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Technologies Internationales 144  >>  30/05/2008

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Politiques publiques de soutien a l'innovation

Le système RDI en Roumanie

http://www.bulletins-electroniques.com/ti/144_06.htm

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Depuis son entrée dans l'Union européenne, la Roumanie a entrepris une réorganisation de son système de recherche et développement et d'innovation (RDI). Détails sur les ambitions de ce nouvel entrant en matière de R&D et d'innovation.

Cet article a été préparé par Vincent Longy, à partir du rapport "Le système "recherche & développement, innovation" en Roumanie" réalisé par Michel Farine et Guillaume Rimbaud, du service pour la Science et la Technologie de l'ambassade de France en Roumanie, que nous remercions pour leur collaboration.
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Depuis son adhésion à l'Union européenne au 1er janvier 2007, la Roumanie a entrepris une réorganisation de son système de recherche et développement et d'innovation (RDI). Dans le cadre de la stratégie européenne de Lisbonne, les nouveaux Etats membres ont dû s'atteler plus que d'autres à structurer et à moderniser leur politique nationale de recherche. Bénéficiant depuis quelques années d'une politique nettement plus volontariste, le système RDI roumain est en pleine mutation.


La Roumanie s'est fermement engagée à augmenter les fonds publics investis en R&D, mais en tablant sur un objectif d'investissement à sa mesure équivalent à 1% du PIB - objectif assigné par l'Union européenne à 3%. Le budget approuvé en 2006 par le Parlement roumain a ainsi permis une augmentation de 200% pour la recherche à 206 millions d'euros. Néanmoins, ces dépenses restent encore très inférieures, en proportion du PIB, à la moyenne européenne. Pourtant les efforts déployés sont réels et le système national de R&D se structure. Deux grands axes permettent d'amorcer les contours d'un nouveau dispositif : la création d'organes de coordination des politiques de RDI, d'une part, et la création d'instruments dédiés à l'exécution de cette politique d'autre part, via notamment le lancement de plusieurs programmes de recherche.


Organes spécifiques de coordination des politiques de RDI

La principale évolution a consisté en la création en 2005 d'une haute autorité dédiée à la recherche, l'ANCS (Autoritatea Nationala pentru Cercetare Stiintifica). Sous tutelle du ministère de l'Education et de la Recherche, l'ANCS a pour mission de structurer la recherche et la politique d'innovation, et développer l'infrastructure et l'expertise scientifique et technique roumaine, notamment afin de permettre à la Roumanie de participer plus activement au 7e programme cadre de recherche européen (PCRD). L'ANCS coordonne directement dix-huit instituts nationaux, dix instituts publics de recherche et développement, et cinquante-six universités publiques. Les instituts publics (instituts, centres ou agences de recherche) peuvent être financés partiellement ou entièrement par des fonds de l'Etat. Le Parlement roumain a également élu en 2006 une commission d'experts auprès du Premier ministre, dont la fonction est d'assister le Gouvernement dans son suivi et son évaluation des politiques de RDI.

Le Conseil national de la recherche CNC (Consiliul National pentru Cercetare) a d'autre part été créé en 2006. Organe consultatif auprès de l'ANCS, il assure un support scientifique pour la planification, le suivi et l'évaluation des programmes nationaux auprès des différents ministères et de l'Académie roumaine des arts et des sciences.

Enfin, les académies des sciences et les agences spécialisées jouent un rôle important dans la prise de décision stratégique et la mise en place de la politique d'innovation et de recherche. L'Académie roumaine comporte ainsi soixante-six instituts où travaillent 2 500 chercheurs. Institution nationale d'intérêt public, cette Académie est composée de quatorze sections scientifiques, lesquelles accueillent quarante-neuf instituts de recherche et quatorze centres de recherche.

Les Agences spécialisées représentent quant à elles les organismes gouvernementaux. Elles sont chargées d'initier et de conduire le développement dans leurs domaines respectifs. C'est le cas par exemple de l'Agence spatiale roumaine (ASR), de l'Agence nucléaire, de l'Institut de physique atomique (IFA), de l'Institut de chimie Raluca Ripan, etc.

