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Technologies Internationales 141  >>  1/02/2008

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Aéronautique

Pégase ambitionne de créer 10.000 emplois

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/141_08.htm

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A côté d'Aerospace Valley et d'Astech, qui ont centré leur développement autour d'activités traditionnelles de l'aéronautique et de l'espace, Pégase a choisi de se démarquer en ouvrant de nouveaux champs d'applications dans ces domaines.

Article rédigé par Jean-François Desessard.

Focus :

L'aéronautique et l'espace en PACA

- 5,5 milliards d'euros de CA en 2006
- 35.000 emplois, soit 1 emploi industriel sur 5
- 1re filière industrielle de la région
- 8 donneurs d'ordre de rang mondial
- Près de 200 PME, dont 100 membres du pôle
- 8 centres d'essais d'excellence dont le 1er pôle français d'essai en vol (CEV d'Istres)
- 1 700 chercheurs
- 30% de la R&D régionale.

L'université PMO, une action originale

Le pôle Pégase investit massivement dans l'accompagnement des PME innovantes, notamment avec l'action "Université des petits maîtres d'oeuvre" (PMO). Pour celles-ci, le pôle a identifié sept leviers de développement (financement, capacités à s'industrialiser, le passage du prototype à la série, l'export, les ressources humaines, la certification-réglementation...). Et pour chacun de ces leviers, Pégase a prévu une journée de formation qui sera assurée par l'Institut d'administration des entreprises (IAE) d'Aix-en-Provence. A l'issue de ces formations, chaque entreprise bénéficiera d'un plan de développement personnalisé. L'idée est de faire émerger un véritable cluster d'entreprises qui vont porter les filières au plan mondial.

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Avec Aerospace Valley et Astech, Pégase est l'un des trois pôles de compétitivité français du secteur aéronautique et spatial. Mais si les deux premiers, situés respectivement dans le sud-ouest de la France et en Ile-de-France, ont centré leurs développements autour d'activités traditionnelles de ce secteur, Pégase, localisé dans la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA), a choisi de se positionner de manière originale en ouvrant de nouveaux champs d'applications au service des populations. Son objectif est de créer 10.000 emplois au cours des dix prochaines années. Pour réussir son pari, le noyau dur d'origine de Pégase, constitué notamment d'Eurocopter, de Thales Alenia Space, de deux PME locales, Focus 21 et Studiel, et de l'UIMM, a décidé en particulier de mettre l'accent sur la création et le développement de start-up industrielles et de développer des coopérations avec d'autres pôles de compétitivité.

"L'idée du projet Pégase est née suite à l'absence de labellisation de la proposition SEM, en juillet 2006, qui avait été présentée par l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) dans le cadre de l'appel à projets lancé par l'Etat", rappelle Jean-Yves Longère, l'actuel directeur du pôle Pégase (voir "L'aéronautique et l'espace en PACA" ci-contre). Certes, cette proposition, qui reposait sur d'incontestables atouts en matière de simulation, d'essais et de mesures, fut jugée "intéressante". Pour autant, sa capacité à générer de l'activité économique n'apparaissait pas assez évidente. Aussi l'Etat invita-t-il alors les acteurs de cette proposition à revoir leur copie afin de la réorienter, en mobilisant notamment deux grands groupes industriels de la région, Eurocopter et Thales Alenia Space. S'agissait-il d'une bonne idée et qu'allait-elle apporter à la région ? Telles étaient les questions que se sont posés les promoteurs du projet Pégase qui ont abouti au constat suivant : certes la création d'un pôle dans le secteur de l'aéronautique et de l'espace s'avérait être une idée intéressante, mais encore fallait-il positionner celui-ci de manière à ce qu'il soit complémentaire des activités développées par Aerospace Valley.

