi, le Scott Polar Research Institute assure le secrétariat et héberge le Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR, Scientific Committee on Antarctic Research) organisme non gouvernemental qui fédère les académies des sciences nationales, dont la mission consiste à initier, développer et coordonner des activités de recherche scientifiques internationales de qualité sur la région antarctique et sur le rôle joué par la région dans le système terrestre. Il héberge également l'un des trois centres mondiaux des données de glaciologie (WDCGC, World Data Centre for Galciology, Cambridge) de l'ICSU ainsi que le secrétariat de la Société internationale de glaciologie (IGSOC). Le BAS participe, depuis 1988, au Conseil des directeurs des programmes nationaux relatifs à l'Antarctique (COMNAP) dont le but est de coordonner et mettre en place des systèmes de soutien logistique et opérationnel efficaces en Antarctique. Enfin, le Royaume-Uni fait partie, à travers le NERC, du Bureau européen pour la science polaire (EPB - European Polar Board) et du Consortium polaire européen (EPC - European Polar Consortium).

A l'occasion de la quatrième Année polaire internationale (API), le Royaume-Uni joue également un rôle important en hébergeant depuis novembre 2004 le bureau international pour la programmation de l'API, le NERC ayant offert de financer ce bureau jusqu'en 2010. De plus il souhaite profiter de cet événement pour mobiliser ses moyens de recherche dans le but de redresser, dans une certaine mesure, le déséquilibre qui existe entre les activités scientifiques britanniques en Arctique et en Antarctique, ceci dans le cadre de projets de recherche internationaux en région arctique.

Le point sur :

Le British Antarctic Survey (BAS)

L'institut qui couvre le territoire britannique de l'Antarctique a été ainsi nommé en 1962. Ce territoire est composé des zones situées au sud de la latitude 60 °S et limitées par les longitudes 20 °W et 80 °W. Il inclut les îles Orcades du Sud, les îles Shetland du Sud, la péninsule antarctique montagneuse et toutes les îles adjacentes, ainsi que la zone terrestre s'étendant jusqu'au pôle Sud. Le BAS est sous tutelle du NERC et du FCO. Il est composé de scientifiques et de techniciens.

Missions :
- entreprendre un programme de recherche scientifique du meilleur niveau ;
- assurer une présence britannique active et influente en Antarctique ;
- jouer un rôle de premier plan dans les affaires antarctiques.

Effectifs :
plus de 400 personnes

Moyens :
- 5 stations de recherche (Rothera, Halley V, Bird Island, King Edward Point, Signy) ;
- 5 avions (4 Twin-Otters et 1 Havilland Dash-7) et 2 navires polaires (RSS James Clark Ross, RSS Ernest Shackleton) ;

Budget (2005-2006) :
75 millions d'euros.

Les 8 programmes de recherche du BAS 2005-2010


GEACEP : Greenhouse to Ice-House Evolution of the Antarctic Cryosphere and Palaeoenvironement
CACHE : Climate and Chemistry : Forcings, Feedbacks and Phasings in the Earth System
GRADES : Glacial Retreat in Antarctica and Deglaciation of the Earth System
BIOFLAME : Biodiversity, Function, Limits and Adaptation from Molecules to Ecosystems
DISCOVERY 2010 : Integrating Southern Ocean Ecosystems into the Earth System
ACES : Antarctic Climate and the Earth System
SEC : Sun Earth Connections
COMPLEXITY : Natural Complexity Programme

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Pour en savoir plus :

- NERC, http://www.nerc.ac.uk
- British Antarctic Survey, http://www.bas.ac.uk
- PPARC, http://www.pparc.ac.uk
- Année polaire internationale, http://www.annee-polaire.fr, http://www.ipy.org
- Année héliophysique internationale, http://ihy2007.org
- Scott Polar Research Institute, http://www.spri.cam.ac.uk
- Comité scientifique pour la recherche antarctique, http://www.scar.org
- Antarctica on line, http://www.antarcticaonline.com/antarctica/home/home.htm A lire également :
- Traité de l'Antarctique, http://redirectix.bulletins-electroniques.com/XPnbS

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Origine : Technologies Internationales 134 (1/05/2007 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/134_03.htm
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