Des instruments de R&D adaptés

De nombreuses initiatives ont été lancées depuis 2005 pour encourager la participation du secteur public et privé dans les activités de R&D : programmes de R&D, programmes d'excellence, plateformes technologiques. Au nombre de quinze, les programmes nationaux de R&D et innovation PNCDI (Planul National Cercetare Dezvoltare, Inovare) sont pilotés et administrés par des institutions ministérielles, académiques, universitaires, et par des agences nationales. Ils représentent les axes prioritaires de recherche établis par le ministère de la Recherche. En 2005, 2 524 projets se sont déroulés dont les principaux avec les programmes RELANSIN, CERES et VIASAN (voir "Quinze programmes nationaux de RDI" en fin d'article).

Au titre des programmes de stimulation à l'innovation, il convient de noter GRANTURI et INFRATECH. GRANTURI - 12,8 millions d'euros accordés en 2006 - est un programme visant à augmenter la ressource humaine dans la recherche et développement. Pas moins de 687 projets ont été financés en 2005, pour 9 millions d'euros. Le budget accordé en 2006 est en priorité destiné à augmenter le nombre de chercheurs, en baisse de 30% de 1998 à 2003. INFRATECH (5,7 millions d'euros octroyés en 2006) est destiné au développement du transfert de technologies et de l'infrastructure liée a l'innovation vers les acteurs du monde économique. Depuis sa création, vingt-trois centres de transfert de technologies et d'innovation (neuf incubateurs, quatorze centres de transfert de technologies et d'information) et sept parcs scientifiques et technologiques ont été financés.

En outre, reprenant les quatre thématiques du programmes Ideas du 7e PCRD, la Roumanie a lancé les programmes d'excellence CEEX (Cercetare de Excelenta), programmes dédiés à l'excellence scientifique. Les CEEX sont dédiés aux grands projets privilégiant des partenariats entre la recherche et l'industrie. En 2005, 732 projets sur 1 560 demandes ont été financés pour un budget total de 37 millions d'euros. En 2006 le budget était en nette augmentation, à 137 millions d'euros.

Par ailleurs, la mise en place des plateformes technologiques au niveau national a permis le rapprochement avec le secteur industriel dans les activités de recherche et développement.
L'ANCS suit actuellement la participation roumaine au sein de dix plateformes (gestion de l'eau, transport maritime, aéronautique, génomique des plantes, nano-électronique et nano-médecine, médecines innovantes, etc.) avec l'objectif d'intégrer à terme des plateformes européennes.

La Roumanie active au sein des programmes européens


Les statistiques de la Roumanie sur le 6e PCRD (période 2002-2006) démontrent un relatif dynamisme alors que le pays n'a pourtant été associé qu'en tant que futur pays candidat à l'Union européenne. Au sein de l'initiative PCRD6-INCO pour le développement des centres d'excellence dans les pays candidats associés, huit projets roumains ont été sélectionnés pour un montant total de 6,5 millions d'euros et sur cinq thématiques (technologies de l'information et de la communication, nanosciences, nouveaux procédés de production, biotechnologie, biologie). Parallèlement, au sein du programme spécifique EURATOM, 313 projets roumains ont été financés en 2005 avec une contribution de la Commission européenne de 34,3 millions d'euros.

Globalement le taux d'acceptation des projets soumis par des équipes roumaines sur l'ensemble des projets du 6e PCRD a été de 11,5%, contre 16% en moyenne en Europe. Cette différence s'explique en partie par le manque d'expérience en montage de projet PCRD. A noter inversement le taux de réussite concernant le programme EURATOM, où plus de 50% des projets ont été acceptés pour un total de 572.000 euros. On soulignera également le très bon taux des projets dans le domaine de l'espace et de l'aéronautique qui totalisent plus de 30% de réussite. L'expérience 6e PCRD aura donc permis à la Roumanie de mettre pied à l'étrier et de s'approprier les méthodes inhérentes au montage et au suivi de projets européens de recherche. Pour preuve, depuis 2005, l'Union européenne a approuvé la création à Bruxelles du ROST (Romanian Office for Science Technology, http://www.rosteu.net), qui a pour objectifs principaux de soutenir la participation des chercheurs roumains aux programmes européens et d'améliorer la visibilité du système RDI en Roumanie.

