spacer

Technologies Internationales 136  >>  1/07/2007

Tous les articles parus >>

spacer

Espace

Les microsatellites sauvent l'industrie spatiale britannique

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/136_05.htm

Copyright © ADIT - Tous droits réservés

Face aux pressions concurrentielles croissantes de pays émergents, le Royaume-Uni doit maintenir une dynamique compétitive maximale. Son atout : des gammes de petits satellites, adaptables et multifonctionnels.

Cet article a été préparé par Arnaud Queyrel à partir du rapport "Au coeur de la recherche spatiale britannique : les technologies satellitaires" réalisé par Xavier Thierry, du service pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France au Royaume-Uni, que nous remercions pour sa collaboration.
Télécharger ce rapport
en version pdf (gratuit)
 >>

Focus :

Le SSTL Modular Microsatellite

Ce microsatellite se présente sous la forme d'un empilement de plateaux contenant les composants électroniques permettant la télécommande de l'engin. Cet empilement forme la structure mécanique du satellite, autorisant une utilisation optimale de son volume interne. L'électronique embarquée donne la possibilité, entre autres choses, de stocker et de traiter des données, mais aussi d'effectuer un raccordement extérieur.
La charge utile du satellite vient se loger au sommet de cet empilement. Le premier modèle proposé par SSTL était le SSTL Microsat-70.

La concession Galileo échappe au privé

La palinodie administrative autour de Galileo a joué un nouvel acte. En effet, la concession du futur GPS européen échappe finalement aux sociétés privées (comme Alcatel-Lucent, Hispasat et EADS) puisque l'Europe en reprend seule la concession. Et le lancement de l'essentiel des satellites de la constellation est repoussé à 2013. Suite à ce changement de cap, l'annonce de la naissance (le 28 mars dernier à Toulouse) de la société concessionnaire de Galileo qui devait être pilotée depuis cette ville (voir l'article "La Chine, puissance spatiale en plein essor", Technologies Internationales n° 134) devient donc caduque. Mais la concession devrait repasser au privé dans les étapes ultérieures du processus, à l'instar de opérations qui ont prévalu au montage puis à la gestion d'Eurotunnel. "Initialement, la concession privée devait être prête d'ici à 2009 à prendre le projet à sa charge, à construire et à lancer les 26 satellites restant et à gérer la constellation pour les vingt prochaines années" (d'après Cordis Focus n° 277).

Pour recevoir les prochaines parutions, abonnez-vous à "Technologies Internationales" :

Abonnement par email (gratuit) >>

Abonnement version papier >>

Tout savoir sur
Technologies Internationales
 >>

Abonnés version papier :

Téléchargez ici la version pdf >>

Transmettre cet article
par email
 >>

Recommander ce site
à un collègue / ami
 >>

Les articles de "Technologies Internationales" classés par thèmes :

FAQ / foire aux questions >>

Conditions d'utilisation >>

Flux RSS >>


Par ses propres programmes et ses participations majeures à ceux de l'Europe, le Royaume-Uni démontre encore son savoir-faire et sa maîtrise des technologies satellites. Toutefois, la poussée des pays émergents (dans le secteur des télécoms spécialement) force les opérateurs spatiaux britanniques à innover toujours plus, à diversifier leurs offres concomitamment à des stratégies industrielles plus "rustiques" et à coûts réduits.

Le Centre spatial national britannique BNSC (British National Space Centre), organisme coupole et de soutien des activités spatiales civiles britanniques, disposait, sur l'année 2005- 2006, d'environ 310 millions d'euros. Une manne, à rapporter aux quarante-cinq collaborateurs de l'agence, qui se répartit spécialement vers les programmes de développement de microsatellites appelés à diversifier et à pérenniser le savoir-faire comme l'offre anglaise sectoriels. Car, capitalisant sur son expertise historique et sa grande maîtrise des technologies satellitaires issue tant du secteur public que privé, le Royaume- Uni travaille à positionner durablement cette industrie à l'aune de la rude offensive technico-économique que préparent les pays émergents. Des pays qui menacent de détrôner, ou au moins de malmener et déstabiliser (par le brouillage de l'offre, la bataille sur les coûts,...), la compétitivité du pays en matière satellitaire.


Très proactif en cette matière, le Royaume-Uni entame la commercialisation à l'échelle industrielle de petits satellites à bas coûts et temps de fabrication réduit (en particulier pour les télécoms). Cette offensive commerciale, qui se veut décisive et déterminante, constitue un volet essentiel de ses stratégie et politique prospective pour maintenir la compétitivité nationale sectorielle sur un marché planétaire.