Venant alors de rejoindre la direction de la recherche d'Eurocopter, après avoir été responsable d'un département du bureau d'études, Jean-Yves Longère a aussitôt été très intéressé par le challenge que représentait la création de ce pôle. Cette opportunité était d'autant plus intéressante que deux gros chantiers démarraient au sein d cette direction du groupe leader mondial dans le domaine des hélicoptères, l'un concernant l'Europe et le PCRD, l'autre centré sur les aspects régionaux et la stratégie pour mieux s'implanter au coeur du territoire. "Le président d'Eurocopter auquel j'ai présenté le projet Pégase a tout de suite compris qu'il ne s'agissait pas de créer un pôle pour renforcer l'outil industriel du groupe ou optimiser ses produits mais d'initier une sorte de vivier d'innovation, un véritable laboratoire d'idées, au coeur de la région Paca qui abrite de nombreuses compétences", explique-t-il (voir "L'université PMO, une action originale" ci-contre).

10.000 Emplois à dix ans : plus qu'une ambition, un objectif

Labellisé l'été dernier, il y a tout juste huit mois, Pégase s'inscrit aujourd'hui dans ce nouveau triptyque aéronautique et spatial constitué du pôle Aerospace Valley (Midi-Pyrénées-Aquitaine) spécialisé dans les avions lourds, les moteurs d'hélicoptères et les satellites, et du pôle Astech (Ile-de-France), dédié aux avions d'affaires, à la motorisation et aux lanceurs spatiaux. De son côté, Pégase a choisi de développer et promouvoir "une nouvelle aéronautique" afin d'aller "vers un ciel plus grand". Mais au-delà de ces expressions, il s'agit plus concrètement pour ce pôle de répondre à de nouveaux besoins, que ce soit en matière de surveillance ou d'intervention que de transport ou encore de transmission d'informations, en faisant appel à de nouvelles technologies. "Le développement des drones ne cesse de progresser rapidement. Par ailleurs, beaucoup de caméras et de capteurs de plus en plus sophistiqués apparaissent sur le marché, alors que les transmissions à distance sont de mieux en mieux assurées. D'où la possibilité d'observer, de visualiser et de transmettre des données rapidement et avec la plus grande efficacité, mais également d'effectuer du transport plus rapide, de façon plus écologique, tout ceci s'inscrivant dans une vision de développement durable".

Parallèlement, les acteurs de Pégase - à ce jour plus d'une centaine parmi lesquels de grands groupes industriels, de nombreuses PME, des laboratoires et des centres de formation - ont pour ambition de créer 10.000 emplois au cours des dix prochaines années. Mais cette ambition, ils ont décidé d'en faire un véritable objectif en fonction duquel sont orientés les développements du pôle. Il s'agit, non pas de réaliser des produits qui devront trouver ensuite leur marché, mais de partir des besoins des utilisateurs et des clients finaux. Une approche "market pull", autrement dit "tirée par le marché", qui permet de sécuriser ce dernier. "Cette démarche nous a conduit à définir au moins deux grandes niches d'emplois. D'une part les petites start-up industrielles, d'autre part une catégorie d'entreprises sous-traitantes plus classiques qui travaillent pour les grands donneurs d'ordre de la région", résume le directeur de Pégase.

Mais cet objectif ambitieux, Pégase ne pourra l'atteindre qu'en lançant de nouvelles filières. D'où l'important travail de veille technologique et économique entamé par ce pôle qui s'est traduit, d'une part par l'organisation de colloques sous la forme d'ateliers de travail, d'autre part par le lancement d'une étude sur les technologies clés. Ainsi, les 22, 23 et 24 mai derniers, à Salon-de-Provence, un premier workshop consacré aux dirigeables, organisé avec le soutien de l'Onera, a réuni de nombreux acteurs qui s'intéressent à ce sujet ou y travaillent d'ores et déjà comme Astrium, Thales Alenia Space, Eurocopter ou encore le réseau de recherche Dirisoft. Dans le prolongement de ce colloque qui a permis d'aborder aussi bien le thème du dirigeable comme moyen de transport de charges lourdes que comme relais de télécommunications (dirigeable stratosphérique), un livre blanc devrait être publié prochainement. Du côté des technologies clés, l'étude engagée a permis en particulier de montrer que les technologies existantes ne sont pas au niveau des attentes des industriels, voire qu'elles n'existent pas. Ainsi il est impératif de disposer de logiciels d'imagerie performants pour assurer les missions d'observation. Or le fait qu'il existe dans la région Paca trois centres de recherche et quelques PME disposant de compétences pointues sur ce sujet ne représente aucunement un atout compétitif.