S'il est encore prématuré de déterminer le réel degré d'implication de la Roumanie au sein du 7e PCRD, il est intéressant de constater que le pays dispose de fortes ambitions. Ainsi, l'ANCS se fixe des objectifs de performance à l'horizon 2013. La haute autorité souhaite voir le nombre de publications scientifiques d'origine roumaine augmenter de 100%, le nombre de brevets nationaux de 200%, le nombre de demande de brevets internationaux de 600%, le nombre de thésards de 100%, le nombre de PME impliquées dans un projet européen de 150%, ou encore le nombre de parcs scientifiques de 50%. Concernant des indicateurs plus liés à l'économie de la connaissance, la Roumanie se fixe comme objectif d'avoir au moins deux universités classées dans le "top 500" (aucune n'y figure actuellement), d'augmenter d'un tiers le nombre de chercheurs (dont la moyenne d'âge devra être ramenée en dessous de 40 ans), de 75% le nombre de personnes travaillant dans les hautes technologies et de 50% sa production de produits technologiques à forte valeur ajoutée.

La recherche privée n'est pas non plus oubliée, puisque l'ambition de l'ANCS est de l'amener à un niveau équivalent à 1% du PIB d'ici 2013. Une politique volontariste est annoncée, avec la création d'une agence de soutien au financement de l'innovation pour les entreprises, le déploiement d'incubateurs, l'accès plus aisé aux business angels et autres sociétés de capital-risque ou encore des mesures fiscales incitatives. Le déploiement de cette stratégie RDI sera évalué à mi-parcours, en 2010.

Une ambition affirmée

La mutation du système RDI roumain est en marche, et la Roumanie s'efforce à son niveau de devenir une nation d'excellence scientifique et technologique. Le pari n'est pas gagné d'avance pour ce nouvel Etat-membre très francophile : faible renouvellement des chercheurs, filières scientifiques fragilisées par un manque de bons étudiants préférant les diplômes plus faciles à monnayer - comme en droit ou en gestion -, fuite des cerveaux vers les Etats-Unis et l' Europe, corps enseignant très âgé (moyenne d'âge des professeurs de 58 ans) et peu enclin à renouveler sa façon de travailler.

A cela s'ajoute le fait que les universités roumaines sont, depuis janvier 2007, en concurrence directe avec les universités européennes. Il s'agit donc pour elles de changer, d'évoluer vers des standards internationaux ou de disparaître. Néanmoins cet élan et cette volonté affichée de transformation et de modernisation laissent à penser que certains modèles existent aussi à l'Est, et que la Roumanie entend bien se hisser au niveau en prévision du 8e PCRD.

Le point sur :

Quinze programmes nationaux de RDI :

RELANSIN :
Relance économique par la recherche et l'innovation ; 469 projets financés par l'Agence de recherche scientifique, innovation et transfert technologique AMCSIT (Agencia Managerial- de Cercetare Stiintifica, Inovare si Transfer Tehnologic, http://www.amcsit.ro/relansin.html).

CERES : Recherche fondamentale d'intérêt socioéconomique et culturel ; 397 projets financés par l'IFA (Institutul de Fizica Atomica, http://www.infim.ro/ifa).

VIASAN : Vie et Santé ; 302 projets financés par l'Académie des sciences médicales (http://www.viasan.ro).

AGRAL : Agriculture et alimentation (http://www.agral.usamv.ro).

AMTRANS : Aménagement du territoire et transports (http://www.ipa.ro/AMTRANS).

MATNANTECH : Nouveaux matériaux, micro- et nanotechnologies (université polytechnique de Bucarest, faculté de chimie, http://www.imt.ro).

BIOTECH : Biotechnologies.

MENER : Environnement - Energie, ressources (université polytechnique de Bucarest, faculté énergétique, http://www.hydrop.pub.ro/MENER/mener.html).

AEROSPATIAL : Technologies dans le domaine de l'aéronautique et de l'espace (Agence spatiale roumaine).

CALIST : Qualité et standardisation (Académie des sciences économiques, http://www.calist.ase.ro).

CORINT : Coopération et Partenariat International.

INVENT : Stimulation du transfert technologique.

INFOSOC : Société de l'information (http://www.infosoc.ro).

INFRAS : Consolidation des infrastructures, standardisation et qualité (http://www.renar.ro).

SECURITATE : Recherche, technique et système pour la sécurité et la défense.

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Pour en savoir plus :

A lire également :
Overview of the Romanian R&D and Innovation system and policy mix, ROST - Romanian Office for Science and Technology, http://www.rosteu.net/docs/RDI_Report_policy_mix.pdf

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Origine : Technologies Internationales 144 (30/05/2008 ) - ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ti/144_06.htm
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