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Technologies Internationales 140  >>  1/12/2007

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Filières végétales

Végépolys : une évidence pour les Pays de la Loire

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/140_08.htm

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Pôle de compétitivité pour le végétal spécialisé, Végépolys, avec ses huit filières, dispose dans ces domaines des compétences uniques en Europe. Sa priorité pour 2008 : se développer à l'international, notamment en Chine.

Article rédigé par Jean-François Desessard.

Focus :

Portrait chiffré : Végépolys

- 10 projets labellisés et financés en 2006-2007, dont 4 dans le cadre du FUI au niveau national et 6 dans le cadre d'appels d'offres de la région.
- Sur ces 10 projets, 3 portent sur la création variétale, 2 concernent la qualité sanitaire des semences et 2 s'intéressant à l'aspect santé et bien-être des plantes.
- 2 projets labellisés et déposés en attente de financement.
- 1 projet financé par l'ANR en 2007.
- 3 projets en émergence, labellisés début 2008.
- Budget annuel du pôle : 500.000 euros.

Les huit filières de Végépolys

- Horticulture ornementale
- Semences
- Arboriculture
- Viticulture
- Maraîchage
- Plantes médicinales et aromatiques
- Champignons
- Cidre

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Parmi les 71 pôles de compétitivité labellisés présents sur le territoire français, 6 développent des activités centrées sur les végétaux. L'un d'entre eux, Végépolys, localisé dans la région des Pays de la Loire, a pour principale originalité de s'être positionné sur 8 filières du végétal spécialisé. Fort d'un potentiel de 4.000 entreprises, 25.000 emplois, 300 chercheurs et 2 500 étudiants, ce pôle, créé initialement pour sauvegarder l'emploi au sein de filières, pour certaines très fragilisées, dispose ainsi d'un terreau de compétences à la hauteur de ses ambitions. Priorité de ce pôle pour 2008 : son développement à l'international, en particulier en Chine, dans le Shandong, principale région horticole de ce pays, mais également en Inde. D'où l'importance du Plant International Meeting (PIM), le rendez-vous des acteurs mondiaux de l'innovation végétale, organisé les 14 et 15 janvier 2008 à Angers.

Végépolys est né de la nécessité de sauvegarder l'emploi dans la région des Pays de Loire.
Dans un contexte où beaucoup d'emplois du secteur informatique avaient en effet disparu au cours des dernières années, en particulier dans la ville d'Angers, les collectivités locales se sont donc tournées vers les filières végétales quand le gouvernement de Dominique de Villepin a lancé son appel à projets visant à créer des pôles de compétitivité dans les régions françaises. Nécessitant de beaucoup de main d'oeuvre, et pour quelques-unes de beaucoup d'énergie, il est vrai que certaines de ces filières étaient alors fragilisées, voire confrontées à de graves difficultés comme la filière du champignon. De son côté, l'arboriculture fruitière venait de traverser quelques années difficiles. Néanmoins, plusieurs de ces filières occupaient une position de leader au niveau national. Telle était donc globalement la situation quand s'est présentée l'opportunité de créer un pôle de compétitivité centré sur le végétal spécialisé, et de conforter ainsi des filières d'excellence. Il était impossible de ne pas la saisir d'autant plus qu'Angers et ses environs regroupent des compétences scientifiques sur les filières végétales spécialisées qui en font un pôle unique en Europe. Rappelons en particulier que l'Office européen des variétés végétales est basé à Angers.

Ainsi est né Végépolys (voir "portrait chiffré" ci-contre). Cela dit, si le potentiel scientifique de la région à inciter les collectivités à se lancer dans ce projet, il a fallu que les professionnels des différentes filières du végétal spécialisé se l'approprient au travers de la création du Comité interprofessionnel du végétal spécialisé qui a porté la gouvernance du pôle avec les chambres consulaires et les filières professionnelles. Après cette période de maturation, la gouvernance a été ouverte aux secteurs de la recherche et de la formation courant 2007. "Ainsi, le pôle repose aujourd'hui sur les trois piliers essentiels à son développement que sont l'entreprise, la recherche et la formation", souligne Jean de Balathier, un ingénieur agronome qui a pris la direction de Végépolys depuis 6 mois, après avoir travaillé essentiellement dans l'industrie de la semence.

