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Technologies Internationales 142  >>  1/03/2008

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Mobilité internationale

L'Irlande attire les Français qualifiés

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/142_07.htm

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L'Ambassade de France en Irlande a mené une enquête pour mieux connaître ces Français qui se sont installés en Irlande et qui contribuent à l'"économie de la connaissance".

Cet article a été préparé par Gaëlle Degrez à partir du rapport d'"Enquête sur les scientifiques et les universitaires Français installés en Irlande" réalisé par Christophe Lerouge et Anne Welcker, du service pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France en Irlande, que nous remercions pour leur collaboration.
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Focus :

Méthodologie de l'enquête

L'enquête a été réalisée à partir d'un questionnaire électronique, mis en ligne pendant trois mois au printemps 2007. Le nombre total de réponses obtenues a été de 195. Il convient d'insister sur le fait que les résultats de cette enquête se veulent indicatifs des grandes tendances. Les chiffres ne caractérisent en effet qu'une partie de la population visée, celle ayant répondu à l'enquête. Le biais, qui en résulte, doit constamment rester à l'esprit du lecteur.

Glossaire :

[1] SFI : Science Foundation Ireland

[2] HEA : Higher Education Authority

[3] IRCSET : Irish Research Council fo Science, Engineering and Technology

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Entre mars et juin 2007, le service scientifique de l'ambassade de France en Irlande a conduit une enquête statistique auprès de la communauté scientifique et universitaire française en Irlande. L'objectif était de mieux connaître la présence de ces compatriotes, de déterminer dans quelles institutions et sur quels types d'emplois ils travaillaient et d'estimer les perspectives de retour en France. Cette enquête se situe dans un contexte très particulier de développement de l'Irlande qui a connu une décennie de croissance économique exceptionnelle. Le marché de l'emploi irlandais se trouve dans une situation très favorable, avec un taux de chômage de l'ordre de 4% qui attire de nombreux travailleurs étrangers d'Europe ou d'ailleurs. Si les Européens de l'Est représentent, et de loin, la majorité des nouveaux immigrants, les Français sont également arrivés en nombre important ces dernières années. La population ciblée par l'enquête, était celle des Français ayant reçu une formation supérieure, occupant des fonctions de nature scientifique ou technologique dans des entreprises ou travaillant dans le monde académique. De façon synthétique, il s'agissait de tous les Français qui contribuent à "l'économie de la connaissance en Irlande".

De nombreuses entreprises étrangères, notamment américaines, ont investi en Irlande au cours de la dernière décennie et ont contribué au miracle du "tigre celtique". Ces investissements, attirés notamment par un faible coût de main d'oeuvre, une fiscalité avantageuses et des aides européennes, ont eu lieu dans des centres de production ou de services qui n'ont pas inclus l'installation d'équipes de R&D. Mais la croissance économique irlandaise reste fragile dans le contexte de l'élargissement européen et de la montée en puissance des pays asiatiques. L'Irlande investit désormais dans la recherche et dans l'éducation pour accroître le niveau de formation et stimuler l'innovation : l'objectif affiché est d'entrer dans une véritable économie de la connaissance. L'ambition est d'ancrer les entreprises et de les inciter à installer des centres de R&D sur le sol irlandais pour faire monter l'industrie irlandaise dans la chaîne de valeur.

Portrait de groupe

Le pays investit massivement dans sa recherche académique et dans ses établissements d'enseignement supérieur, soutient les entreprises technologiques (principalement dans les biotechnologies et les technologies de l'information) et souhaite donc attirer sur son territoire les meilleurs scientifiques et les meilleurs universitaires. L'enquête statistique réalisée par l'ambassade cherchait à mieux connaître la communauté des Français venus s'installer en Irlande et qui contribuent à cette "économie de la connaissance" (voir "20.000 français vivent en Irlande" en fin d'article).

Pour les besoins de son enquête (voir "Méthodologie de l'enquête" ci-contre) l'ambassade s'est intéressée aux catégories socioprofessionnelles des "cadres et professions intellectuelles" soit 3.000 personnes et parmi celles-ci, les personnes effectivement impliquées dans le domaine des sciences et des technologies ou dans le monde académique. Les résultats montrent que cette population est jeune (moins de trente ans) et récemment arrivée en Irlande (depuis moins de trois ans). Ce résultat confirme évidemment la tendance générale. L'Irlande est en effet devenue un pays d'immigration. Les Français présents y sont de plus en plus nombreux et, parmi eux, une population jeune et qualifiée vient récemment de s'y installer.

Les Français ayant répondu à l'enquête ont des diplômes très élevés : 68% ont au moins un "bac +5" (mastère, ingénieur ou doctorat). Interrogés sur les disciplines suivies dans leur cursus, les deux domaines qui ressortent de façon majoritaire sont les sciences et technologies de l'information et de la communication (STIC) et les sciences de la vie (SDV). Ce résultat n'est pas une surprise dans la mesure où l'Irlande a basé son développement économique de ces dernières années sur ces deux champs d'activité. C'est dans ces deux domaines, certainement, que les opportunités sont les plus grandes.

A chacun ses raisons


L'acquisition d'une expérience à l'international et dans une moindre mesure l'absence d'emploi en France et les raisons familiales sont les principaux facteurs de motivation. Avant de venir en Irlande, les personnes étaient par ordre d'importance numérique : salariés, étudiants ou à la recherche d'un emploi. Une analyse plus fine des motivations de l'émigration en Irlande peut être faite en fonction de la situation antérieure. De façon logique, il apparaît notamment que c'est pour les personnes à la recherche d'un emploi que la motivation première est justement l'absence de travail.