Les opérateurs du secteur spatial britannique

Sans surprise, les activités de recherche britannique en technologies satellitaires ne forment qu'un avec la stratégie spatiale nationale. Les principaux acteurs du secteur conjuguent ainsi leurs expertises, au travers de programmes nationaux ou internationaux, en faveur du développement de la filière. Parmi les opérateurs publics figurent tant des ministères et conseils de recherche que les universités disposant de départements dédiés aux recherches satellitaires. Quant au secteur privé, il correspond aux nombreuses entreprises positionnées sur les différents échelons des développements technologiques et leurs applications satellitaires : en particulier celles des secteurs de l'espace, des télécommunications (aux contributions très directes à la filière) et des transports.

Et le BNSC, qui chapeaute l'ensemble des activités commerciales et non commerciales sectorielles, réunit des représentants des ministères et conseils de recherche aux affaires spatiales. Parmi eux, en concentrant ici l'attention sur les acteurs de l'environnement, figurent le ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales, le Conseil de recherche en environnement et l'organisme public national de météorologie. Trois organismes concernés au premier chef ou à l'intérêt prononcé pour les technologies satellitaires (nonobstant donc l'intérêt des organismes non cités ici) : pour les deux premiers, en effet, les satellites d'observations terrestres constituent des outils désormais indispensables - et incontournables - au déploiement des stratégies environnementales nationales inscrites au coeur des problématiques climat. Car ils permettent, en particulier, l'évaluation des ressources naturelles, de leur qualité et disponibilité (en particulier de ressources comme l'eau). Quant à l'opérateur public météo, son intérêt envers les technologies satellites s'explique, in fine, par leur capacité à lui offrir des prévisions météorologiques de plus en plus fines.

Les têtes de pont technologiques

Au Royaume-Uni, les connaissances de quelques sociétés spécialistes des technologies satellitaires irriguent ensuite les sociétés applicatrices comme celles du secteur des télécoms. Au premier rang des spécialistes : Surrey Satellite Technology Ltd (SSTL - voir "Le SSTL Modular Microsatellite" ci-contre) et EADS Astrium. Ces deux entreprises en particulier ont contribué à positionner leur pays en pointe, au niveau mondial, de la conception de systèmes satellitaires très performants voire inédits. Ce paysage technologique a façonné les cinq grands domaines d'excellence de l'industrie spatiale britannique : plates-formes et charges utiles des satellites, antennes et simulateurs de signaux radars, applications contrôlées à distance, l'instrumentation et les laboratoires d'essais.

Pour revenir à SSTL, créée en 1985 par un transfert technologique vers l'industrie des savoir-faire de l'université de Surrey en matière de petits satellites, elle connaît le succès cinq ans plus tard, avec son SSTL Modular Microsatellite.

Un succès qu'explique la forte adaptabilité et souplesse d'utilisation du système : en effet, tandis qu'il transporte jusqu'à 25 Kg de charges utiles, il ajoute à sa compatibilité multilanceurs (dont Ariane 4) une utilisation multiapplications, pour l'observation terrestre, les télécoms ou d'autres applications militaires. Et SSTL fournit son propre matériel d'instrumentation (panneaux solaires, récepteurs et transmetteurs de télécommande du satellite, etc.). En outre, autour des capacités de son Modular Microsatellite, la société a diversifié son offre avec des satellites les uns encore plus légers (gamme des nano-satellites, jusqu'à 4 kg de charge utile) et les autres, les mini-satellites, pouvant supporter jusqu'à 200 Kg de charge utile.

Quant à EADS Astrium, filiale du groupe européen EADS spécialiste en aérospatiale et aéronautique, elle occupe la première place européenne pour la fabrication de systèmes satellitaires. Les équipements de cette société, aussi l'un des plus gros producteurs mondiaux de satellites, couvre un large éventail d'applications depuis l'observation terrestre, militaire et météorologique en passant par les télécommunications et (avec son implication dans Galileo). A ce sujet, Astrium doit développer Giove-B, le second satellite d'essai de Galileo (voir "La concession Galileo échappe au privé" ci-contre).