Preuve que "la mayonnaise commence à prendre", le nombre d'adhérents au pôle qui ne cesse de progresser à chaque conseil d'administration. "Végépolys compte à ce jour 130 adhérents, alors qu'ils n'étaient qu'environ 70 il y a un an". Autre motif de satisfaction, le fait que quasiment tous les laboratoires présents soient impliqués dans un ou plusieurs projets. Sans doute est-ce la raison pour laquelle Végépolys, désormais parfaitement structuré, est entré dans une nouvelle dimension, celle de l'innovation qui passe par le développement de projets. "Certains penseront peut-être que nous ne présentons pas beaucoup de projets au FUI (Fonds Unique Interministériel). Il faut reconnaître que les montages sont assez compliqués dans nos filières. Pour autant, il faut souligner que tous obtiennent leur labellisation".

42 Entreprises impliquées dans dix projets labellisés

Aujourd'hui, 42 entreprises sont impliquées dans les dix projets labellisés et financés pour 2006-2007 que Végépolys compte en portefeuille. "Ce sont des projets collaboratifs qui, pour certains, regroupent des entreprises de taille modeste", note Jean de Balathier qui précise qu'au total ce sont environ 8,5 millions d'euros qui sont mobilisés sur ces projets, dont 4 millions d'euros proviennent de financements publics. Des données particulièrement encourageantes pour la gouvernance du pôle même si sur les huit filières qu'il compte toutes ne progressent pas au même rythme. Certes il y a les "locomotives" en matière de projets collaboratifs comme l'arboriculture, le maraîchage, les semences, l'horticulture ornementale mais aussi la cidriculture. De son côté, la viticulture a deux projets en cours de montage, alors que les plantes médicinales en comptent un seul. Reste le champignon qui n'a pas encore de projet, un secteur pour lequel Jean de Balathier estime néanmoins qu'il devrait être possible à terme de mobiliser des énergies et des moyens, et évidemment le tabac.

Parmi tous les projets labellisés, Basele et Innovargalgue sont assurément représentatifs de l'activité de Végépolys (voir "Basele : quatre produits, une même problématique" et "Innovargalgue : stimuler les défenses naturelles des plantes" en fin d'article). On peut également citer "Fruits à pépins", un projet mené par l'Inra, en collaboration avec un groupement de 20 pépiniéristes, dont l'objectif est de renouveler le verger à pommes en apportant des variétés nouvelles résistantes aux maladies comme la tavelure ou l'oïdium. "D'une durée de quatre ans, ce type de projets s'inscrit dans des programmes de recherche amont beaucoup plus longs. "Créer une variété de pommier depuis le croisement de deux fleurs jusqu'à la mise sur le marché des plants de pommiers, cela demande 25 ans", rappelle le directeur de Végépolys. Un autre projet équivalent, celui-ci sur la carotte, vise à pouvoir fournir à terme aux entreprises privées des outils de caractérisation du phénotype, ce qui leur permettra d'optimiser l'efficacité dans leurs travaux. Toujours sur la carotte, un second projet s'intéresse plus particulièrement aux pigments des différents types de carottes cultivées dans le monde et à la valeur alimentaire de chacun de ces pigments. L'idée de ce projet, qui associe des industriels du secteur des semences et une entreprise travaillant sur les compléments alimentaires, est d'apporter une segmentation nouvelle sur le marché à travers une palette de nouveaux produits aux qualités nutritionnelles spécifiques.

2008, priorité au développement international

Progressivement, Végépolys atteint son régime de croisière. Il lui reste à présent à se faire connaître, en particulier à l'étranger, et notamment en Chine. "Dans cette démarche, nous sommes fortement accompagnés par la Région et les collectivités territoriales. Dès le début de l'année 2008, un chargé de mission intégrera l'équipe du pôle avec pour objectif de développer nos projets internationaux", signale le directeur de Végépolys. Des actions collectives sont d'ores et déjà programmées. Rappelons qu'en 2007, une mission exploratoire a été menée en Chine par Végépolys avec l'appui de la Région, de la CCI et de la Chambre régionale d'agriculture.

Ainsi plusieurs entreprises représentatives des différentes filières du pôle se sont rendues dans la province du Shandong, située dans le nord-est de la Chine, où la région des Pays de la Loire dispose déjà d'un bureau. La Chine représente en effet un axe très fort de la Région. "Heureux hasard, cette province qui compte 100 millions d'habitants est la principale région horticole de la Chine. On y trouve aussi des vignobles, de l'arboriculture fruitière et du maraîchage. Par conséquent, ce jumelage constitue une formidable opportunité pour pénétrer le marché chinois", explique Jean de Balathier.