Cette préoccupation apparaît aussi de façon non négligeable chez les personnes en fin de doctorat qui, à l'issue de leur thèse, semblent éprouver des difficultés pour se faire embaucher en France. Les conditions matérielles du travail en Irlande (notamment le salaire) et les raisons familiales ne semblent une motivation que pour les personnes qui étaient déjà en situation professionnelle ou quasi professionnelle en France (salarié ou doctorant). Il est à noter que la poursuite des études en Irlande apparaît comme une motivation importante. Enfin, l'acquisition d'une expérience à l'international est une des raisons importantes à l'installation en Irlande, pour toutes les personnes, quelle que soit leur situation.


L'analyse du type d'employeur irlandais (privé ou public) en fonction de la situation antérieure montre un contraste fort entre les personnes qui étaient déjà salariées, et qui sont, en Irlande, majoritairement employées dans le secteur privé (entreprises), et celles qui terminaient leur doctorat et qui se retrouvent toutes dans des établissements publics (universités, instituts de technologie ou centres de recherche publics).

La vaste majorité des Français qui se sont installés en Irlande n'a pas reçu d'aide particulière pour immigrer. Une petite partie a bénéficié de bourses de mobilité (notamment européennes) ou d'un lectorat de langues dans les universités. Certaines personnes interrogées ont cité spontanément des financements de recherche par les agences irlandaises (SFI [1], HEA [2], IRCSET [3]). Sans être de véritables aides à la mobilité, ces contrats d'embauche pour des travaux de recherche permettent à l'Irlande d'attirer des chercheurs français. Parmi les autres aides citées, on trouve diverses aides à la mobilité au sein des entreprises ou les contrats de Volontaires internationaux mis en place par le Gouvernement français. Enfin, la grande majorité des personnes (79%) a trouvé très facile ou facile la recherche d'un emploi en Irlande.

Mode d'emplois

La population ayant répondu à l'enquête se partage de façon assez équilibrée entre le secteur public ou non marchand et le secteur privé. A plus de 90%, les personnes se déclarent satisfaites ou très satisfaites de leur expérience professionnelle en Irlande, et ce, quel que soit le type d'emploi. Une discrimination forte apparaît entre le secteur public et le secteur privé en ce qui concerne la proportion des disciplines et des spécialités scientifiques.

Ainsi, les personnes qui ont étudié les sciences de la vie ou les lettres, sciences humaines et sociales travaillent majoritairement dans le secteur public (essentiellement dans les universités), alors que les spécialistes des technologies de l'information ou de l'ingénierie se retrouvent en entreprise. De même, les personnes qui ont reçu une formation en droit, finance ou commerce, se retrouvent naturellement très majoritairement en entreprise.

La grande majorité (plus de 60%) des Français qui travaillent dans le secteur public occupe des fonctions non permanentes soit d'enseignant-chercheur non titulaire (postdoc, lecturer...), soit de doctorant. Une part moins importante est recrutée de façon permanente en tant qu'enseignant-chercheur titulaire.

On retrouve une prééminence des fonctions non permanentes dans le type de contrat dont bénéficient les universitaires français installés en Irlande. Les contrats sont majoritairement de type CDD, avec notamment une partie non négligeable financée par des fonds européens ou français.

Seule une petite minorité (11%) des répondants qui travaillent en entreprise, le font dans une filiale française. Ils travaillent majoritairement au sein de grandes, voire de très grandes entreprises. Ce résultat n'est pas surprenant puisque l'Irlande a réussi à attirer sur son territoire de nombreuses multinationales. Celles-ci y ont installé des filiales de production ou même leur siège social européen.

Les fonctions exercées en entreprise sont très variées : ingénieur, chef de projet, commercial etc. Concernant le secteur d'activité de l'entreprise, on retrouve sans surprise le secteur des technologies de l'information et, dans une moindre mesure, celui des services et des biotechnologies. Il est à noter que pour l'enquête, le secteur des technologies de l'information était compris au sens large en intégrant à la fois les logiciels, les télécommunications et l'électronique (domaine important en Irlande en raison de la présence des grandes entreprises américaines).

En ce qui concerne les perspectives, une majorité des Français interrogés envisage de rester à long terme en Irlande, et ce quel que soit le type d'employeur. Opportunités professionnelles, motifs familiaux pourraient cependant expliquer un jour leur retour éventuel en France.

Le point sur :

20.000 français vivent en Irlande

En 2007, la population française installée en Irlande a été estimée à environ 20.000 personnes.
Le consulat décrit cette population dans les termes suivants : "la jeune communauté française d'Irlande est majoritairement constituée d'étudiants et de jeunes gens, diplômés ou non, qui, séduits par la forte croissance et le dynamisme du pays, choisissent d'y faire leurs premières armes. Le faible taux de chômage permet à la plupart des postulants, dès lors qu'ils maîtrisent l'anglais, de trouver un emploi - qualifié ou non.

Parmi les nouveaux immatriculés au consulat, on trouve également de nombreux jeunes cadres, souvent dans les domaines de l'informatique et des nouvelles technologies qui, ayant négocié un contrat de travail depuis la France, s'installent en Irlande.

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Origine : Technologies Internationales 142 (1/03/2008 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/142_07.htm
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