Les microsatellites comme clé du succès

La forte compétence spatiale britannique a débouché jusqu'à présent sur le lancement de plusieurs dizaines de satellites (purement nationaux). Aujourd'hui, vingt-trois gravitent encore en orbite. Aux dernières actualités de ces programmes satellitaires se place Immersat-4, aux deux premiers satellites lancés en 2005. Le troisième et dernier satellite, désormais terminé, de cette (petite) constellation devra toutefois se contenter d'une place au sol, comme matériel de rechange. Quoi qu'il en soit, cette quatrième série de satellites de télécommunications fabriqué par EADS Astrium - pour le compte de la société de télécoms éponyme Immersat - constitue une vitrine technologique et un fleuron du savoir-faire britannique en terme de télécommunications spatiales.

En effet, ses performances ont permis d'étendre la couverture de réseaux terrestres de troisième génération, tels l'UMTS, notamment pour la téléphonie et l'accès Internet haut débit sur applications mobiles. Désormais, le nouveau service de réseau mondial large bande BGAN (Broadband Global Area Network) ouvert par Immersat-4 (à la zone de couverture reprogrammable en orbite) couvre la plus grande partie du globe. Maintenant, pour asseoir la suprématie technologique britannique en petits satellites - clé de voûte de la stratégie nationale de démarcation concurrentielle - et stimuler l'essor de cette industrie, le BNSC a lancé et cofinancé, à partir de 1999, des missions de démonstration de microsatellites. Parmi les trois missions du programme MOSAIC (MicrO Satellites Application in Collaboration), la mission UK-DMC vise à l'observation et au contrôle des catastrophes naturelles par une constellation de satellites. Qui a conçu ces satellites - d'une résolution au sol de 32 m pour une largeur de portée de 640 km ? Réponse : SSTL.

Par ailleurs, les techniques de réflectométrie GPS testées dans ce programme offrent aujourd'hui la possibilité notamment de déterminer la hauteur de vagues (par l'analyse d'un signal GPS réfléchi en surface). De telles capacités technologiques peuvent permettre de comprendre la formation des vagues géantes dites "scélérates" (car imprévisibles), responsables du naufrage de grands navires. De surcroît, les images de surveillance en haute définition fournies par ces satellites peuvent, par leur extension planétaire, bénéficier au monde entier.

De stratégies en cas concrets

A côté de sa stratégie industrielle de production de petits satellites (visant à réduire les coûts et durées de fabrication de satellites destinés aux pays émergents à fort développement télécoms), le Royaume-Uni entend aussi conforter et dynamiser ses positions par sa nouvelle stratégie UK Civil Space Strategy 2007-2010. Parmi ses priorités : renforcer l'offre de systèmes plus performants, multiplier les partenariats (au sein du Gouvernement) en matière spatiale pour résoudre les problèmes sociétaux et environnementaux et prolonger son action européenne de premier plan. Le tout développé avec une vision programmatique prospective de formations satellitaires, satellites multiusages ou encore de gestion de débris spatiaux.

Très concrètement à l'heure actuelle en matière d'environnement, SSTL travaille à la fabrication de plates-formes satellites à orbite terrestre basse dans le cadre du programme russe d'observation terrestre KANOPUS (notamment la surveillance des ressources en eau, des émissions polluantes et des catastrophes naturelles dont l'assistance à la prédiction des tremblements de terre). Le contrat signé fin mars 2007 avec Russian Research and Production Enterprise Pan-Russian Research Institute for Electromechanics et Radioexport of Russia fixe la fourniture de plusieurs de ces équipements, pour un premier satellite lancé en 2008.

A propos de son implication européenne, et pour se placer sur le plan financier, bien que seuls des partenaires britanniques injectent les fonds dont dispose le BNSC, cet organisme les répartit ensuite non seulement vers les opérateurs (civils) britanniques mais aussi, plus largement, vers des acteurs européens de la recherche et du développement du secteur spatial. En effet, deux tiers de ces fonds ont alimenté les grands programmes spatiaux de l'ESA comme Cassini-Huygens (le télescope spatial) et Galileo. Toutefois, ces contributions bénéficient ensuite aux industriels britanniques, selon le principe du "juste retour", à travers des contrats obtenus par le BNSC pour un montant équivalent à l'ensemble de ses investissements de départ.

spacer

spacer

spacer

spacer

Origine : Technologies Internationales 136 (1/07/2007 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/136_05.htm
spacer

spacer

[  plan du site  |  données personnelles & politique de confidentialité  |  limites de responsabilité  |  faq  |  nous contacter  ]

spacer

[  page d'accueil  |  découvrir  |  consulter  |  recevoir  |  rechercher  |  utiliser  |  s'exprimer  ]

spacer

bulletins-electroniques.com tous droits réservés   -   votre contact : François Moille

4444444007 999920080703 6666666026 1010101008 1010101020