Mais au-delà de cette mission, le SIVAL 2008 (http://www.sival-angers.com), qui se tiendra à Angers à la mi-janvier, accueillera des acheteurs chinois, alors que dans le cadre des actions collectives, une délégation du pôle devrait se rendre à Canton, fin 2008, à l'occasion d'un salon. Les responsables de Végépolys compte également organiser une mission en Inde courant 2008. "D'autres pays nous intéressent tout particulièrement. Je pense notamment à la Turquie, mais aussi à Dubaï, qui constitue une véritable plaque tournante sur le Moyen-Orient pour l'horticulture", indique Jean de Balathier qui précise par ailleurs que le partenariat de Végépolys avec les cinq autres pôles de compétitivité français du secteur végétal s'inscrit totalement dans le développement de cette stratégie à l'international. "Il faut que nous puissions atteindre une taille critique pour pouvoir peser au niveau international. Si nous ne sommes pas capables dès demain de trouver des points de convergences ou d'investir dans des projets en commun, nous ne pourrons pas être compétitifs après-demain face aux Américains et aux chinois", lance-t-il.

Le point sur :

Valinov : un outil au service de l'innovation et du transfert de technologie

D'un côté, il y a les entreprises présentes au sein de Végépolys. Réparties en 8 filières et confrontées à des problématiques différentes, pour la plupart ces entreprises, plutôt proche de l'agriculture, sont petites et ne disposent pas de capacités de R&D importantes. De l'autre, il existe à Angers une recherche publique particulièrement bien développée avec 300 chercheurs dont la mission est essentiellement la recherche fondamentale. Aussi est-il difficile de les mobiliser sur l'ensemble des projets des multiples filières du végétal spécialisé. "Dans un tel contexte, le transfert de technologie, si nécessaire, s'avère être le maillon faible. D'où l'idée de mettre en place un outil qui permette d'aider les entreprises à conduire des projets d'innovation", explique Cécile Abalain, directrice adjointe d'Angers Technopole et responsable de Valinov.

Certes, avec Angers Technopole, le pôle Végépolys disposait déjà de capacités d'accompagnement et de montage de projets. Mais avec Valinov, les petites entreprises vont pouvoir désormais réaliser la R&D qui leur faisait tant défaut pour mettre en oeuvre des projets d'innovation. "Attention, Valinov n'a pas été créée uniquement pour offrir aux entreprises de la logistique et du montage de projet. Il s'agit avant tout de susciter chez eux ce nécessaire état d'esprit d'innovation", souligne la responsable de cette structure qui rappelle que celle-ci est co-financée par l'Etat, le conseil régional, le conseil général de Maine-et-Loire, Angers Agglomération, Saumur Agglomération et les FEDER.

Cela dit, si Valinov est un outil au service des entreprises des différentes filières de Végépolys, il a aussi une vocation nationale, voire internationale. "Accessible à toutes les entreprises, Valinov doit être un outil qui permet de démultiplier l'action de la recherche publique", insiste Cécile Abalain.

Contact - Cécile Abalain, directrice adjointe d'Angers Technopole et responsable de Valinov : cecile.abalain@ angerstechnopole.com

Basele : quatre produits, une même problématique

Depuis quelques années, les producteurs de légumes observent dans leurs cultures une augmentation croissante des dégâts causés par des bactéries. Ce problème est d'autant plus préoccupant qu'il s'avère difficile à maîtriser. C'est dans ce contexte qu'a été lancé le projet BASELE, labellisé par le pôle Végépolys. "C'est un projet qui a été initié par les producteurs de radis. Or ceux-ci se sont très vite rendus compte que les producteurs de mâche, mais aussi ceux qui cultivent le poireau et l'échalote, étaient confrontés au même problème", rappelle Hugues Decrombecque, directeur du Comité Economique Agricole Fruits et Légumes (CEAFL) du bassin Val de Loire et responsable de ce projet.