L'action menée sur les technologies clés a permis d'en identifier 7 qui sont structurantes et pertinentes : technologies vertes, matériaux composites et textiles techniques, systèmes et capteurs microélectroniques, homme et système, imagerie et vision, TIC d'exploitation, simulation d'usages. Certaines d'entre elles sont dites "critiques", c'est-à-dire qu'il s'avère indispensable de les maîtriser pour développer une filière, à l'exemple des textiles techniques pour le dirigeable. D'autres sont dites "différenciantes", leur maîtrise procurant un avantage concurrentiel. La motorisation électrique représente un bel exemple de ces dernières. "L'ensemble de ce travail va nous permettre de déterminer des zones d'excellence, de recenser les compétences et d'organiser leur utilisation, y compris à l'extérieur de la région Paca", souligne Jean-Yves Longère qui précise que ce travail se concrétisera ensuite par la mise en place de réseaux d'acteurs qui prendront la forme de plates-formes collaboratives et d'infrastructures.

La nécessité de développer de nouvelles coopérations

Certes, les acteurs de Pégase représentent un éventail de compétences et de savoir-faire très important. Pour autant, ils entendent bien développer des coopérations avec cinq autres pôles de compétitivité de la région Paca : CapEnergies, Optitec, Solutions Communicantes Sécurisées (SCS), Risques et MER PACA. Mais compte tenu notamment du caractère mondial des applications qu'il souhaite développer, le pôle Pégase doit nécessairement élargir le champ de ses coopérations au-delà de la région. C'est ainsi qu'il coopère non seulement avec d'autres pôles de compétitivité comme Techtera, en Rhône-Alpes, sur les textiles techniques pour les enveloppes de dirigeable, d'Imaginov pour utiliser les techniques des jeux vidéos à l'usage de la simulation des marchés aéronautiques, ou encore Systém@tic, le pôle d'Ile-de-France spécialisé dans l'électronique embarquée, mais aussi les clusters aéronautiques, notamment AVIA, en Auvergne, ou encore des entreprises, seules et isolées dans leur région, à l'image d'ADRET et de RFTRONIC de la région Poitou-Charentes que Pégase a su attirer.

Le 11 octobre dernier a été signée, en présence du Premier Ministre François Fillon, accompagné de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, et de Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat chargé des entreprises et du commerce extérieur, une convention de partenariat entre les trois pôles aéronautiques. Ainsi un comité de coordination et un comité de labellisation composés des représentants des trois pôles ont pour mission de donner de la cohérence et de la visibilité à l'industrie aéronautique. "Les pôles ne doivent pas être que des usines à projets de R&D mais devenir de véritables clusters", a précisé François Fillon.

Cela dit, cette coopération avec ses homologues du sud-ouest et de l'Ile-de-France doit être pour Pégase à l'égal de celles qu'elle entretient avec d'autres pôles de compétitivité. "Ce qui apporte de l'innovation et fait la différence dans notre secteur, c'est notre capacité à aller chercher des technologies qui ne nous sont pas extrêmement familières", estime Jean-Yves Longère. Ainsi il rappelle que parmi les projets déjà labellisés, beaucoup l'ont été en collaboration avec des pôles extérieurs au secteur de l'aéronautique et de l'espace, voire des pôles très exotiques comme Imaginove qui conçoit en particulier des serious games.

Le point sur :

Dron'X0, une étape dans la roadmap de Dron'explorer

Deux "jeunes" retraités de l'Onéra qui montrent l'exemple ! Le fait est assez rare pour qu'il mérite d'être souligné. Joël Fritz, spécialiste des radars qui a dirigé notamment le centre de Salon-de-Provence, et Pierre-Marie Hutin, spécialiste des avions, plus particulièrement de la dynamique des structures qui, pour sa part, a été responsable d'un département de recherche dans cet établissement, ont en effet opté pour une "retraite active" en créant une start-up baptisée "Dron'explorer". Objectif : développer une solution aérienne globale d'observation du sol.