Six partenaires sont impliqués dans ce projet initié en 2006 et qui démarre en cette fin d'année 2007 pour une durée de trois ans : le Laboratoire de Pathologie Végétale de l'INRA d'Angers pour la recherche, l'ARELPAL de Nantes et la Fédération Nationale des Agriculteurs-Multiplicateurs de Semences (FNAMS) pour l'expérimentation et le conseil, deux industriels, Vilmorin et Clause Tezier, enfin le CEAFL du bassin Val de Loire. "Certes, ce ne sont pas les mêmes bactéries qui agissent pour chacun des quatre produits retenus pour ce projet. En revanche, ce sont les mêmes étapes que les chercheurs doivent franchir pour mieux appréhender le rôle de ces bactéries. Il faut commencer en effet par les identifier, puis déterminer leurs caractéristiques, voir comment lutter contre elles avant de valider les méthodes proposées". Cette nouvelle façon de travailler simultanément sur plusieurs produits permet ainsi de profiter plus largement de l'expérience de chaque partenaire et d'optimiser les coûts de chacune des étapes.

BASELE devrait permettre ainsi des avancées notables. "Pour certains produits, je pense en particulier à la mâche pour laquelle la bactérie est déjà identifiée, nous espérons être proche de la mise en place d'une méthode de lutte directe d'ici la fin du projet. En revanche, pour d'autres produits comme l'échalote, il va déjà falloir réussir à identifier la bactérie responsable", souligne Hugues Decrombecque qui reconnaît par ailleurs que sans Végépolys, un tel projet, doté d'un budget de 790.000 euros, n'aurait sans doute jamais vu le jour. "Nous avons de plus en plus besoin de jouer collectif. Or un pôle de compétitivité, s'il offre l'opportunité à des projets de trouver des financements, a pour principale mission de réunir des compétences autour d'une problématique et de susciter l'échange, ce qui est capital", estime-t-il.

Contact - Hugues Decrombecque : hdecrombecque@ valdeloire-fel.org

Innovargalgue : stimuler les défenses naturelles des plantes

C'est en août 2007 que Goemar, une PME d'environ 140 personnes qui consacre à la R&D près de 15% de ses 29 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 2006-2007, a reçu l'autorisation de commencer à travailler sur le projet "Innovargalgue", co-labellisé, ce qui est quasiment unique, par le pôle Végépolys et son homologue breton Valorial. Cette entreprise, dont les activités s'articulent autour des deux domaines que sont la santé végétale et la santé humaine, s'est en effet lancée dans le développement de ce programme de trois ans mené en collaboration avec IRMA (Institut de Recherche des Matériaux Avancés) basé à Lorient, le CERAFEL Bretagne à Saint-Pol-de-Léon et le CEAFL Val de Loire à Nantes - qui sont deux comités économiques des fruits et légumes - le laboratoire de Bretagne Biotechnologie Végétale (BBV), enfin l'INRA de Dijon et l'Unité Mixte de Recherche PaVé de l'INRA d'Angers.

Financé à la fois par l'Etat et les collectivités locales, Innovargalgue a pour but de développer des produits capables de se substituer aux pesticides. "Notre objectif d'ici à trois ans est de mettre au point deux produits distincts et/ou un produit associé, l'un ayant un mode d'action direct, donc préventif et curatif, l'autre stimulant les défenses naturelles, c'est-à-dire plutôt préventif", explique Jean-Marie Joubert, directeur du développement santé végétale au sein de l'entreprise Goemar. Issus du milieu naturel, ces produits font et feront l'objet de dépôts de brevets, que ce soit individuellement ou en commun.

La phase actuelle du programme consiste à sélectionner les meilleurs produits. Il s'agira ensuite de mettre en évidence leur véritable mode d'action. "Une fois ce projet achevé, il nous restera alors à mener tout un travail d'expérimentation au champ, durant environ deux ans, afin de pouvoir envisager le montage d'un dossier de demande d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM)", précise Jean-Marie Joubert. Un produit inoffensif, tant pour l'utilisateur que pour l'environnement, pourrait donc arriver sur le marché d'ici cinq ou six ans.

Contact - Jean-Marie Joubert : jmjoubert@goemar.com

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Pour en savoir plus :

- Vegepolys, Jean de Balathier, directeur, tél. : 02 41 72 17 37, jean.debalathier@vegepolys.eu, http://www.vegepolys.eu
- Valinov, Cécile Abalain, responsable, cecile.abalain@angerstechnopole.com, http://www.valinov.fr
- Plant International Meeting (PIM), http://www.plant-international-meeting.com

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Origine : Technologies Internationales 140 (1/12/2007 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/140_08.htm
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