Labellisé par le pôle Pégase et financé à parts égales par la Région PACA et Oséo, "Dron'X0", leur premier projet, mené en collaboration avec l'Onéra, plusieurs PME comme Rftronic, Kaolab, Radar Communication Services et ACV aero services, mais aussi des utilisateurs comme l'Entente des pompiers de Valabres et le SDIS 13, est une première étape de la roadmap qu'ils ont dessinée pour leur entreprise. "Les premières expérimentations seront réalisées durant l'été prochain, à l'aide d'un avion, dont nous faisons actuellement l'acquisition, qui sera équipé de différents moyens d'observation, et d'une station mobile au sol", résume Joël Fritz. Leur première application vise en effet à surveiller les feux de forêts. Par la suite, les créateurs de Dron'explorer envisagent de distribuer l'information en temps réel jusqu'au utilisateurs, via un réseau de tours de guets, équipées pour l'occasion de récepteurs. "Ce que demandent aujourd'hui les utilisateurs c'est de disposer le plus rapidement possible de l'information la plus pertinente. Or l'originalité de Dron'X0 est véritablement d'acheminer jusqu'à l'utilisateur final, d'abord une image brute puis, en léger différé, des images traitées qui leur sont nécessaires pour optimiser leur analyse de la situation et prendre leurs décisions", précise-t-il.

Contact : Joël Fritz, dronexplorer2@gmail.com

TWALS : accroître la sécurité à l'atterrissage des avions légers

C'est l'objectif que ce sont fixés les quatre partenaires du projet TWALS dont Béringer est le porteur. Rappelons que cette petite entreprise de huit personnes, créée il y a une vingtaine d'année à Châtelneuf, dans le département de la Loire, est spécialisée dans la conception et le développement de systèmes de freinage pour les motos de compétition. Plus récemment, elle a lancé une gamme de produits destinés à l'aviation légère. Aussi a-t-elle décidé, en partenariat avec deux entreprises, Icarius, spécialisée dans la maintenance des avions Pilatus et Solution F, qui développe des systèmes d'acquisition de données performants pour les voitures de compétition, mais aussi un laboratoire, le CMRT (Centrale Marseille Recherche et Technologies), de proposer le système TWALS dans le cadre d'un appel à projets du pôle Pégase.

"Lors de l'atterrissage d'un avion léger à train classique, sa roulette arrière est à quelques centimètres du sol. Or dans le cas d'un freinage trop brusque, l'appareil risque de basculer vers l'avant, ce qui peut entraîner des dommages au niveau de l'hélice, voire un retournement complet. D'où notre idée de développer un système de freinage novateur doté d'un dispositif de stabilisation d'assiette au freinage", explique Rémi Béringer, directeur du développement du secteur aviation de l'entreprise. Consistant à limiter le freinage sur les roues principales dès que la roulette arrière se lève, le rendant ainsi plus sûr, cette solution repose sur l'utilisation d'un brevet international déposé depuis plusieurs années par Béringer.

D'une durée de deux ans, ce projet, dont le budget, financé en partie par l'ensemble des partenaires, avec l'aide d'Oséo et de la région PACA, devrait aboutir à l'horizon 2010 à un produit qui, après avoir reçu une certification européenne, pourra être commercialisé courant 2011. "Pour commencer, nous allons l'installer sur l'avion Pilatus PC-6. Mais par la suite, nous pensons pouvoir l'adapter à d'autres types d'appareils", précise-t-on chez Béringer.

Contact : Rémi Béringer - email : contact@béringer.fr

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Pour en savoir plus :

Pégase, Khady Coundoul - tél : 06 84 09 25 15 - email : khady.coundoul@pegasepaca.org - http://www.pole-pegase.org

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Origine : Technologies Internationales 141 (1/02/2008 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/141_08.htm
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